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Robocop 2: Chérie, je crois que je commence à rouiller

Après le succès du premier opus, ce n’était qu’une question de temps avant que Robocop fasse son retour au cinéma. Tout simplement intitulé Robocop 2, cette suite reprendra quelques temps après la fin du premier opus. Paul Verhoeven, bien trop occupé à s’attaquer à un certain Total Recall, cède sa place à Irvin Kershner, réalisateur du meilleur épisode de la saga Star Wars : L’empire contre attaque. Voyons voir ce que ça vaut…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Irvin Kershner

Genre : Science fiction, Action

Film Américain

Durée : 1h56 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

robocop 2 poster

L’histoire

 

Alors que la police se met en grève, Nuke, une nouvelle drogue contrôlée par une secte meurtrière circule dans les rues de Détroit provoque une vague de violence sans précédent. Seul Robocop peut améliorer la situation. Pendant ce temps, l’OCP planche sur la création d’un Robocop 2, plus puissant que le premier modèle.

 

 

 

Casting

 

Peter Weller : Robocop/Alex Murphy

Tom Noonan : Cain

Dan O’Herlihy : le vieil homme, patron de l’OCP

Belinda Bauer : Dr Juliette Faxx

Gabriel Damon : Hob

Galyn Görg : Angie

Nancy Allen : Officier Anne Lewis

Robert DoQui : Sergent Warren Reed

 

Il est de retour, avec une toute nouvelle carrosserie

 

Nancy Allen mise en retrait, Peter Weller plus vraiment dans le coup (sachant qu’il ne voulait pas reprendre son rôle) et sa vf qui n’aide pas, le thème musical absent, la bande originale et l’ambiance mous du genou (pas étonnant, Basil Poledouris n’officie plus en tant que compositeur), le changement de doubleurs pour la vf (le comble puisque seule Marie-Christine Darah doubleuse de Lewis est de retour), Robocop souillé (cf la scène où il est reprogrammé par l’OCP et devient une sorte de moralisateur a l’humour de clown), et pour couronner le tout de l’incohérence. On peut citer cette scène où Robocop est attiré par un aimant alors qu’il fait en titane…vous voyez la bourde ? Et le patron de l’OCP qui bascule d’un coup de baguette magique du mauvais coté, changeant sa façon de gérer les affaires ? Revoyez l’échange entre ce personnage et Dick Jones dans Robocop 1 et vous verrez.  C’est flagrant dès les premières minutes, ce Robocop 2 a de sérieux problèmes d’écritures. La faute à une production chaotique dès le début.

robocop

Tim Hunter, le réalisateur de départ, qui quitte le projet suite à des différents artistiques avec les producteurs. Ces derniers qui contacteront Nils Gaup, réalisateur du film Grand Nord avec Christophe Lambert qui finira lui aussi par refuser. C’est Irvin Kirshner qui sera finalement choisit à la dernière minute. Autre point défendant cette suite : Orion Picture, en faillite malgré le succès de Terminator, devait se dépêcher de produire au plus vite des suites à Robocop. Pour ce qui est des soucis de scénario, n’oublions pas que le studio a mit des bâtons dans les roues aux scénaristes Frank Miller (oui, le célèbre auteur de comics) et Walon Green. Scénario jugé trop complexe et couteux, il sera remanié encore et encore.  Résultat : non seulement ça cabotine dur pendant 2heures, abandonnant en cours de route certaines intrigues secondaires intéressantes et importantes (la femme de Murphy au courant de la véritable identité de Robocop), mais en plus on est à des années lumières de ce que nous proposait la vision futuriste et visionnaire de Verhoeven.

 

Quand Kershner voulait se détacher du style de Verhoeven mais qu’il ne pouvait pas

 

Kershner nous pond  du « sous » Verhoeven. Le style graphique est similaire (avec de l’animatronique !!!), les thèmes sont similaires, mais quel cruel manque de profondeur dans tout ça ! La puissance dramatique vous pouvez l’oublié, tout comme cette dualité opposant l’homme à la machine. Robocop 2 c’est de l’action pure, du film science fiction policier. Le Robocop que vous aimiez est de retour. Héroïque, démarche toujours aussi discrète, méthodes expéditives, fine gâchette (le mec ne s’embête même pas à tourner la tête pour tirer sur les criminels venant de toute part), humour sarcastique, tout ce qui faisait le charme du personnage mi-humain mi-robot, on le retrouve. Tout du moins, lors de la première demie heure.

robocop 2 pict

« Vous êtes en état d’arrestation, vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourrait être retenu contre vous par les autorités judiciaires…Il est mort Murphy ! Vous avez le droit d’appeler…Tu comprends pas que c’est un cadavre que tu tiens par la chemise ?! J’ai…quelques… problèmes… »

 Pour la suite, c’est pas du joli joli, ça vire à la blague de mauvais gout, bien que ça reste drôle, et qu’il était forcément obligatoire de passer par là. Notre Robocop a perdu sa superbe, tout simplement parce qu’on a décidé de supprimer son enjeu personnel (sa quête de retrouver sa famille). Adieu l’homme torturé piégé dans un robot, bonjour le rôle caricatural de la machine n’obéissant qu’aux ordres qu’on a programmé en lui.

robocop 2 debut

Murphy n’est plus ? Pas sur lorsque l’on voit cette scène insoutenable où notre héros est désossé puis jeté comme un tas d’ordures devant le commissariat de police. Il reste encore une légère part d’humanité dans cette carcasse. Seulement, celle-ci a acceptée sa destinée. Cette suite est loin d’être un ratage total. Bien qu’elles ne soient pas aussi classes que ce que nous offrait Verhoeven, les scènes d’action sont jouissives (cf Robocop poursuivant Cain en Harley Davidson), le design du Robocop nouvelle génération est kitsch mais excellent, on continue de nous offrir du spot tv satirique hilarant (la pub sur la crème solaire), des essais ratés de nouveaux robots, et du méchant très méchant.

robocop 2 robot

Surprise, du méchant plutôt improbable pour ce second opus. Parce que oui, parmi les antagonistes du long métrage comptant les dirigeants de l’OCP et Cain, gourou sous Nuke interprété par Tom Noonan (qui affrontera Schwarzy en tant que L’éventreur dans Last action hero), on retrouve Hob, un gosse pas plus haut que trois pommes au visage d’ange et pourtant, un sacré piti morveux capable de maitriser des flics et reprendre à son compte tout un cartel de drogue. Et après on nous dira que les enfants c’est l’avenir. Pitié, pas cet avenir là ! Oui, dans Robocop 2, les enfants sont d’une cruauté assez choquante. Ça change.

robocop 2 lewis

Voila le problème avec cette suite : elle ne sait pas sur quel pied danser. D’un coté Kershner veut garder l’ambiance et le style visuel de Verhoeven, de l’autre, il veut s’en détacher en tentant d’apporter sa touche perso. Résultat, des risques sont pris mais ça foire. Méli-mélo scénaristique, rythme en dent de scie, anciens personnages sous exploités au profil de nouveaux personnages mieux gérés, mais c’est bien sur le développement des personnages et cette multitude d’intrigues secondaires que ça pèche, sonnant aussi creux que la carcasse gris bleutée de notre robot. D’ailleurs pourquoi ce nouveau look ? Mystère mais le gris sale manque. Une fois encore, ne rejetons pas la faute sur Kershner mais plutôt sur la production lui ayant imposé elle aussi des directives prioritaires. Voyez les similitudes entre le réalisateur et Robocop. Et si l’OCP existait vraiment et que Kershner était le tout premier prototype de robot réalisateur ?

« Patience Lewis. Après tout, nous ne sommes que des humains ».

Au final, Robocop 2 a beau respecter son prédécesseur en prolongeant ses thématiques, honorant son ambiance et son style graphique, il ne lui arrive pas à la cheville, faute au nombre incalculable d’erreurs scénaristiques et ce piège de la suite toujours plus grande, toujours plus forte mais proche de la parodie. Néanmoins, malgré ses défauts c’est une suite plutôt correcte, une continuité fun de notre histoire comportant toujours son lot violence gore et trash, de bonnes scènes d’action,  d’humour, d’inquiétudes vis-à-vis des multinationales, et du caractère tragique de la nouvelle vie de Murphy. Le plus comique restera de se rendre compte que la série télé, les téléfilms « Directives prioritaires » et le dessin animé étaient mieux travaillés que ce Robocop et cette plaisanterie qu’a été Robocop 3. Celui là, on en parlera très prochainement.

 

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Classé dans :Action, Films cultes et sagas à voir, Science Fiction

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