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Robocop 3: Ça y est, il a rouillé

Le justicier tout d’acier vêtu est de retour, jurant toujours de protéger les innocents. Exit Paul Verhoeven et Irvin Kershner, c’est au tour de Fred Dekker, d’officier en tant que réalisateur. Abandonnant le style graphique des ces prédécesseurs, tourné rapidement en 1991 suite aux problèmes financiers des studios Orion Pictures, puis sorti trois après Robocop 2, le visionnage de ce dernier Robocop promet d’être cette fois-ci éprouvant. Revenons dessus…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Fred Dekker

Genre : Science fiction, Action

Film Américain

Durée : 1h44 environ

 

robocop 3 affiche

L’histoire

 

L’OCP, rachetée par une firme Japonaise n’a pas abandonnée son projet de construire Delta City. Ni une ni deux,  à l’aide des réhabs, nouvelle équipe d’intervention plus expéditive que la police, elle expulse tous les habitants du vieux Détroit. Seulement certains habitants ne comptent pas se laisser faire et organisent un groupe de résistants bien décidé à rester chez eux en s’opposant à cette équipe. Face à cette résistance, l’OCP ordonne au professeur  Lazarus de reprogrammer Robocop, pour aider les réhabs.

 

 

Casting

 

Robert John Burke : Robocop/Alex Murphy

Nancy Allen : Officier Anne Lewis

Rip Torn : Le nouveau président de l’OCP

John Castle : Paul McDagett

Jill Hennessy : Le professeur Mary Lazarus

CCH Punder : Bertha

Robert DoQui : Sergent Warren Reed

Mako : Kanemitsu

Remy Ryan : Nikko

 

La trilogie Robocop se conclut en monstruosité

 

On pensait que Frank Miller, scénariste de Robocop 2, avait retenu la leçon suite au charcutage de son scénario, mais non. Il est de retour, tentant de replacer tant bien que mal ces idées rejetées par la production dans le film précédent. Rebelote, charpie totale, c’est la goutte d’eau, Miller fait ses bagages et quitte Hollywood (avant de revenir en 2005 avec Sin City). Rien qu’avec ces infos, on sait déjà dans quoi on va s’embarquer.

debut robocop

Les 35 premières minutes étaient bien parties et on pensait que ce troisième épisode nous réconcilierait avec la franchise après la déception qu’avait été Robocop 2. Hélas le changement de réalisateur, les réajustements scénaristique, la disparition d’un personnage majeur de la franchise, et l’abandon de l’univers ultra violent des deux premiers opus auront raison de ce troisième Robocop. On l’a bien compris, le but est visiblement d’adresser ce film aux enfants et aux adultes « impressionnables ? ».  Pure bêtise de réduire à néant tout ce qui faisait justement le charme d’un Robocop.  Le pitch de départ (l’OCP cherchant à exterminer les habitants du vieux Détroit au lieu de les reloger) fait déjà grincer des dents, attendez de voir ce que la suite vous réserve, et sortez les mouchoirs.

« Foutre les braves gens à la porte de leur maison, ça n’est pas le boulot d’un flic ! »

Robocop se rebiffe

 

Fred Dekker suit visiblement de nouvelles directives si on compare sa vision de Robocop à celle de Verhoeven et Kershner. Ce qui faisait la force des deux premiers opus n’est plus. Dans ce Robocop troisième du nom, tout est plus propre, plus clair, rustique et un peu vieillot. Plus d’univers sombre et crasseux, plus de critique de la société à base de pubs satiriques, plus d’humour noir, plus cette violence gore et trash, bref, Robocop 3 vire au film familial ne sachant pas s’il doit se pencher plus vers l’humour ou la noirceur.

surprise robocop

Tout vire au cartoon, le manque de budget est visible, Peter Weller manque cruellement, et on ne compte même plus le nombre d’horreurs/incohérences scénaristiques montrées dans ce chapitre final :

  • Cette « ces ?!! » espèce de Terminator Japonais armé d’un Katana affichant une tranche à mourir de rire lorsqu’il se mange une barre de fer dans la mâchoire,
  • la petite de 10 ans qui te pirate tranquillement à l’aide de son ordinateur de chez Playskool le ED-209 et Robocop,
  • les citoyens de Détroit virés de chez eux au lieu d’être simplement relogés,
  • Robocop résistant aux explosions de voitures, aux flammes et aux roquettes mais tombant en rade à cause d’une petite grenade qui a cognée dans sa poitrine?!

robocop 3 symbolique

Pas facile de retenir des points positifs dans ce Robocop 3. Et pourtant, voyez plutôt:

  • Basil Poledouris, compositeur de la bande originale de Robocop 1 et absent du 2, reprend du service pour cet épisode 3 marquant l’émouvant retour du thème musical d’origine,
  • L’actrice Jill Hennessy, interprète du professeur Mary Lazarus apporte ce petit vent de fraicheur dont le film avait grandement besoin suite à la perte tragique d’un de ces personnages principaux en début de film,
  • Un meilleur travail sur l’écriture de Robocop/Murphy et de sa psychologie comme l’évolution de ses sentiments (ses prises de décisions et ses actes faisant de lui un bon flic, sa loyauté, sa bienveillance, sa soif de justice, etc),
  • Robert John Burke (doublé en français par MONSIEUR Richard Darbois) remplaçant/faux sosie de Peter Weller peine à prendre le relais mais s’en sort plutôt bien (par contre, faut arrêter d’imiter Grumpy cat),
  • La rébellion des flics de Détroit,
  • Un très joli plan symbolique « discret » (cf : la scène de l’église),
  • Robocop devenant une sorte de père de substitution de la petite Nikko (moi ça m’a touché parce qu’on n’oublie pas que Murphy était un père de famille),
  • Une assez bonne mise en scène faisant son job bien que certaines scènes d’action incluant presque toujours Robocop, soient molles, ratées voir ridicules (la mythique scène de l’upgrade de Robocop avec ce fameux jet-pack présent uniquement pour amuser les gosses et leur donner envie d’acheter la figurine, ou bien encore cette course poursuite où Robocop est au volant d’une décapotable…ROSE ?!!!!!!).
robocop 3

Petite photo de famille avant de se dire adieu.

Au final, cette suite a beau être rythmée, réparer l’erreur de Robocop 2 qui avait supprimé l’enjeu personnel de Robocop, l’abandon de l’univers crasseux et sombre des deux premiers Robocop suffit à réduire ce film au rang de nanar. Malgré quelques belles tentatives d’apporter plus de profondeur émotionnelle, cette conclusion a échouée. Robocop qui vole, Robocop affrontant un robot-ninja, voila à quoi se résume brièvement ce chapitre Robocop 3. Il faut le voir pour le croire. C’est là qu’on se demande ce qu’ont snifé les scénaristes.  Ha mais non, voila la vérité : ce troisième film préparait le terrain pour la série télévisée qui, faute d’audience, sera annulée avant même de terminer sa première saison.  La faute à pas de chance. C’est triste.

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Classé dans :Action, Films cultes et sagas à voir, Science Fiction

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