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Batman, The killing joke: Plongez dans la psyché du plus grand des psychopathes

killing joke afficheL’histoire

 

Le Joker a encore réussi à s’échappé de l’Asile d’Arkham. Relancé dans sa course au crime, il cherchera cette fois à attendre personnellement Batman, son Némésis, son frère ennemi en s’attaquant à deux êtres chers : le commissaire Gordon et sa fille Barbara. Un orage est sur le point d’éclater et aura de très lourdes conséquences pour nos protagonistes…

 

Fiche technique

 

Réalisé par Sam Liu

Genre : Animation, Action, Policier

Film Américain

Durée : 1h16 environ

 

Casting vocal

 

Avec les voix d’Emmanuel Jacomy dans le rôle de Bruce Wayne/Batman

Marc Saez dans le rôle du Joker

Vincent Grass dans le rôle du commissaire Gordon

Jacques Ciron dans le rôle d’Alfred Pennyworth

Véronique Picciotto dans le rôle de Barbara Gordon/Batgirl

 

 

L’un fait peur, l’autre terrifie

 

Le Joker et Batman, c’est une bataille sans fin qui dure depuis des années. Killing Joke est un récit qui plongera le spectateur dans cette dualité complexe entre un héros et un super vilain. Deux personnages fous ? Batman n’a pas vraiment le même degré de folie que son Némésis, c’est plutôt un homme qui n’arrive pas à faire le deuil de la mort de ses parents et lutte contre le crime pour se racheter, se racheter par ce sentiment d’impuissance qu’il a gardé depuis que ces parents se sont faits assassinés devant ses yeux. Il a donc développé une obsession : arrêter le crime. Si on le compare à la folie du Joker, c’est bien le clown qui est le plus givré. Le Joker tue parce que ça l’amuse, tout simplement. Nous irons donc un peu plus en profondeur dans la tête de ses deux personnages.

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Le début de Killing Joke est en quelque sorte une grosse introduction de 30 minutes où l’on se centrera sur Barbara Gordon alias Batgirl. Batgirl assiste Batman depuis presque 3 ans. Pourquoi décidera-t-elle de raccrocher son costume ? En ressortira beaucoup de profondeur sur le plan psychologique. De son attirance vis-à-vis de Batman à ses pulsions lorsqu’elle fera face à un criminel de la pire espèce, ce personnage au destin tragique aura droit à un joli traitement.

C’est une chose de protéger une ville entière, c’est plus difficile de protéger une seule personne, surtout quand cette dernière a touché votre cœur. La psychologie de Batman sera elle aussi très travaillée. Comment arrive-t-il à ne pas plonger dans les abimes ? Comment tient-il depuis tout ce temps ? Malgré son obstination à ne jamais laisser paraitre une seule émotion, on sent que notre héros a peur pour Barbara, c’est pour cette raison qu’il est souvent à la tenir à l’écart lors de certaines missions.

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Coté animation, on retrouve à la fois le nouveau et l’ancien design de l’animé de 1993 (oui, Killing Joke datant de 1988, il faut un minimum de respect à l’œuvre original même si coté couleurs, ce ne sera pas la même chose) mais pour le reste, c’est plus moderne. Des véhicules (la Batmobile est plus moderne que dans le comics)  et certains éléments du décor créés en image de synthèse ce qui donne un relief du plus bel effet lors de courses poursuites en voiture.

L’ambiance est adulte que ce soit les dialogues complexes accompagnés parfois de vulgarités, ou bien encore sa dose de violence assez sanglante. N’oublions pas non plus que Killing Joke est l’un des comics de l’univers de Batman le plus dérangeant tant sur le plan physique que psychologique. On est très loin des dessins animés Batman pour enfants comme récemment, Batman Unlimited : Monstrueuse pagaille (2 films à éviter pour les grands fans de Batou).  A réserver à un public averti.

 

Les origines d’un psychopathe

 

En remontant aux origines du Joker, jusque là simple comique tentant de percer dans le métier afin de subvenir au besoin de sa femme enceinte, Killing Joke fait de l’ennemi emblématique de Batman, un personnage plus humain que ce que l’on avait pu voir de lui. A la fois déjanté, psychopathe, cruel, sadique, il sera dur de le dire mais « censé » dans ces propos lorsqu’il s’agit de dire vérité qui blesse. Lorsque l’on pousse quelqu’un à bout, il peut sombrer dans la folie.  On pourrait tous finir comme ce personnage. On ne nait pas psychopathe, on le devient. Et ça marche aussi du coté des super héros. Killing joke explore donc les origines du psychopathe :

  • Comment il est devenu Red Hood ? Red Hood qui n’est pas vraiment une personne mais un objet représenté par un grand casque rouge qui a été porté par bons nombres de personnes naïves engagées par des criminels, dont le Joker, avant qu’ils ne deviennent ce clown sadique. Par ailleurs les forces de police n’ont jamais su qu’il y avait eu plusieurs Red Hood.
  • Comment est-il devenu le Joker ? De ce coté là, difficile, vu la folie du personnage, à savoir si son histoire est réelle ou inventée de toute pièce par le clown.

 

La nuit du changement ?

 

A ceux qui ont lu la version comics avant de regarder la version animée, à ceux qui seraient du coup déstabilisés par ses 30premières minutes inédites et originales, le but est d’explorer le personnage de Batgirl qui n’était visible que dans une vingtaine de vignettes dans la version papier. Killing Joke a dans sa version comics une histoire très courte. 46pages à retranscrire dans un film d’1h15. En version animée, ça ne n’aurait pas dépassé les 30minutes.

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Il fallait donc rajouter des scènes supplémentaires. Passé les 30 premières minutes, nous plongeons dans tout autre chose. Et c’est justement sur ce point là que pour certains, ce film pourrait décevoir. En décidant de rajouter cette introduction, l’histoire inédite casse la vraie narration et efface quelque peu l’importance du Joker. Killing Joke est SON histoire pas l’histoire de Batgirl. Batgirl qui contrairement au comics, sera représentée plus jeune. Notre histoire, c’est l’histoire la plus hard tout Batman confondu (bon allé, le coup de Bane qui brise le dos de la chauve souris dans la série Knightfall n’était pas mieux). Killing Joke se penche plus sur le coté psychologique qui choc que sur la violence visuelle. Les évènements qui se dérouleront dans ce film auront un impact sur la suite des aventures de l’homme chauve souris.

 

Et la version française dans tout ça ?

 

Coté doublage français, jolie surprise et pourtant, on partait très mal. En effet, depuis que l’on a interverti les doubleurs de Superman et Batman, les fans sont déroutés. Quand on entend parler Batman on croirait entendre Superman et inversement. Pour Killing Joke, Adrien Antoine (qui double maintenant Superman dans les films et animés Dc) laisse place à un nouveau doubleur. Le nouveau doubleur, Emmanuel Jacomy (doubleur de Pierce Brosnan et Forrest Withaker), a décidé de prendre une voix plus grave, plus roque, résultat, ça passe beaucoup mieux. Le problème passe plutôt du coté des autres doubleurs. Toutes les voix que l’on connaissait depuis les années 90 ont changées. Au revoir Pierre Hatet(double aussi Doc Brown dans Retour vers le futur), doubleur du Joker depuis 1992 , Jean claude sachot, doubleur du Commissaire James Gordon depuis 1992 lui aussi, et bonjour aux remplaçants Marc Saez (Joker) et Vincent Grass (Gordon).

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Aucun respect envers les doubleurs originaux, c’est navrant. Heureusement que Jacques Ciron, doubleur d’Alfred Pennyworth est encore là, ça évite le carnage total. Dernière apparition pour le doubleur maintenant âgé de 88 ans ? Quelle tristesse pour cette voix si parfaite. Pour ceux qui sont plus version originale, la surprise est toujours là puisque Mark Hamill revient une fois de plus en doublant magistralement le Joker, Kevin Conroy continue son bonhomme de chemin en redoublant Batman et Tara Strong retrouve sa Batgirl. Préférez donc plutôt la version originale ?

 

Au final, Batman Killing Joke est à voir pour ceux qui n’ont pas lu le comics et à redécouvrir pour ceux qui voudraient rallonger le plaisir en découvrant une histoire inédite sur le duo Batman/Batgirl. Pour le reste, ça correspond à 90% au comics, que ce soit coté dialogues ou coté scènes. Cet animé a des qualités et des défauts. Animation de qualité, intrigue d’une grande richesse, musiques dans le ton du film, suffisamment d’action nerveuse pour plaire aux amateurs d’échanges musclés entre Batman et les criminels, un petit coté plus mature que les autres œuvres mais  là où ça fâche, c’est du coté du doublage français un peu décevant, la bêtise de ne pas faire de transitions lors des flashbacks et aussi d’avoir choisis de ne pas utiliser le noir et le blanc (avec sa pointe de rouge pour le sang et le masque de Red Hood ce qui donnait un petit coté Sin city)  lors de ses séquences remontant aux origines du Joker. Cependant, ce Killing Joke qui est différent de tout ce qu’on a pu voir est plus qu’appréciable de par son originalité. Restera sa fin, brillante, originale qui devrait en choquer plus d’un.

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Classé dans :Action, Animation, Dc Comics, Policier

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