Gawin: Un film français rare, merveilleux, qui vous prendra au coeur

On ne le dira jamais assez, si les français excellent au cinéma, c’est du coté de la comédie. Que ce soit Les bronzés, Les visiteurs, Diner de con, on a le choix. Mais et dans la science fiction ? Si l’on met de coté Luc Besson avec le chef d’œuvre Le cinquième élément et Jean Pierre Jeunet et son Alien Resurrection, les films de science fiction Français ne courent pas les rues. Les productions ont peu de moyen pour financer ce type de films et ne préfèrent pas risquer de perdre de l’argent en investissant plutôt dans de la comédie française ou bien des films avec des acteurs français connus. Pourtant, c’est en 1991 qu’est sorti furtivement au cinéma un film dramatique mais avec une ambiance de film de science fiction. Seulement une sortie en VHS, jamais de conversion en dvd et encore moins de passage à la télévision. Pourquoi ? Le mystère reste entier mais il fallait impérativement que je vous parle de cette merveille où l’émotion sera le facteur dominant de notre film. Beaucoup ne le connaissent pas alors que ce film pourrait presque rivaliser avec les plus grands. Là où d’autres se seraient lamentablement tiré une balle de pied, Arnaud Sélignac réussi l’impensable. Nous sommes face à une surprise de taille en réussissant à faire un film de science fiction tout simplement grandiose. Ce film s’intitule purement et simplement GAWIN.

 

Gawin affiche
L’histoire

La vie de Nicolas, veuf élevant son fils de six ans avec sa mère, est bouleversée le jour où il apprend que Félix, son fils, est atteint d’une maladie incurable. Pour réaliser le rêve de son enfant avant qu’il ne meurt, Nicolas va mettre en place un projet fou : lui faire rencontrer un extraterrestre. C’est alors qu’une nuit, le miracle s’accomplit, Félix se réveille ébloui par une forte lumière provenant de son jardin. En s’approchant de la fenêtre, il est stupéfait : un extraterrestre un peu monstrueux mais terriblement gentil est tombé en panne avec sa soucoupe volante.

 

Infos sur le film

Réalisé par Arnaud Selignac
Avec Jean Hughes Anglade, Bruno, Catherine Samie, Yves Afonso, Wojciech Pszoniak
Genre : Drame, Science fiction
Film Français
Durée du film : 1h35 environ

 

Jusqu’au bout des rêves, sur le chemin des étoiles

Gawin est un E.T Français comme je le qualifierai, même si, à proprement parlé, il ne sera pas question de vrais extraterrestres. Gawin empreinte quelques codes d’E.T, l’histoire d’un petit garçon solitaire vivant cette fois avec son père, veuf et sa grand-mère. Félix, un petit garçon de six ans, passionné par la science fiction, passe ses nuits à scruter les étoiles en espérant qu’un jour, il pourra rencontrer un habitant de l’espace. Si on est fan de science fiction, on s’identifie très facilement au personnage en étant envieux de voir son rêve se réaliser.

Arrivera un soir la rencontre, l’impossible, le rêve exaucé d’un enfant qui sera face à un extraterrestre. La rencontre se fera de façon complètement féérique et fantastique. Un soir, une lumière aveuglante réveille Félix qui accoure à sa fenêtre et croit rêver. Devant lui, une soucoupe volante se tient dans son jardin. Il y croyait, il avait espoir que, dans le cosmos, une race supérieure à l’humain existait. C’est finalement arrivé. Ce précipitant avec prudence dans le jardin, il avance, calmement, d’un pas décidé et hésitant à la fois et entre dans la soucoupe.

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Là il rencontre un homme de l’espace vêtu d’une combinaison ressemblant presque à une combinaison de cosmonaute. La différence c’est que celle-ci est dorée et qu’il a un casque réversible lui permettant de montrer son visage. L’alien lui fait le salut de la paix « le même qui a été envoyé en guise de dessin dans l’espace de la part des humains ». Cet homme venu de l’espace est tombé en panne. Félix sait très bien comment ca se passe dans les films. Il se doute bien que si les hommes le voient, ils l’attraperont. Il cache alors l’alien dans sa maison en attendant de trouver les pièces nécessaires pour réparer le vaisseau. On voit très vite que Félix veut le protéger.

« Il veut voir un extraterrestre, pouvoir lui parler, le toucher. Aujourd’hui, il y a que ca que je peux faire pour lui. »

Gawin, c’est son nom, ne parle pas, baragouinant un dialecte incompréhensible, mais comprend ce que lui dit Félix. Un soir, Nicolas, toujours dans le costume de Gawin tombe sur sa mère, sous le choc, prenant son fils pour fou mais comprend la raison de cet accoutrement au moment où son fils lui apprend que Félix est gravement malade. Nicolas voulait que son fils voit son vœu réaliser. Il c’est débrouillé pour trouver une fausse soucoupe volante dans une fête foraine et a inventé cette histoire de panne dans le jardin afin d’établir un contact avec Félix.


Seulement au bout d’un moment, tout le dépasse. Félix, persuadé que tout est réel, se montre curieux, le mensonge de Nicolas s’agrandit, devant inventer le nom de sa planète d’origine. Et ce ne sera pas tout. Félix arrive à trouver ce qu’il faut pour réparer la soucoupe volante. Nicolas n’a d’autre choix que de lui faire croire que la soucoupe est réparée et qu’il peut repartir. Mais Félix veut lui aussi l’accompagné.


Son père décide alors de l’emmener sur sa planète « Xenon ». Il doit trouver un endroit sur terre ressemblant à la lune. Grâce à sa mère, il trouve l’endroit idéal : un glacier. Nicolas veut offrir le rêve de son fils jusqu’au bout. Le soir même, Félix prend contre son gré des somnifères et Nicolas part avec lui pour Chamonix en chargeant sur sa voiture la soucoupe volante.

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Arrivé à Chamonix, Nicolas avait oublié une chose : les pistes de ski et surtout, les skieurs. Il a du coup l’idée de faire croire à Félix que ce sont des aliens hostiles. L’alien et le jeune garçon restent alors dans la soucoupe. Au bout d’un moment, la nourriture commence à se faire rare et Nicolas n’a d’autre choix que de sortir pour en trouver. Alors qu’il est en quête de nourriture, Félix, lui, sort de la soucoupe et découvre le lieu dans lequel il a atterri, toujours persuadé d’être sur la planète Xenon. La dernière partie, grâce à une pirouette scénaristique, se tournera vers quelque chose de plus fantastique, avec 10 dernières minutes magistrales, envoutantes, somptueuses et incluant des effets spéciaux aussi beaux que ce qu’avait pu nous offrir Steven Spielberg dans E.T. Mais ne vous méprenez pas, le film restera toujours réaliste.

 

Il lui a promis la lune,

 

Jean-Hughes Anglade prend l’identité de Gawin. Posture, gestuelle, langage complètement différents, on ne reconnait absolument rien de l’acteur imprégné totalement par son personnage. Fantastique. Quant il ne joue pas Gawin, l’acteur joue le rôle de Nicolas, soigneur dans un zoo. Lorsqu’il apprend que son fils est atteint d’une leucémie, c’est le choc, un vrai bouleversement que tout père ne devrait jamais affronter.

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Ayant déjà perdu sa femme, Nicolas ne sait pas comment il pourra continuer de vivre si son fils venait à mourir. Il entreprend alors l’idée de réaliser le rêve de son enfant. C’est en se baladant dans une fête foraine que Nicolas trouvera l’idée de l’apparence qu’aura l’alien dans lequel il prendra l’identité. Tout sera mit en œuvre et on nous montrera la détermination d’un père voulant à tout prix que son fils vive son rêve jusqu’au bout.

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Pendant son voyage avec Félix, toujours en tant que Gawin , le jeune garçon fera de l’alien son confident, son ami. Nicolas cernera beaucoup mieux son fils. Ce qui sera amusant c’est qu’à certains moments, pendant le trajet les menant soit disant sur la planète Xenon, Félix ouvrira ses paupières et verra, comme par hasard des étoiles « provenant de néons de restaurants ».
Le réalisateur jouera beaucoup sur le coté naïf de l’enfant qui est cependant très mature pour son âge. Il connait ses limites, n’est pas inconscient et est très calé au niveau de l’astronomie et de la science fiction. Nicolas devra du coup doublé de vigilance afin que son fils ne sache jamais la vérité.
Ce voyage permettra à un père, d’être plus proche de son fils et un fils de trouver un adulte envers qui il peut se confier.

 

Il ira jusqu’au bout

Beaucoup critiquent de manière négative son travail décrit comme bâclé, médiocre. Je n’ai hélas vu aucun autre de ces films ou séries. Par contre, pour ce qui est de Gawin, il pourrait s’en vanter et mérite des applaudissements. Des applaudissements pour avoir fait un film touchant, sincère, vibrant, bien filmé, sa musique terriblement intense et d’une beauté rarement vue dans un film français, avec des acteurs jouant de manière juste et sans en faire des tonnes mais surtout, je le remercie d’avoir enchanté mon enfance avec son film.

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Car oui, j’ai grandis avec E.T mais grandis aussi avec Gawin qui m’a fait croire à l’impossible. Même si les films ne sont pas vraiment comparables, ils traitent cependant du même thème : un petit garçon solitaire faisant la connaissance d’un extraterrestre. Si on lit quelques critiques de deux magazines très connus « Télé 7 jours et Le Figaro », on peut voir que Gawin, même s’il n’a pas eu le succès qu’on espérait, était cependant une vraie merveille. On pouvait lire dans ses magazines et journaux de touchantes éloges : « Un film heureux dont on ressort l’âme ensoleillée. » ou bien encore « Quelles fées se sont penchées sur cette histoire ? Disons Jules Verne et Saint Exupery. Un très beau film. ».
Gawin est touchant, prend au cœur par cette histoire tellement belle. On éprouve de la compassion pour ce père, de la tendresse pour sa relation tellement belle avec son fils. Le film ne se tournera jamais dans du mièvre et exploitera des thèmes qui ne laisseront personne indifférent : la paternité, la famille, la solitude, la mort, l’amour, l’amitié, la perte d’un être cher, le destin, et surtout, le rêve. Le plus beau cadeau qu’un père puisse faire à son fils : réaliser son rêve.
Gawin se retiendra surtout par sa musique tout bonnement saisissante. Jamais je n’ai été autant pris au cœur par une musique française de ce calibre. Des morceaux de piano émouvants, de l’harmonica, violon, de la batterie et même une musique finale comportant un chœur. Du jamais entendu. Ca émeut à en pleurer. Voici, pour vous, un extrait de cette musique, justement, le meilleur.

Pour conclure

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Il vous sera malheureusement très dur de trouver ce film chez un disquaire ou en magasin. Seule solution : certains particuliers vendant la VHS du film. Mais, possédez-vous encore un magnétoscope ? Vous savez ce gros appareil électronique où l’on y mettait de grosses cassettes bien volumineuses et permettant d’enregistrer des programmes dessus ? Avec ce film on retrouve cette humanité, toutes ces valeurs que les parents devraient inculquer à leurs enfants. Les plans, les effets spéciaux, les musiques vibrantes sont réussies, tout comme le travail du jeu d’acteurs, des dialogues et des répliques, poignantes. On frôle le chef d’œuvre. La photographie, la réalisation, la gestion de la lumière, de la caméra « surtout au début où l’on a cette sensation de plonger dans l’histoire » mais particulièrement l’originalité de cette histoire font que ce film est une merveille rare pour un film français. Gawin se regarde avec tendresse et se savoure jusqu’à la fin de cette magnifique histoire. Merci sincèrement pour votre travail très cher Arnaud Sélignac.

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