Critique Avant première: The Forger

poster forgerL’histoire

The forger nous raconte l’histoire de Ray Cutter, le meilleur faussaire d’art du monde faisant un accord avec un syndicat du crime afin d’obtenir une libération anticipée de prison. En retour, Ray devra voler dans un musée un tableau de Claude Monet, La promenade ou Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche, et le remplacer par une réplique si parfaite que personne ne la remarquera. En parallèle Ray cherche à renouer avec son fils, Will, dont le grand père c’est occupé depuis que Ray est en prison. Nous apprendrons que Will est atteint d’une tumeur au cerveau et ses semaines sont comptées.

Infos sur le film

Réalisé par Philip Martin

Avec thriller John Travolta, Tye Sheridan, Abigail Spencer, Christopher Plummer, Anson Mount, Travis Aaron Wade

Genre : drame, policier

Nationalité : Américain

Durée du film : 1h36 environ

Attention, publicité mensongère

En regardant de plus près l’affiche du film, nous voyons en plan central, le personnage de Ray Cutter se tenant dans une gare, vêtu d’un costume et l’air inquiet. Juste en dessous, le titre, des petites vignettes nous montrant des personnages dérobant un tableau puis deux autres nous montrant le père de Ray et Will Cutter, son fils. Dès les premières minutes du film, c’est un tout autre genre que nous avons là. Vendu comme un film de braquage, The forger est plus axé sur le coté relationnel des personnages. Du coup, nous sommes face à un drame avec un soupçon de policier et de film de braquage. Coté ambiance, on pourrait y voir un film indépendant mélancolique sans aucune prétention. Ceux qui s’attendaient donc à voir un film de braquage risquent d’être un peu déçus même si les 30 dernières minutes devraient les ravir. Malgré ce petit mensonge, The forger est plutôt une excellente surprise.

Les premières minutes

forgeNotre intrigue commence sur un plan de Ray « John Travolta » étant dans une cellule de prison. Le visage fatigué, l’air désemparé. Dans sa cellule, des dessins au style gothique entourent une œuvre plus joyeuse et représentant une ile. A coté, une photo de Ray et son fils. Puis Ray se rend à la cantine, reste seul en se tenant dans son coin dans la cour de la prison pendant que les détenus, eux jouent au basket, d’autres discutent. Un surveillant arrive près de Ray. Son avocat est arrivé. Ray se rend alors au parloir pendant qu’en arrière plan, nous voyons une bagarre entre détenus éclater. Arrivé au parloir, l’avocat de Ray lui révèle que son appel à été rejeté et qu’il lui reste encore 10 mois à purger sa peine. Ray ne tient plus et demande à son avocat d’appeler un certain Keegan. Malgré les réticences de son avocat, il s’exécute et nous voyons Ray sortir de prison peu de temps après. Il retrouve son meilleur ami qui l’averti de l’erreur que Ray a commise en demandant à Keegan de le faire sortir de prison. Ray semble détendu, heureux d’être enfin sorti de prison. Son ami le ramène chez lui et Ray retrouve son père étonné de voir son fils rentré si tôt. Pensant au départ qu’il c’est évadé de prison et demande des réponses mais Ray ne répond pas. Il retrouve son fils, Will âgé de 15 ans dont le grand père c’est occupé comme de son propre fils pendant que Ray était en prison. Ray est heureux de revoir son fils mais lui est, comme son grand père, étonné de le voir déjà de retour. Il ne s’explique pas vraiment, lui dis simplement que le juge a accepté son appel. Il tente de discuter avec son fils en parlant d’autre chose mais Will ne semble pas vouloir discuter. En redescendant, Ray retrouve son père espérant qu’il n’a pas commis d’imprudence pour sortir de prison puis lui parle des examens que Will doit passer. Il fait nuit, Ray se rend dans un night club et y retrouve Keegan. Nous apprenons lors de leur entrevue que Ray est un faussaire et pour rembourser la dette qu’il doit à Keegan, 50 000 dollars pour le tarif qu’il a payé pour le faire sortir de prison, Keegan propose à Ray de faire une réplique d’une toile de Monet et ainsi, de voler l’original. Le lendemain, Ray accompagne son fils à l’hôpital où il doit y subir des examens. C’est là que nous apprenons que Will est atteint d’une tumeur au cerveau. Aucune intervention chirurgicale possible, il ne reste que très peu de temps à Will. Il devra faire une chimio thérapie afin de ne pas trop souffrir. Ray est déboussolé, sous le choc et en colère. Il reste muet devant son fils qui veut savoir s’il va guérir. En parallèle, la police cherche à comprendre la sortie prématurée de Ray. Va-t-il récidiver ? Une enquête s’ouvre sur lui. Ray va-t-il accepter la demande Keegan ?

Trois histoires dans un film

Nous avons dans ce film trois histoires dans une : l’histoire de la copie et du vol de tableau, la relation tendu entre Ray et Will atteint d’un cancer et cette enquête policière faites sur la sortie de prison un peu précipité de Ray. Pour un film de 1h35, on pourrait se dire que ces trois histories seraient bâclées. Heureusement, il n’en est rien. On ne perd pas pour autant le fil de l’intrigue principal et les deux autres. Nous jonglons entre ses trois histoires regroupées dans un même film mais concernant toujours le même personnage : Ray.

Coté casting

familleNous retrouvons John Travolta, qui, il faut le dire, a depuis quelque temps perdu en crédibilité tout comme un certain Nicolas Cage. La plupart de ses films sortent directement en dvd, où est passé l’acteur charismatique des années 80/90 ? Et bien c’est une bonne nouvelle, il est ENFIN de retour avec The forger. Physiquement, Travolta est devenu un vrai colosse « et vous pouvez me croire, ce n’est pas de la graisse » et aurait presque une forte ressemblance facial avec l’acteur Arnold Schwarzenegger. Un visage carré, des petites rides, coupe de cheveux soignée, style vestimentaire moderne, l’acteur en impose dans le film. Mais peut-on en dire autant du coté de son jeu ? Dès les premières minutes, l’acteur est imprégné par son rôle. Un homme abattu, fatigué, déboussolé, lassé d’être en prison « on comprend pourquoi par la suite ». Ray est un faussaire spécialisé dans la copie parfaite de tableaux célèbres. Pourquoi ne pas avoir un job comme un autre homme lambda ? Vous le saurez en regardant le film qui dévoilera le passé de ce personnage énigmatique. Du coté de sa vie sentimentale, il a été marié mais pas de petite amie en vue pour lui « même pas de flirt ». A son sortie de prison, il se concentre exclusivement à son fils, son père et sa dette qu’il doit rembourser. Notre film s’intéresse tout particulièrement à la relation qu’il entretient avec son fils. Une relation tendue. Will ne connait pas grand-chose sur la vie de son père, tout comme Ray connait très peu de choses sur Will. En apprenant qu’il reste à son fils que très peu de temps avant qu’il ne meurt, Ray décide d’offrir à Will 3 vœux « comme le génie de la lampe d’Aladdin mais en plus réalisable ». Je vous rassure, les 3 vœux sont réalisables :

-Rencontrer sa mère

-Faire l’amour pour la première fois avec une fille de son âge

– Aider son père à reproduire un faux tableau de Monet.

travolta monet
Quand John Travolta se lance dans le métier de faussaire d’art a pris plaisir à créer quelque chose qui ressemblait à ce chef d’œuvre.

Nous voyons que Ray a une grande connaissance des peintres et de leurs œuvres. Pour reproduire le tableau de Monet, il voudrait ressentir ce qu’a ressentit Monet en peignant cette toile. Il y a un vrai travail sur cette reproduction très difficile. Nous y voyons toute sa conception. Des traits au crayon en passant par la mise de la couleur, tout est décortiqué. John Travolta peint vraiment le tableau de Monet sous nos yeux « cf photo » à raison de 40minà une heure pendant quatre semaines. Comme vous pouvez le voir, y a une forte ressemblance avec l’original. L’acteur c’est de plus renseigné sur les faussaires qui ont marqués l’histoire et c’est particulièrement inspiré d’un faussaire Français. Son personnage de Ray entretiendrai presque une communication au pinceau avec ses œuvres. Ce qui du coup coïncide avec le caractère très triste du personnage. Très émouvant. Cette séquence est accompagnée par une musique au piano et une très bonne gestion de la lumière donnant à ce moment quelque chose de poétique et merveilleux. Peut-on espérer voir Travolta se frotter à des hommes ? Oui, vous aurez droit à voir notre acteur en découdre. 2 ou 3 séquences de combat au corps à corps « dont une avec une batte de baseball ». Des séquences parfaitement chorégraphiées, crédibles et assez violente sans pour autant nous montrer une infusion de sang. Seul incohérence, le personnage de Ray est passé à tabac à un moment, s’en sort avec pas mal d’hématomes et quelques minutes après, juste une petite cicatrice est visible sur son visage. Serait-il un immortel ? Hormis cela, pas de faux pas dans notre film.

forger1

Will veut rencontrer sa mère qu’il n’a jamais rencontré « nous ne serons malheureusement pas pourquoi elle a quitté son mari mais on se doute qu’une histoire de drogue est responsable ». Ray, qui veut absolument que son fils rencontre celle qui l’a mit au monde arrive à la retrouver. Vivant dans un mobil home miteux, son ex femme est une droguée. Il finit par la faire accepter une rencontre avec son fils « tout en changeant sa garde robe » en faisant croire à Will qu’elle vit dans une banlieue chic. Cette famille décomposée va être amenée le temps d’une journée recomposée faussement sans que Will ne s’en rende compte « tout du moins, il le fait croire et n’est pas dupe ». Tye Sheridan, qui incarne donc Will est touchant. Un personnage fermé au début du film et qui va petit à petit s’ouvrir à son père, créer un lien fort avec lui et sera émerveillé par lui en voyant ce qu’il fait. Un jeune garçon qui avait toute la vie devant lui mais qui, suite à une tumeur inopérable, montrera une vraie peur de mourir, sachant qu’il est condamné. Le réalisateur accentue bien sur cette peur pour un jeune homme de son âge qui ne pourra pas vivre la vie qu’il aurait voulu. Une vraie tragédie mais des moments tendre avec son père nous permettent de ne pas tomber dans quelque chose de trop larmoyant. Comme dans le film Joe où il donnait la réplique à Nicolas Cage ou bien Mud où il donnait la réplique à Matthew McConaughey, Tye Sherdian est brillant et juste dans son jeu.

Christopher Plummer « Millenium, Benjamin Gates » joue le rôle de Joseph Cutter, père de Ray et grand père de Will. Un grand père qui a perdu sa femme et qui a du remplacer son fils pour s’occuper de Will. Joseph était lui aussi un faussaire lorsqu’il était plus jeune. Mais le passé, ça ne s’oublie pas et nous le verrons travailler avec Ray pour ce dernier casse avant une retraite bien méritée. La relation entre Joseph et son fils est très tendue.

Abigail Spencer « des séries True Détective saison 2 et Suits » joue le rôle de l’agent Paisley qui enquête sur Ray Cutter. Suspicieuse au début, elle ne tardera pas à comprendre la vérité sur la libération de Ray et finir par

Quand à Travis Aaron Wade « qui a fait de brèves apparitions dans les séries Supernatural, Touch » il interprète le Détective Devlin, coéquipier de l’agent Paisley.

Anson Mount « du film Safe et de la série Hell on wheels  » joue le rôle de Keegan un criminel. Aucun sens moral « même en apprenant que le fils de Ray est atteint d’un cancer », nous en apprendrons plus sur ce personnage qui semble responsable de l’arrestation de Ray des années auparavant. Keegan tient un night club et enchaine en parallèle des magouilles. La dernière en date : dérober l’original d’un tableau de Claude Monet et la donner à un dangereux chef de Cartel.

peinturePour conclure

Doté d’une mise en scène très soignée (il n’y a qu’à voir une scène de bagarre en pleine rue entre le personnage de Ray et des hommes filmée en plan éloigné. Une excellente idée), d’un jeu d’acteurs excellent et juste, d’une musique aussi touchante que prenante, d’une histoire intéressante vue sur plusieurs plans, The forger, même s’il était qualifié de film de braquage au départ, est un excellent drame mélangeant habillement plusieurs genre et permettant de retrouver un John Travolta sur le devant de la scène avec enfin, un rôle sur mesure nous permettant de voir que son talent d’acteur est toujours intact. Mention à Tie Sherdian qui lui fait presque de l’ombre. Une jolie histoire d’une famille détruite qui va petit à petit se recomposer. A voir pour les fans de drame originaux.

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