Les films offrent bien plus que du simple divertissement.

Trainspotting 2: Trouves-toi une autre came

En 1996, un petit film Britannique débarquait discrètement sur nos écrans et allait pourtant marquer une génération. Portant le nom de Trainspotting, ce film, adapté du roman du même nom, suivait le parcours d’un groupe de petites frappes Ecossaises héroïnomanes. Succès critique et public, une suite fut très vite demandée. Vingt et un ans plus tard et après avoir jugé que son scénario ne marcherait pas s’il avait été sorti dix ans plus tôt, Danny Boyle et toute l’équipe de Trainspotting sont de retour. Les temps ont changés, nos héros ont changés, mais l’énergie, elle, est toujours là, avec un petit peu de nouveautés…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Danny Boyle

Genre : Drame, Comédie

Film Britannique

Durée : 2heures environ

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

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L’histoire

 

Vingt et un ans après s’être enfuit d’Edimbourg pour Amsterdam avec les 16 000 £ qu’il devait partager avec ses amis, Mark Renton, après avoir eu un bouleversement dans sa vie, revient dans sa ville natale, le seul endroit qu’il considère comme son foyer. Il sait qu’il ne sera pas gracieusement accueillit par ses amis qu’il a trahit mais qu’importe, il est revenu pour les rembourser et leur venir en aide. En parallèle, Begbee réussit à s’évader de prison et compte bien se venger…

 

 

Les personnages

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Mark Renton (interprété par Ewan McGregor) : Il quittait ses amis avec plus de 16 000 £ en poche pour vivre une nouvelle vie à Amsterdam. Vingt et un ans plus tard, Renton, assagi, en pleine repentance, très loin de ces années rebelle, a-t-il réussit à mieux s’en sortir à l’étranger ?

 

Spud (interprété par Ewen Bremner) : Il a une femme, il a un fils, doit subvenir à leurs besoins. A cause de son addiction pour la drogue, il a perdu à chaque fois ses boulots en cumulant les malchances et se retrouve de nouveau seul, à penser constamment à mettre fin à ses jours. Le retour de Renton dans sa vie pourrait-il l’aider à remonter la pente ?

 

Simon « Sick Boy » (interprété par Jonny Lee Miller) : Simon, il n’a pas vraiment changé et même s’il a prit de l’âge, il n’a pas évolué, toujours dénué de sens moral, toujours le nez dans la coke, il est comme coincé dans une boucle. Escroc dans l’âme, maintenant, il est maitre chanteur et se sert de sa petite amie prostituée pour piéger en flagrant délit d’adultère des hommes mariés. Il croit qu’il réussit alors qu’il galère.

 

Begbee (interprété par Robet Carlyle) : Toujours envahit par la colère et la haine, Begbee réussit à s’évader de prison et prépare lentement mais surement sa petite vengeance. Il retrouvera sa femme et son fils qui ne marche pas sur ces traces puisqu’il veut travailler dans l’hôtellerie. Mais Begbee ne l’entend pas de cette oreille.

 

Nikki (interprétée par Anjela Nedyalkova) : Jeune fille ambitieuse qui travaille avec la complicité de Simon dans une magouille de chantage à la sextape.

 

Rancœur, vengeance, haine, regrets, amitié, désir, autodestruction et héroïne…à petite dose

 

Trainspotting, film à la mode pour les jeunes des années 90, emblème de la culture Britannique fait son grand retour au cinéma. Une suite qui se présente comme bien d’autres à la manière d’un « que sont-ils devenus ? ». Alors que certains nostalgiques qui ont adulé pendant toute leur jeunesse le premier opus et vont sans l’ombre d’un doute se précipiter dans les salles pour découvrir le second, d’autres vont-ils tenter  l’aventure ?

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Danny Boyle et toute son équipe sont de retour et des les premières minutes, le réalisateur n’a rien perdu de son génie créatif. Entre incrustation de clin d’œil et références habiles à Trainspotting 1, Boyle, qui nous offre de nouveau un montage dynamique bordé de tonnes d’idées ingénieuses, de jeux de lumières et de couleurs, ainsi que d’une bande son superbe, compte bien ne pas calquer son homologue. Exit le quotidien désespéré de junkies irresponsables, se foutant de tout, de leur corps, des substances qu’ils se sont administrés et du temps qui passe, place aux ravages du temps, des regrets et cette irrésistible envie de revivre ces grands moments de jeunesse.

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Autant vous le dire tout de suite, si vous comptiez revoir dans ce deuxième film dans l’idée de retrouver le même style de séquences cultes que dans le premier, vous risquez d’être un poil déçu. Tout d’abord parce qu’il est impossible d’égaler le premier, ensuite que les mentalités ont changées, et que nos héros sont devenus des adultes. Comme pour Trainspotting 1, on misera d’avantage sur la psychologie de nos personnages principaux plutôt que sur les séquences nous les montrant en train de se défoncer.  Que les fans de la première heure soient rassurés, le film ne perd pas son identité restant dans l’ambiance et ton du premier. Il a beau adopter un léger changement de ton, il garde son énergie (tout du moins dans la première partie) et son ambiance/humour trash.

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Autre élément positif, des répliques et scènes cultes, il y en a encore à foison. Je pourrais prendre comme exemple cette scène de course poursuite hilarante entre Renton et Begbee dans les rues et un parking d’Edimbourg.  De tous les personnages du film, c’est l’impulsif Begbee qui impressionne le plus et fait rire le plus. Robert Carlyle est juste déchainé en ancien détenu aux crises incontrôlables de violence. Quant à Ewan McGregor, il nous avait fait réfléchir avec son monologue dans l’introduction de Trainspotting 1, il remet le couvert avec le 2 en faisant un constat cinglant sur notre époque (la téléréalité, le fait d’exposer sa vie  sur les réseaux sociaux,  la précarité, la superficialité de notre monde, etc.). C’est toujours un plaisir de jongler entre la vie de nos quatre protagonistes.

 

« J’ai 46 ans et je suis foutu, qu’est ce que je vais pouvoir faire avec ces trente prochaines années ? »

 

La suite qui jouait la carte de la nostalgie

 

C’est un vrai plaisir nostalgique de retrouver des personnages aussi cultes MAIS, soyons objectif, tout n’est pas réussi dans cette suite. Scénaristiquement par exemple, on aurait aimé une analyse plus profonde de la vie de ces anciens drogués. Sur ce point, un seul personnage sera mieux travaillé : Spud. Spud qui n’est malheureusement pas assez présent dans cette suite mettant plus en avant le duo composé par Ewan McGregor et John Lee Miller. Duo qui fonctionne encore à merveille (la scène du karaoké est magique). Qu’importe, pour le peu qu’on le verra, Spud, en plein introspection de sa vie passée et présente, livrera son lot d’émotion.

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Émotion, drame, sérieux, c’est ce qui ressortira le plus de Trainspotting 2. Dans cette suite se déroulant vingt et ans plus tard, Boyle compte bien confronter ses protagonistes à la frustration et la nostalgie. Nos héros ne sont plus jeunes, ont perdu de leur fougue, sont devenus des sortes de caricatures d’eux-mêmes. Cette suite parle de la tristesse de leur situation mais aussi de la déception de leurs proches (les parents de Renton, la femme et le fils de Spud, ..).

 

« Choisir la vie. Choisir Facebook, Twitter, Instagram et espérer que quelqu’un, quelque part s’en soucie. Choisir de regarder les vieilles flammes, en souhaitant avoir fait tout autrement. Et choisir de regarder l’histoire se répéter. Choisir son avenir. Choisir la télé réalité, le « slut shaming », le »revengeporn ». Choisir un contrat de zéro heure et un voyage de deux heures pour le travail. Et choisir la même chose pour vos enfants, en pire, et étouffer la douleur avec une dose inconnue d’une drogue inconnue faite dans la cuisine de quelqu’un. Et puis … prendre une profonde respiration. Vous êtes un toxicomane, soyez donc accro. Juste être accro à autre chose. Choisir ceux que vous aimez. Choisir votre avenir. Choisir la vie ».

 

Au final, Trainspotting 2 c’est du pur plaisir pour nostalgiques. Réalisation relevant toujours autant du génie, photographie sublime, des plans mémorables, bande originale explosive, certaines séquences parodiques, doublage français de retour, Robert Carlyle effrayant et magistral, jeu d’acteurs excellent mais un peu ramollit, moins de sexe, moins de drogue, moins traumatisant, moins furieux, plus sérieux et sage que le premier opus, cette suite est clairement destinée aux quarantenaires en pleine crise ou aux fans de Trainspotting 1. A éviter si vous ne l’avez pas vu.

 

 

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Classé dans :Comédie, Drame, Films cultes et sagas à voir

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