Poltergeist, 2015: Ni au dessus, ni en dessous de la version de 1982

poltergeist-afficheRésumé du film

La famille Bowens emménage dans leur nouvelle maison située dans un quartier résidentiel tranquille. Tout semble tranquille et normal les premiers jours jusqu’au moment où tout bascule. Une présence hante la maison. Apparitions, esprit frappeur « poltergeist », bruits étranges dans toute la maison, les forces du mal ont élu domicile chez les Bowen. L’horreur prend encore plus d’ampleur lorsque la petite Maddie, disparait. La famille Bowen devra s’unir afin de libérer Maddie de l’emprise des forces maléfiques.

Infos sur le film

Réalisé par Gil Kenan
Avec Sam Rockwell, Rosemary DeWitt, Jarred Harris, Kyle Catlett
Genre: Epouvante, Horreur
Nationalité: Américain
Durée du film: 1h35 environ

Avertissement: Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

1982
La version de 1982
2015
La version 2015

Les différences entre la version originale et le remake

Des remakes de grands films d’horreur, on en a eu dernièrement « Massacre à la tronçonneuse, La colline a des yeux, Halloween et encore d’autres ». Tous étaient plus ou moins réussis et apportaient ce petit quelque chose en plus que leur original. Nous sommes en 2015, l’année ou beaucoup de films cultes retrouvent le chemin du cinéma pour notre plus grand plaisir. Certains sont des suites, d’autres des remakes. Cette fois, c’est au tour de Poltergeist de subir une cure de jouvence et une petite chirurgie esthétique. Que vaut cette nouvelle version ? Est-elle à la hauteur des attentes des fans et des non fans ? Même si certaines scènes, répliques ont été empruntées à l’original, la différence au niveau de l’ambiance, des personnages, du thème, des évènements est bien là. On pourrait du coup qualifier la version de 2015 de reboot plutôt que de remake. Il y a une approche bien différente entre les deux versions. Il y a aussi ce changement d’époque. L’original datant de 1982, il était bien plus impressionnant pour ceux l’ayant découvert à son époque. Mais ne nous voilons pas la face pour autant, la version originale était tout bonnement excellente. La version de 2015 est donc, plus moderne et garde les quelques caractéristiques de sa version originale mais essaye de lui apporter une nouvelle dimension. Voici quand même les différences à noter entre la version de 1982 et cette nouvelle version :

La première différence qu’il y a à faire serait déjà du coté de la famille Bowens « famille Freeling dans la version de 82 » qui emménage dans une maison située dans un nouveau quartier alors que dans la version de 82, la famille est déjà installée depuis quelques temps. Les enfants sont plus turbulents dans l’original que dans le remake. Monsieur Bowens est au chômage alors que Monsieur Freeling est un brillant agent immobilier. On notera aussi la présence d’un chien qui joue un rôle plus ou moins important dans l’original alors qu’il est inexistant dans la version de 2015. Ce qu’il faut surtout noter c’est que les esprits qui hantent la maison sont bien plus hostiles dans la version originale que dans le remake. Dans le remake, les esprits sont plus chahuteurs et ne cherchent qu’à faire peur. L’original est aussi sanglant contrairement au remake qui ne contient que deux scènes dégoutantes. Le remake est plus soft que l’original. D’autres différences sont à noter mais je conseil aux plus curieux de voir les deux versions sans aucun ordre de préférence.

début polter
Tout semble normal…au début…
Pas vraiment un remake, plutôt un reboot

Hormis le début de notre film qui copie bon nombres de films d’horreur « une famille américaine emménage dans une nouvelle maison. Les adolescents ronchonnent, les enfants eux courent de pièce en pièce remplis d’enthousiasme ou alors apeurés par certaines pièces étranges. Et ce qu’ils ne savent pas, c’est que cette maison a une sombre histoire », moins de clichés qui commençaient à provoquer une certaine lassitude chez les spectateurs et les fans de films horrifique. C’est mieux joué qu’un film d’horreur habituel et ca respire surtout la sincérité « même si on pourra noter l’air quelque peu évasif du père Bowen ». Là où le film a pour ma part réussi c’est du coté de son ambiance. Un excellent mixage entre l’ambiance des films d’horreur des années 80/90 tout en étant de notre époque. On est vraiment dans une maison hanté avec tous les critères que cela inclus. Ils sont peu nombreux mais les effets spéciaux sont bien plus réalistes et crédibles que ce que l’on a pu voir ces dernières années. Comme pour Mad Max fury road, très peu d’effets spéciaux, plus d’effets à l’ancienne. La mise en scène est de qualité tout comme son ambiance angoissante. Pas sanglant, plutôt terrifiant. Le film nous montre les peurs infantiles « les clowns, les silhouettes la nuit, les bruits dans le placard, le grand arbre terrifiant qui se reflète dans la chambre des enfants ». Comment surmonter ses peurs quand on est un enfant ? Et justement, en parlant d’enfants, c’est une première, les enfants sont très attachants, adorables et non détestables. Un excellent choix de casting. Rien de malsain, rien de grossier, rien de sataniste, pas de possessions de corps. Comme dans la version originale, les parents se comportent comme des enfants mais demeurent responsables quand il le faut. La musique quand à elle colle très bien à cette ambiance horrifique. C’est drôle « quand on sursaute et qu’on voit qu’il n’y a rien à craindre », exaltant, pas trop terrifiant « surtout quand on est vacciné contre les films d’horreur ». D’où les moments où l’on rit. Mieux vaut rire de nos peurs n’est ce pas ?

Un père de famille pas vraiment recommandable
Laisses là, ca fera une bouche de moins à nourrir
Laisses là, ca fera une bouche de moins à nourrir

Dans le genre, bourreaux d’enfants, la palme revient à Monsieur Bowen « interprété par l’excellent Sam Rockwell des films Moon ou bien La ligne verte » qui même s’il incarne un père de famille très jovial et moderne, n’est pas pour autant le père idéal. Il installe son fils peureux au grenier avec son lit placé devant une fenêtre où s’y trouve un arbre qui cogne ses branches dessus, le père Bowen laisse dans la chambre de son fils »qui en prend plein la figure du début jusqu’à la fin du film » des clowns mécaniques terrifiants. Il ne manquait plus que le fils soit asthmatique et c’était fini pour lui. Chez les Bowen, les repas ne sont pas très équilibrés « pizza et nuggets le soir ». On a plus l’impression d’avoir deux enfants supplémentaires qu’un père et une mère de famille. Le pire c’est le coté passif du père Bowen qui a quand même sa fille qui se retrouve coincée dans une autre dimension. Monsieur Bowen ne semble pas vraiment affecté. Je ne parle pas non plus de cette véritable insouciance dont fait preuve le personnage. Entre ses problèmes financiers mais le fait qu’il se permette d’acheter un drone pour son fils, un nouveau portable « Apple de préférence « pour sa fille », un bijou hors de prix pour sa femme ou bien encore le fait d’avoir acheté une maison « qui a son intérieur rempli d’ondes magnétiques » construite sur un cimetière, Monsieur Bowen n’est pas vraiment le père modèle. Ou bien souhaite-t-il se débarrasser de sa famille. D’où une réplique dans le film « on aurait du s’arrêté au deuxième enfant ». Le diplôme du meilleur papa ne sera définitivement pas décerné à Monsieur Bowen cette année. Attention, je vous rassure, Monsieur Bowen sait quand même se montrer responsable quand il le faut.

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On a quand même évité le pire, le petit Griffin aurait pu être cardiaque ou asthmatique.
Un combat contre les peurs infantile

Poltergeist se focalise pas mal sur Griffin Bowen « le fils ». Un jeune garçon adorable »joué par Kyle Catlett du film L’extravagant voyage du jeune T .S Spivet » qui sent que quelque chose cloche dans la maison dans laquelle il vit et qui essaye tant bien que mal de faire part de ses préoccupations à ses parents. Griffin est un petit garçon qui aurait peur de son ombre. Un personnage bien travaillé. Nous plongeons dans le monde de ce petit garçon qui voit les choses différemment de celles d’un adulte. Le réalisateur prendra donc un malin plaisir à torturer psychologiquement notre jeune garçon qui devra essayer de vaincre ses peurs.

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Des yeux d’un bleu éclatant, la tendresse et l’air malicieux, assez courageuse dans l’ensemble, cette petite fille est adorable.

Kennedi Clements interprète Madison Bowen. Des yeux d’un bleu éclatant, la tendresse et l’air malicieux, assez courageuse dans l’ensemble, cette petite fille est adorable. Un très bon jeu d’actrice « déjà à cette âge » pour un personnage qui parle avec son ami imaginaire et attirera malgré elle les mauvais esprits. Pourquoi est-ce elle que les esprits ont choisis ?

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Kendra Bowen, une adolescente qui a du mal à vivre cet emménagement.

Saxon Sharbino « que l’on a pu voir dans l’excellente série Touch » joue le rôle de l’ainée de la famille Bowen. Une adolescente qui a du mal à vivre cet emménagement, loin de sa meilleure amie. C’est malheureusement là que nous tombons plus ou moins dans les clichés de la jeune adolescente « pas si rebelle que ca ».

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Jared Harris joue quand à lui le rôle de Carrigan Burke, un spécialiste des poltergeists .

Jared Harris joue quand à lui le rôle de Carrigan Burke, un spécialiste des poltergeists « il remplace le personnage féminin hystérique tenu par l’actrice Zelda Rubinstein » et animateur d’une émission de télévision où il chasse les mauvais esprits. Carrigan sera quelque peu dépassé par la situation lorsqu’il essayera d’aider les Bowen à sortir Madison de la dimension dans laquelle elle est coincée. Carrigan est un personnage aux nombreuses cicatrices corporelles, complexe, drôle, cynique, il déborde de charisme. Je n’ai pas grand-chose à ajouter sur le reste du casting qui joue de manière juste mais un peu trop effacé par rapport aux autres acteurs.

JANE POLTER
Jane Adams « qui incarne le docteur Brooke Powell, spécialiste des poltergeists et travaillant avec deux assistants » arrive à se démarquer et à nous offrir un bon jeu.

Seule l’actrice Jane Adams « qui incarne le docteur Brooke Powell, spécialiste des poltergeists et travaillant avec deux assistants » arrive à se démarquer et à nous offrir un bon jeu. Un personnage charismatique et un peu dépassé par la situation. Il y a aussi ses interactions avec Carrigan Burke. Étaient-ils amis dans le passé ?

Pourquoi c’est toujours moi qui prend?!

En conclusion

Du suspense, de la tension, une sorte de « film manège « qui nous promène dans une maison hantée où tout semble interagir aussi bien avec les protagonistes de l’histoire qu’avec le spectateur. Le film ne calque que très peu sur son original bien qu’il s’en inspire pour certaines scènes. Il y a surtout cette avancée technologiques qui fait que l’original a vieillit. Quoi de mieux que de nous offrir un spectacle d’époque et plus réaliste. Là où l’original ne nous montrait rien de cette autre dimension, le remake lui, nous y introduit. L’utilisation de la 3D à se moment donnent des sensations de faire un tour de manège. Et c’est là que l’on assiste à autre chose que ce qu’on a pu voir ces dernières années. Poltergeist à des allures de train fantôme « les monstres sous le lit, les branches d’un arbre qui se transforment en main crochues attrapant leur proie, l’ombre des mains des morts sur un écran de télévision ».

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La famille Bowen aux cotés d’une spécialiste des poltergeists et de ses assistants.

D’excellents acteurs qui n’en font pas des tonnes, de jolis dialogues, un coté très psychologique, un mise en scène et des décors ravissants. Un film parfaitement exploité même si on s’attendait à avoir des éléments présents dans la version originale revenir dans cette nouvelle version. Le rythme effréné de la version de 82 est loin d’être le même pour la version 2015 qui prend le temps de nous faire réfléchir et rendre plus crédible notre histoire. Loin de surpassé l’original, loin d’être en dessous, Poltergeist version 2015 est une belle petite surprise qui, même si les Jump scare « sursauts » sont téléphonés pour certains, l’ambiance horrifique elle, est bel et bien là. Les effets de peurs sont nombreux et surtout variés. Le réalisateur évite aussi de tout enchainé même si certaines scènes horrifiques se succèdent.

POLTER 2
Quelle idée que de faire un trou dans le mur qui conduit à l’au -delà?

Les scènes de frayeurs ne sont pas aussi traumatisantes que ce que l’on aurait imaginé en voyant la bande annonce. Le film fait peur sans pour autant traumatiser les plus fragiles ce qui peut permettre de faire découvrir ce genre de film à plus de personnes. Un bon point pour lui. Les deux versions sont d’excellente qualité, sont d’ailleurs à voir pour observer les différences. Finalement j’ai trouvé que les deux se complètent. Poltergeist version 2015 respecte l’œuvre originale mais, contrairement à ce dernier, s’approcherait presque du film horrifique familiale.

fin

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