Big Eyes: Tim Burton fait les gros yeux

affiche big eyesRésumé du film

 

L’histoire vraie de la peintre Margaret Keane qui, a la fin des années 50 et au début des années 60, connu un succès phénoménal grâce à ses portraits d’enfants aux grands yeux. Une surprenante vérité finira par éclater : son mari usurpait son identité et c’était revendiqué auteur des œuvres des Big eyes tout en séquestrant sa femme dans leur propre maison. Un extraordinaire mensonge de Walter Keane qui dupa tout le monde.

 

Infos sur le film

 

Réalisé par Tim Burton

Avec Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston

Genre: Biopic, Drame, Comédie

Nationalité: Américain, Canadien

Durée du film : 1h50 environ

 

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A gauche, la vraie Margaret Keane. A droite, l’actrice Amy Adams qui interprète son rôle.
Margaret Keane and husband Walter add finishing touches to portraits of Natalie Wood in their San Fr
Les vrais Walter et Margaret Keane dans les années 50.

Tiré de l’histoire vraie de la peintre Margaret Keane

 

Le film s’ouvre sur une citation de l’artiste Andy Warhol « Si c’était mauvais, beaucoup de gens n’aimeraient pas ». Big eyes est narré par le journaliste Dick Nolan, journaliste à scandale qui nous raconte l’histoire de la peintre Margaret Ulbrich. Nous sommes en 1958, dans un quartier résidentiel, Margaret décide de quitter le domicile conjugal avec sa fille Jane et part à San Francisco. Malgré son grand talent de peintre, les opportunités de trouver un emploi sont peu nombreuses pour la jeune femme. Pour gagner de quoi vivre, elle réalise des portraits en public. C’est là qu’elle rencontrera Walter Keane, un peintre de rue qui aura le coup de foudre pour elle. Walter essaye de se rapprocher de Margaret. Nous apprenons que Walter est en réalité un agent immobilier qui a fait fortune grâce à son métier et qui décida de tout quitter pour se consacrer à son hobby : peindre les rues de la ville de Paris. Ville dans laquelle il prétend avoir vécu et fait des études à l’école des beaux arts. En voyant peindre celle qui sera l’élue de son cœur, Walter remarque une caractéristique particulière dans les portraits créés par la jeune femme : les yeux sont disproportionnés par rapport au reste du corps.

Nous remarquons aussi qu’elle ne peint que des jeunes filles inspirées de sa propre fille Jane. Les deux peintres commencent à se fréquenter. Margaret reçoit un jour une lettre de son ex mari qui tente de récupérer la garde de sa fille. Margaret doit être mariée. Au quel cas, la garde de sa fille reviendra à son ex mari. C’est alors que Walter, qui a assisté à tout cela, propose à cette dernière de l’épouser. Bien que Margaret apprécie cette proposition et pense que cette demande en mariage soit précipitée, elle accepte. Les deux jeunes gens se marient alors à Hawaï. Walter et Margaret vivent une première période de mariage heureuse. Fasciné par les peintures de sa femme, Walter souhaite par tous les moyens que ses toiles sont exposées dans les grandes galeries d’art. Malheureusement, tous rejettent les toiles car la mode était à l’art abstrait à cette époque. Mais Walter n’a pas dit son dernier mot. Le film se concentrera donc sur les débuts de Margaret en temps que peintre amateur, sa rencontre avec Walter, les tentatives de Walter pour faire exposer les toiles de sa femme, le succès de ses tableaux et sa relation avec son mari qui connu la gloire en s’attribuant tout le mérite du travail de sa femme.

 

Un biopic signé Tim Burton

 

Grand fan du réalisateur Tim Burton pour qui je voue une véritable passion pour sa créativité et son imagination, j’étais curieux de son nouveau projet : un biopic sur une peintre. L’histoire d’une femme artiste qui décide de prendre sa liberté dans une société où les hommes avaient pouvoir sur tout. Au cœur de cette histoire, une gigantesque escroquerie éclatera. Le monde pense que les tableaux des Big eyes sont peints par Walter Keane alors qu’en fait, c’est son épouse, Margaret, qui en est la véritable artiste. Toute l’histoire du film se concentrera donc sur cette tromperie complexe.

Dans Big Eyes, Tim Burton mets bien l’accent sur le monde snobe de la culture et la situation difficile dans laquelle vivent les femmes mariées à la fin des années 50. Tim Burton ne nous fait pas cette fois-ci du Tim Burton. On met de coté l’ambiance gothique et sombre et on tourne cette fois un film coloré dans la ville de San Francisco. Nous avons là une vraie visite panoramique de la ville dans les années 50. Mais la touche Burton n’est cependant pas totalement effacée. Les portraits peints par Margaret Keane ne sont pas sans rappelés les personnages créés par le réalisateur. Des enfants au teint pale, l’air mélancoliques, les yeux démesurément grands. Un biopic très bien constitué chronologiquement. On pourrait le couper en plusieurs parties. Le spectateur ne s’y perd pas et on y prend même plaisir à suivre les débuts d’une jeune artiste qui connaitra plus tard la gloire qu’elle mérite. Les personnages du film sont tous aussi complexe que l’est notre histoire.

 

Christoph Waltz, Amy Adams : duo de choc

J’ai été subjugué par l’interprétation des deux acteurs principaux. On commence avec l’actrice Amy Adams que l’on voit beaucoup au cinéma depuis quelques temps « Man of steel, American Bluff, Fighter ». L’actrice arrive à se démarquer des autres actrices de sa génération et nous montre qu’elle peut jouer n’importe quel personnage. Dans Big Eyes, elle y interprète Margaret, une jeune femme qui était sous l’emprise de son mari « sans doute violent ». La jeune femme décida de le quitter et s’enfuit de chez elle avec sa fille pour changer de vie. Installée dans la ville de San Francisco, la jeune femme peine à trouver un emploi. Arrivée dans cette ville, nous voyons que la jeune femme est consciente qu’en temps que femme divorcée et avec un enfant, elle a peut de statut dans un monde où l’homme tient la plus grande place.

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A cette époque, les femmes divorcées étaient très mal vues. Margaret a un véritable don d’artiste mais ne parvient pas à faire reconnaitre son talent aux yeux du monde extérieur. Même en vendant des autoportraits, la jeune femme n’arrive pas à subvenir aux besoins de sa fille. Un personnage pudique, timide, passive, mutine et naïf. Naïveté et passivité qui lui feront défaut pendant tout le film. Malgré tout, la jeune femme a une vraie volonté de s’en sortir. Grace à ses peintures, la jeune femme exprime plus ou moins ce qu’elle ressent sur ses toiles. Les yeux démesurément grands des enfants qu’elle peint reflètent leur âme. A travers chaque toile, les yeux de ses enfants expriment les émotions que ressent Margaret. En rencontrant Walter, sa vie va basculer pour le meilleur mais aussi pour le pire. La pauvre jeune femme qui semble se faire souvent avoir par les hommes va tomber sur un énergumène qui fera de sa vie un véritable enfer.

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Christoph Waltz « que vous avez pu voir dans Inglorious Basterds, Django Unchained, Zero Theorem » incarne le complexe Walter Keane. Un personnage aussi drôle qu’effrayant. Dès le début du film, nous remarquons une chose, c’est un bon menteur et un beau parleur. Ancien agent immobilier, il sait aguicher les gens. Il y a cependant quelque chose de bon en lui mais, à mesure où le film avancera, le personnage évoluera et le coté très sombre et un brin psychopathe, nous sera montré. Malgré son style vestimentaire qui n’est pas sans rappeler l’acteur Gene Kelly dans le film Un américain à Paris, on sent le désespoir que Walter veut cacher. Il n’a pas de réel talent d’artiste mais il a la bagout attitude et le réalisateur met d’ailleurs l’accent sur ca.

BIG EYES

Un homme qui se dit peintre mais qui n’en est pas un, un homme excentrique, galant, au sourire charmant qui ne laissera pas indifférente Margaret. Petit à petit l’homme gentleman et follement amoureux de sa femme laissera place à un sinistre entrepreneur qui s’appropriera le mérite que devait avoir sa femme. Succession de mensonges, manipulations, la forte complicité qu’il y avait entre les deux personnages va peu à peu être brisée. Walter allant même jusqu’à enfermer sa propre femme dans son atelier pour qu’elle peigne de nouvelles toiles. Travaillant dans un atelier sombre, isolé du reste de sa maison par une porte constamment fermée et où il est interdit même à sa propre fille d’y entrer, la pauvre Margaret deviendra une sorte d’esclave. Son mari quand à lui ne fait qu’empocher le pactole, enchaine les salons mondains, s’accorde tout le mérite qui devrait revenir à sa femme. A lui la célébrité et tous les avantages. Mais la jeune femme n’a pas dit son dernier mot. Tout comme un critique d’art « Interprété par Terence Stamp » travaillant au New York Times qui ne semble pas dupe et ira jusqu’à une humiliante confrontation avec Walter.

 

Un biopic passionnant

 

Big Eyes brille par sa mise en scène, son interprétation, sa musique et son histoire. Malgré le coté dramatique de l’histoire, l’humour est lui aussi présent tout comme l’ai la joie. La prestation d’Amy Adams et Christoph Waltz est très bonne et convaincante et Tim Burton parvient à nous montrer qu’il sait changer de registre « tout comme il l’avait fait pour le film Ed wood ». Nous ne sommes plus dans un univers poétique, nous sommes dans une histoire qui c’est vraiment passée. Mais l’irréalité ne disparait pas totalement on nous montrant un passage où le personnage de Margaret imagine les gens qu’elle croise avec de grands yeux. L’actrice Amy Adams est dès le début touchante et le demeurera pendant tout le film. Christph Waltz explose de charisme dans le rôle d’un personnage aussi drôle qu’agaçant. La multiplication de ses mensonges et sa médiocrité feront autant rire que grincer des dents. La réalisation et le visuel changent complètement du coté sombre que l’on avait l’habitude de trouver dans un film de Burton. Coté musique, Danny Elfman « grand habitué des films de Tim Burton » revient lui aussi et change lui aussi de registre en nous offrant une bande originale inédite. La participation de la chanteuse Lana Del Rey pour deux titres musicaux exprime parfaitement les sentiments du personnage de Margaret.

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L’ambiance années 50 est belle et bien présente tout comme les costumes, le maquillage, les chevelures et les décors. En regardant le film, on reconnait un tout petit peu la touche Tim Burton mais cette touche demeure plus silencieuse que dans ses autres films. Le film nous montre aussi le comportement des fois moqueur et humiliant des critiques d’art et la réputation qui peut en découler sur un artiste. Un film qui ne se gène pas pour nous montrer jusqu’où est capable d’aller un homme dans un mensonge. Le personnage de Walter qui trouve des idées plus farfelues que les autres afin de montrer d’où lui vient son inspiration de ses toiles. Le moins que l’on puisse dire c’est que les peintures de Margaret sont aussi belles qu’intrigantes. Elles expriment une partie de son moi intérieur mais elle ne peut l’expliquer pour autant. Big eyes est un biopic au ton décalé mais qui n’en demeure pas moins sérieux pour autant. Un biopic sur un artiste à découvrir.

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