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The visit: M.Night Shyamalan renait avec un film d’horreur original

visit afficheRésumé du film

Loretta Jamison, mère de deux enfants, n’a plus vu ses parents depuis une grande dispute qui a éclaté entre eux lorsqu’elle était adolescente. Un jour, elle reçoit un appel d’eux souhaitant rencontrer leurs petits enfants. Becca et Tyler partent alors une semaine en Pennsylvanie dans la ferme de leurs grands parents qu’ils rencontrent pour la première fois. Des enfants ravis, des grands parents ravis. Mais, bien vite, les retrouvailles tournent au mystère et au cauchemar. Becca et Tyler sont spectateurs d’évènements étranges qui surviennent chaque nuit. Des bruits, un comportement étrange des grands parents qui semblent cacher quelque chose. Avec leurs caméras, les enfants commencent une investigation.

Infos sur le film

Réalisé par M. Night Shyamalan

Avec Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Deanna Dunagan, Peter McRobbie

Genre : Epouvante, Horreur, Comédie

Nationalité : Américain

Durée du film : 1h35 environ

Film Interdit aux moins de 12 ans

becca

Depuis le très moyen After Death en 2013, M. Night Shyamalan se faisait quelque peu discret dans le monde du cinéma. Il faut dire que depuis les échecs critiques répétitifs du Village, La jeune fille de l’eau, Phénomènes et Le dernier maitre de l’air, le réalisateur du Sixième sens et de l’excellent Incassable, ne faisait plus des films d’aussi bonne qualité. Il revient cette année avec The Visit. Projet qui n’a vu le jour que grâce à l’argent que le réalisateur avait gagné avec son salaire pour son film After earth. The visit est donc un film à petit budget « 5 millions de dollars », très loin du budget de ses autres œuvres « Incassables avait un budget de 75 millions ». The visit est sorti cette semaine. Le réalisateur a-t-il réussit a remonté la pente et nous fournir un film d’aussi bonne qualité que le travail qu’il fournissait en 2000 ?

Un début mystérieux

Chez papy et mamie c’est à 20heures qu’on va au lit. Pourquoi? Mamie a des…somnolences

Après une bande annonce qui m’avait enfin donné envie de replonger dans une œuvre de M.Night Shyamalan, je n’avais qu’une envie : découvrir ce nouveau métrage qui semblait original et surtout drôle. C’est vrai, quand on lit le synopsis et qu’on accompagne ça avec la bande annonce, on ne peut que trouver l’histoire comique. Deux enfants passant les vacances chez leurs grands parents qui se comportent de manière étrange la nuit. Possession démoniaque ? Comme pour le film Esther, les suppositions sont légions et la révélation finale est très bien trouvée. Pourtant, dès les premières minutes du film, première mauvaise surprise, nous assistons à un énième film en found footage « caméra à l’épaule ». Found footage qui commence à se ringardiser, devenir obsolète et rébarbatif. Utilisé dans presque la totalité des films d’horreur de notre époque, on commence à craindre le pire pour la suite des évènements. Et pourtant, la manière de tenir la caméra n’est pas la même. Beaucoup moins tremblante, mieux cadrée, une qualité d’image un peu plus propre, et si cette manière de filmer pouvait être une des qualités du film ? Une histoire simpliste mais qui n’est pas sans rappeler un célèbre conte pour enfants : Hansel et Gretel « pas la version modernisée ». Nous suivons donc l’histoire de ses deux jeunes enfants voulant réaliser une vidéo sur leur première rencontre avec leurs grands parents. Les grands parents vivent dans une ferme isolée de tout. Une grand-mère qui est un vrai cordon bleu et qui fait les meilleurs gâteaux, un grand père adorable mais pas très causant mais des grands parents heureux de rencontrer pour la première fois leurs petits enfants. Une ambiance chaleureuse se dégage dans cette maison. La nuit, c’est une toute autre ambiance qui attend Becca et Tyler. C’est là que nous voyons que le found footage, comme pour d’autres films utilisant le même procédé, est utilisé pour agrandir l’effet d’inquiétude et de terreur. D’habitude, le found footage est utilisé par un personnage qui ne l’utilise pas de façon professionnelle. Pour The visit, c’est différent. Le procédé est utilisé par une personne qui s’intéresse au cinéma, qui s’y connait et qui sait filmer. Le réalisateur joue avec les ombres, les bruits. On ne sait pas ce qui se passe mais on en voit suffisamment pour être inquiet pour les pauvres bambins « même s’il faut le reconnaitre, Tyler est une sacrée tête à claque ». Les enfants vont passer la pire semaine de leur vie et on se pose surtout une question : vont-ils pouvoir rentrer chez eux ?

Quand la peur se mélange à la comédie

Mamie est une pâtissière hors pair. Mais elle peut aussi avoir des comportements étranges.

Mamie est une pâtissière hors pair. Mais elle peut aussi avoir des comportements étranges.

Même si cette manière de filmer et de nous montrer des images angoissantes peut faire monter la tension chez le spectateur, M.Night Shyamalan a trouvée L’IDEE : combiner l’angoisse et la comédie. Résultat, le film lorgne sur l’ambiance d’un film culte : Evil Dead, qui, lui aussi, faisant cette impeccable combinaison. Seulement là, rien à voir avec Evil dead sur le plan hémoglobine. Il n’y en a que vers la fin et c’est très minime. Coté choses répugnantes, vous en aurez mais à petite dose et bien loin de ce qu’Evil dead proposait. Très rapidement, vous verrez que The visit mêle le mystère, la terreur, le suspense et le rire. Le film a d’ailleurs des allures carnavalesques qui font que vous prendrez presque un malin plaisir à voir les enfants terroriser par ce qui se passe dans la maison de leurs grands parents. Un thriller qui vous scotche à votre siège. Chaleureux, du coup relaxant, angoissant, du coup la terreur prend place, puis, comme pour vous dire que « c’était pour rire », on vous balance une réplique voire une séquence totalement hilarante. Comme pour les films Chucky, on se retrouve face à un film qui vous dit qu’il faut rire de ces peurs.

Avec ce film, vous ne verrez plus les vieilles personnes de la même manière

Je nettoyais juste mon fusil c'est tout.

Je nettoyais juste mon fusil c’est tout.

Jouez malgré vous à cache-cache sous la maison avec votre terrifiante mamie, aidez là à nettoyer le four en y entrant complètement, entrez dans une cabane et découvrez ce que papy y entrepose et veut à tout prix tenir secret. Le film ne se prend presque pas au sérieux même si les sursauts et autres apparitions surprises seront nombreux « merci les couloirs sombres de la maison ». Le réalisateur joue sur des plans fixes où tout peut arriver et apparaitre sans qu’on ne s’y attende « pour une fois, les jumps scare ne sont pas trop téléphonés ». Pour les décors, l’ambiance et la mise en scène « qui n’est pas sans rappeler celle de James Wan pour le film Conjuring », il s’inspire beaucoup de ce que faisait Hitchcock. Du coté des interprètes de papy et mamie Jamison, le jeu est excellent. Deux personnes âgées au comportement étrange. On ne tardera pas à voir qu’il n’y a pas que l’âge, que leurs problèmes de mémoire, qui ont à voir avec leurs agissements. Ils cachent quelque chose de sombre, on ne sait pas quoi mais c’est suffisant pour provoquer le malaise des enfants et le malaise du spectateur. On se retrouverait presque face à deux personnes possédées par un esprit démoniaque ou en coopération avec une force surnaturelle. Les masques mettent du temps à tomber, tout comme la révélation. Et d’ailleurs, n’est ce pas Hitchcock qui disait que « plus réussi est le méchant, plus réussi est le film ». L’acheminement du film n’est de plus pas le même que pour un film de ce genre. Il n’est pas question de deux enfants face à un danger connu mais face à deux personnages étranges. On pourrait presque y voir un acheminement comme pour le film Shining. Tout mets du temps avant de se mettre en place, comme si le réalisateur voulait installer une zone de confort chez le spectateur avant de tout saccager. Le danger n’est pas vraiment présent mais la tension, le coté un peu malsain, le mystère, tiennent dans le film une place importante.

Tout semble normal…en apparence.

Au final

Loin d’être un film de génie, The visit est pour ma part une sacré bonne surprise et ce qui est sorti de meilleur dans le genre depuis The conjuring et It follows. Soigné, très bien interprété, peu de musiques afin de garder cette ambiance angoissante, une idée originale, le coté attachant mais agaçant des enfants, pas très caricatural et surprenant. Shyamalan sait filmer, il sait installer l’angoisse et la peur en seulement quelques séquences. Un vrai génie de la peur. Le film a des allures de conte pour enfants. Shyamalan donne toujours un thème pour chacune de ses œuvres « la communication pour Le sixième sens, la foi pour Signes ». Pour The visit, c’est le thème du pardon. Une famille décomposée, brisée, qui, grâce à Becca pourrait se reconstruire, se réunir de nouveau grâce au documentaire qu’elle réalise. Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu, l’effet voulu ne sera pas celui que la jeune fille espérait. Nous avons aussi droit à un mélange original qu’on n’avait pas vu depuis pas mal de temps, l’horreur et la comédie. On se retrouve face à un film qui ne se prend pas vraiment au sérieux, vire à l’autodérision, pire, qui aurait presque des airs moqueurs vis-à-vis du public. Il établit avec cette manière de filmer une connexion avec le spectateur et communique presque avec lui en lui disant simplement que : c’est juste pour rire. 

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Classé dans :épouvante, Comédie, Horreur

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