Nightcall: Jake Gyllenhaal froid, terrifiant et bluffant

Night-call-afficheRésumé du film

Lou Bloom est un chômeur de Los Angeles qui vend de la marchandise volée. Seulement Lou veut une carrière à tout prix et veut aussi montrer tout son potentiel. En assistant un soir à un accident de la route où il voit des chasseurs d’images filmer la tragédie, c’est LA révélation. Ces hommes cherchent n’importe quel scoop « meurtres, cambriolages, agressions » qu’ils pourront ensuite revendre à des chaines de télévision. Lou veut une carrière, il veut réussir coute que coute. Après s’être procuré une caméra, une radio de la police et embauché un sdf pour le seconder, Lou en captant la fréquence de la police, sillonne les rues de Los Angeles la nuit afin de filmer LE scoop qui lui rapportera de l’argent mais surtout une renommée.

Infos sur le film

Réalisé par Dan Gilroy

Avec Jake Gyllenhaal, René Russo, Bill Paxton, Riz Ahmed

Genre : Thriller, drame

Nationalité : Américain

Durée du film : 1h57 environ

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

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Introduction

Bienvenue dans le monde des chasseurs d’images. Jusqu’où sont-ils prêt à aller pour obtenir un scoop ? Un débutant peut-il lui aussi devenir un chasseur d’images ? Night call va nous plonger dans l’envers du décor des journaux télévisés. Comment sont obtenus les images, l’obsession de vouloir être connu, l’obsession de vouloir posséder une chaine de télévision, l’obsession de réussite. Night call vous plonge dans l’horreur, la cruauté, l’immoralité qu’un humain est prêt à commettre pour réussir dans la vie.

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Regardez le contraste entre les deux photos et voyez le caractère ambigu du personnage

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L’obsessionnel à la personnalité antisociale

Par les producteurs du chef d’œuvre « Drive »/ Night call est une sorte de Taxi Driver avec un personnage principal obsessionnel, sociopathe et sans aucune morale. Dans le rôle titre : Jake Gyllhenhall qui mérite largement un oscar pour son interprétation. Tantôt le regard vide et inquiétant, tantôt un sourire chaleureux. Il amuse aussi bien qu’il nous agace par sa cruauté. Pourtant au premier abord, il a tout d’un homme chaleureux, poli et presque hilarante dans sa manière de parler si courtoise. L’acteur ayant perdu 9 kg pour le film, il est méconnaissable. Le visage presque de mort vivant, un regard tel un serpent, un sourire à la limite du sourire sadique, il est aussi terrifiant qu’énigmatique. Sa morale est effrayante. Pas de barrière entre la légalité et l’illégalité, le bien ou le mal et le pire c’est qu’il est honnête et approuve ce qu’il est. Un personnage mystérieux au passé non révélé et surtout très intelligent. On aime finalement le détester. Dès le début on cerne un peu sa personnalité. C’est un chômeur qui vole des métaux « grillages, plaques d’égouts » pour gagner de l’argent. Mais Lou veut un travail stable, un travail où il pourra montrer tout son potentiel. Car oui, Lou est un homme très intelligent qui est très bien documenté sur beaucoup de choses et sait ce qu’il veut. Malheureusement pour lui, il peine à trouver du travail. Le hasard fait bien les choses puisqu’un jour, alors qu’il est sur la route, il assiste à un accident de la route. Il y voit des chasseurs d’images venus filmer la tragédie. C’est là l’illumination. Il décide lui aussi de se lancer dans la réalisation de vidéos. Après avoir volé un vélo et l’avoir revendu « le tout avec une très belle négociation », il s’achète une caméra et un scanner pour capter la radio de la police, embauche au noir un jeune sdf désespéré pour le seconder et parcourt toutes les nuits les rues de Los Angeles en quête d’un scoop.

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Qu’est ce qui fait que Night Call est un film à voir ?

Quand on voit déjà la scène d’introduction du film où l’on voit Los Angeles la nuit très lumineux avec une magnifique musique on ne peut déjà qu’affirmer une chose : c’est très bien filmé. La ville est endormie, pas un bruit sauf la musique, envoutante et comme paradisiaque qui accompagne notre petite virée nocturne. Le film est d’une force incroyable, la mise en scène et le cadrage lors de scènes de poursuites à voitures est juste MAGNIFIQUE « bravo au cadreur ». Cette manière de filmer la voiture qui roule et faire tourner la caméra autour d’elle est splendide. On n’en perd pas une miette. La caméra est très bien gérée. Le film n’est pas lent et on prend même plaisir à voir l’évolution de notre personnage principal qui commet des débuts maladroits en temps que chasseur d’images mais il apprend vite et petit à petit, le jeune homme va se faire un nom. Le film nous plonge aussi dans la psychose de l’information, la course à l’audience. Jusqu’où les chaines sont t elles prêtes à aller pour gagner des spectateurs ? On est sous le choc de voir un homme filmer un homme agonisant juste pour pouvoir vendre la vidéo de ce qu’il a filmer et gagner de l’argent. On se sent impuissant en voyant des personnes en danger et un caméraman ne pas leur venir en aide et se contenter seulement de filmer ce qu’il voit. Nous sommes en quelque sorte comme notre héros : des voyeurs. Le film est très cynique tout en étant moqueur. On vire presque à l’autodérision mais le film a un ton très sérieux. Le réalisateur ne fait qu’un constat de notre société. A mesure où la technologie évolue, nous devenons de plus en plus immoraux.

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Un film hyperréaliste

Beaucoup de suspense mais afin de calmer les moments de tensions, le réalisateur sème des petites répliques humoristiques sans pour autant frôler l’hilarité. On nous montre en gros la bêtise humaine dans toute sa splendeur. Les virées nocturnes de Lou et de son « stagiaire » sont impressionnantes. Le sujet du film est vraiment très complexe et très bien travaillé. Le réalisateur détail bien comme il faut l’envers du décor télévisuel. La face cachée des médias. Les décisions prises par les directeurs des programmes, les images filmées par les caméramans qui sont retravaillées ensuite pour donner à certains reportages encore plus de tragédies. C’est violent sans pour autant être très sanglant. Je dirais plutôt que c’est très dérangeant. On est vraiment dans la psychose d’un personnage qui croit dur comme fer que ce qu’il fait est juste sans même se préoccuper des conséquences de ses actes. Il en veut toujours plus et est capable de franchir la ligne pour obtenir ce qu’il veut. Son personnage collabore d’ailleurs avec une directrice des programmes du nom de Nina Romina, interprétée par l’actrice René Russo qui fait son grand retour sur grand écran après une longue absence. Finalement on s’aperçoit que les deux personnages se joignent. Ils veulent réussir coute que coute. Veulent que leur talent soit reconnu. Nina est au début celle qui va permettre à Lou de débuter dans le métier. Elle le conseille, l’encourage et trouve que son travail est bon. Elle n’a qu’une hâte : qu’il rapporte les images qui permettront à sa chaine de gagner encore plus d’audimat. Seulement elle va voir une autre facette du personnage. Mais Nina est sur la corde raide et on apprend que si les audiences de sa chaine ne sont pas bonnes, elle sera renvoyée. Elle doit donc fermer les yeux et acquiescer aux moindres caprices de Lou.

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Conclusion

Night call est donc un film original qui vous ouvre les portes du monde des vautours de l’image. Le film est incroyablement brillant, bien développé, bien filmé, bien interprété. Du coté de la musique signée James Newton Howard, on ne peut qu’une fois de plus applaudir le talent du compositeur qui nous plonge bien dans l’ambiance. Une musique rythmée. On est loin du film rose bonbon où tout le monde est beau et gentil. Nous plongeons dans le coté sombre et obscure de l’être humain. Ca quête de réussite et de pouvoir. Jake Gyllenhaal est méconnaissable, bluffant, détestable et pourtant attachant. On prend plaisir à entendre ses diverses répliques qui sont pour certaines très drôles tant le personnage est à la limite de la démence. Il y a des petites similitudes avec un autre personnage de l’univers cinématographique : Travis « Robert De Niro » dans l’excellent Taxi driver. Finalement ces deux héros, plutôt antihéros ont toujours été fascinants aux yeux des spectateurs. Lou Bloom rejoint donc cette confrérie des semi fêlés mais qu’on aime quand même. Si vous avez aimé Drive, si vous aimez les films originaux et si vous n’avez pas trop peur des scènes un peu violentes, ce film est fait pour vous. Un excellent thriller très différent de « Drive ». Pour ma part, même si le héros est un vrai psychopathe et détestable: j’ai adoré!

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« Je n’aime pas les gens. Ils ne m’écoutent pas. »

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