Sausage Party: La vie privée des aliments

sausage-party-afficheL’histoire

 

Dans le supermarché Shopwell’s, tous les aliments attendent avec impatience le jour où ils seront enfin choisis par les dieux (les humains) et partir pour le grand au delà, surtout Frank, la saucisse de Francfort qui désire rejoindre sa promise, Brenda, un pain brioché. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que leur destin est bien plus funeste.  En effet, un pot de moutarde au miel qu’un consommateur a ramené au supermarché a découvert la terrible vérité sur ce qui se cache derrière les portes de la supérette et tente d’ouvrir les yeux à tous ses congénères. Avant de mourir, il recommande à Frank d’aller parler à Eau de vie, une bouteille alcoolisée qui sait ce qu’il se passe. Alors que Frank se lance dans cette quête, lui et ses amis sont poursuivis par Douche, une poire à lavement vaginale bien remontée.

Fiche technique

 

Réalisé par Conrad Vernon et Greg Tiernan

Genre : Comédie, animation

Film Américain

Durée : 1h30 environ

ATTENTION, Film Interdit aux moins de 18 ans

 

Casting

 

Avec les voix originales de Seth Rogen : Frank, la saucisse

Kristen Wiif : Brenda, le pain brioché

Michael Cerra : la petite saucisse déformée

Nick Kroll : Douche, la poire à lavement vaginale

Edward Norton : Sammy Bagel Jr, le Bagel juif

David Krumholtz : Kareem Abdul Lavash, le tortilla arabe

Salma Hayek : Teresa Del Taco, le taco

Les films d’animation que pour les adultes continuent leur petit bonhomme de chemin. Après Anomalisa, Renaissance, Mary et Max, et bien d’autres, c’est au tour de l’acteur Seth Rogen de s’attaquer au scénario d’un animé pas comme les autres. Après que le film Toy story vous est donné des scrupules de vous être débarrassé de vos jouets, Sausage party va vous donner envie d’arrêter de vous goinfrer. Trash et vulgaire, les adeptes de la série South Park peuvent-ils trouver leur compte ?

Le film qu’on digère mal ?

 

Sausage party écope d’un sacré buzz avant et après sortie. La manif pour tous dénonce le caractère pornographique, quitte à un peu se ridiculiser au passage bien que le geste soit louable (personne n’a demandé aux parents d’emmener leur enfant voir ce film). Quant au site Info chrétienne, eux aussi en colère, ils ne comprennent pas que dans cet animé, il n’est nullement question de remettre en cause l’existence de dieu puisqu’on parle ici du « dieu des aliments ». Beaucoup de bruit pour rien ? Oui et non. Personne n’a vraiment raison, personne n’a vraiment tord mais je saisis ce qu’ils voulaient vraiment dénoncer. Du fuck, du shit, du fucking shit, du fuck you, du asshole, du bitch. Grossièreté gratuite ou syndrome de Gilles de La Tourette ? Vous pensiez que les scénaristes s’en arrêteraient à là ? Venant de la part d’un mec qui a écrit les scénarios d’horreurs cinématographiques comme Nos pires voisins 2 ou Supergrave, il ne fallait pas s’attendre à avoir autre chose que de l’humour sous la ceinture.

 

Humour aussi puant et consternant que cet homme qui est pourtant capable de jouer dans un registre plus sérieux et sain (le biopic sur Steve Jobs, le film 50/50). Ca fait encore plus mal quand on sait que Conrad Vernon et Greg Tiernan, sont les réalisateurs entre autre des Madagascar, Shrek et Le chat potté. Après sa bande annonce, je pensais que le film se tournerait vers quelque chose d’horrifique avec des scènes hilarantes où nos aliments passeraient un sale quart d’heure pendant une bonne partie du film pour au final se rebeller contre les humains et les torturer.  Ce type de séquences, il y en a moins de 5 (mais c’est réussi, drôle, et ça se rapproche du manga Shingeki no kyojin, L’attaque des titans). C’est trop mince. Déception.

 

Dans Sausage party, il y a de tout niveau dialogues: ils éjaculent droit dans nos yeux, j’ai hâte de me vautrer en toi la saucisse à l’air (c’est vrai, jeu de mots amusant de la paire d’une saucisse de hot dog). Oui, en moins de 30minutes, les discussions vont très vite se limiter. Et pour le reste, on ne fait pas mieux. Dialogues obscènes, consommation de drogues (parce que c’est normal et c’est cool), insultes, sous entendu (c’était prévisible), détail de la vie intime de nos protagonistes (des aliments oui, mais qu’est ce qu’on en a à faire sérieusement ?), scènes frisant la pornographie (une pseudo scène de viol où la poire à lavement qui sirote un jus de fruit au niveau de l’entre jambe, le taco féminin qui cherche à fourrer son doigt dans le derrière du pain brioché féminin, les gros plan sur les parties génitales des femmes camouflées par leur pantalon moulant). Clairement, c’est pornographique et politiquement incorrect dans le mauvais sens du terme. Même en prenant le sujet du film hors contexte, je le trouve aussi affligeant.  Après on va dire que ce film est incroyablement intelligent. L’intelligence serait-elle morte ?

Toy Story version alimentaire et trash

Si on prend pour exemple la série South Park, oui c’est politiquement incorrect MAIS, c’est pour mieux dénoncer la bêtise de notre monde et de ses dirigeants (même si je vous l’accorde, les scénaristes vont trop loin). Sausage party n’a rien d’intelligent coté dialogues et histoire. C’est plat, c’est limité, sans aucun sens (encore le délire de : voir des personnages imaginaires fumer un pétard, c’est drôle) et ce même du coté du message de tolérance (le bagel juif qui devient pote avec le tortilla arabe) et de la critique du fondamentalisme religieux (en gros il ne faut pas croire ce qu’on vous dit, le paradis, ça n’existe pas). Une nouvelle critique de la religion…encore ?!

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Que dire du final qui va à fond dans l’hédonisme sans aucune retenue (orgie tout simplement écœurante et stupide mais que beaucoup on trouvé GENIALE !) ? Je ne pensais pas qu’on pourrait aller encore plus loin dans la stupidité. Le film est interdit aux moins de 12 ans, pourtant, à cet âge, on est encore loin d’être un adulte, d’avoir l’œil adulte. De plus, si on regarde l’apparence de l’animation, ça s’apparente aux animés destinés aux enfants. Ca peut prêter à confusion.  Le film ressemblerait presque à du Toy Story en trash. L’idée de base, faire parler les aliments (les bouteilles, les sachets, les boites de gâteaux et de céréales, etc.) et leur donner la vie, beaucoup attendaient ça depuis des années. Mais si c’est pour au final avoir de pales caricature de l’humain ses travers et sa perversité, autant laisser se projet de coté en attendant de trouver mieux. Les adolescents ont-ils besoin qu’on leur présente le sexe sans amour, les partouzes, les insultes, la drogue, comme une normalité ? Pour le coup, j’appuie les propos et le raisonnement juste du site info chrétienne.

 

Oui le doublage original est bien foutu, les acteurs se sont bien lâché, les personnages sont diversifiés, nombreux mais leur mentalité est similaire (sex and sex and sexa gain) et clairement, on ne s’y attache pas (je suis allé jusqu’à souhaiter qu’ils se fassent tous becter). Pour l’histoire « d’amour » entre Frank la saucisse et Brenda le pain brioché, difficile de s’y attacher. Ils ne s’aiment que parce qu’ils sont impatient de copuler. Que c’est romantique. Comment en conclure après ça que le romantisme est bel et bien mort lui aussi ? Quelques ingéniosités de ci de là viennent apporter un chouia de positivité, les humains passent au second plan comme pour Toy Story (oui, je prends encore cet exemple), le fait d’avoir créer une communauté pour chaque aliment est bien trouvé (mais prévisible aussi : on ne mélange pas les gâteaux sucrés avec les gâteaux salés !), il se passe toujours quelque chose en arrière plan, certaines musiques sont sympa, quelques perles coté personnages ( le chewing gum en fauteuil roulant qui est un clin d’œil à Stephen Hawking, ). Est-ce suffisant pour autant ?

 

Au final, je m’attendais à quelque chose de trash, je m’attendais à quelque chose de vulgaire mais je m’attendais également à avoir un thème bien exploité. Il y avait matière à faire quelque chose d’aussi recherché qu’un Toy Story. Hors, ce n’est pas le cas. Ici, malgré 2, 3 scènes et répliques, malgré des références cinématographique bien fichues (le clin d’œil à la scène de débarquement dans Il faut sauver le soldat Ryan), c’est du trash pour du trash, du grossier pour du grossier, de l’obscène pour de l’obscène sans réelles raisons (vous pensez vraiment que les aliments, s’ils avaient une conscience, penseraient 24h/24 au sexe ?). Scénario décevant, trop de vannes salaces même pas drôles, trop de vulgarité, trop de séquences inutiles, le film se rattrape juste du coté de son animation absolument renversante et détaillée,  ses premiers plans et arrières plans qui nous en mettent plein les yeux. Trop peu pour adhérer. Plus indigeste, tu meurs.

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