La petite sirène: Il était une fois, une sirène atteinte de cleptomanie aigue

36ème long métrage  et 28ème grand classique d’animation des studios Disney, inspiré du conte du même nom de Hans Christian Andersen et réalisé par Ron Clements et John Musker, La petite sirène marqua la renaissance, le second âge d’or des studios qui avaient essuyé un semi échec avec Oliver et Compagnie. Succès commercial, succès critique en remportant en prime deux oscars pour la meilleure chanson « sous l’océan » ainsi que la meilleure musique de film, cette œuvre nous emmène dans les fonds sous marins, à la rencontre d’une jeune sirène fascinée par le monde des hommes, et qui tombera éperdument amoureuse de l’un d’eux…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Ron Clements et John Musker

Genre : Animation, Aventure, Comédie musicale

Film Américain

Durée : 1h19 environ

 

petite sirene affiche

L’histoire

 

Sous les océans, dans le royaume d’Atlantica vit Ariel, une jeune et jolie sirène fascinée par le monde des humains, passant le plus clair de son temps à collectionner les objets qu’elle trouve dans les épaves de navires qu’elle explore avec son meilleur ami Polochon. Contre l’avis de son père le roi Triton, Ariel gagne une nuit la surface où elle tombe amoureuse d’Eric, jeune prince qu’elle sauve de la noyade après que le navire du jeune homme fit naufrage. Pour lui déclarer sa flamme, elle conclue un pacte avec la sorcière Ursula qui, en échange de sa voix mélodieuse, lui offre une potion lui donnant des jambes. Mais il y a une condition à ce pacte : si Ariel veut garder pour toujours son apparence humaine, elle devra se faire aimer par le prince et l’embrasser avant le couché du soleil du troisième jour. Si elle n’y parvient pas, elle redeviendra sirène et sera l’esclave d’Ursula pour l’éternité.

 

Les personnages

 

La petite sirène compte de nombreux personnages principaux et secondaires. Il y en aura pour tous les gouts. Des personnages drôles, des personnages touchants, des personnages effrayants, ils ont un point commun, ils sont tous charismatiques.

ariel polochon

Ariel : Jeune sirène aux cheveux rouge, cadette des sept filles du roi Triton, souverain du royaume d’Atlantica. Lassée de sa vie routinière sous l’océan (sous l’océannn !), elle veut s’épanouir en tant qu’adulte, rêve de découvrir la vie humaine mais se heurte à l’incompréhension de son père lui interdisant de s’approcher de ce monde qu’il juge menaçant. En attendant de trouver le courage de se lancer et de désobéir à son père, elle explore avec Polochon les épaves de navires, collectionnant des objets humains qu’elle entrepose dans une cachette. Une petite cleptomane je vous dis ! Plus sérieusement, Ariel elle est souriante, charmante, attachante, craquante, tendre, joyeuse, déterminée, naïve, c’est une âme pure. Ariel doit renoncer à tellement de choses pour rejoindre l’homme qu’elle aime qu’elle nous déchire le cœur. Les créateurs de se personnage se sont inspirés de la sirène du film Splash jouée par Daryl Hannah et de l’actrice Alyssa Milano. Les cheveux roux, ça fonctionnait visiblement mieux que des cheveux blonds tout simplement que ça allait avec les autres couleurs complémentaires : la queue verte, les yeux bleu, le rouge à lèvres rouge, le soutien gorge mauve. Puis les cheveux rouge, ça donne au personnage un coté énergique.

eric

Eric : Jeune et beau prince rêvant de rencontrer le grand amour. En attendant de le trouver, Eric navigue les océans, toujours accompagné de son chien Max, et aussi de Grimsby, son valet, son confident, son ami, voir son père de substitution ne supportant plus le célibat de son maitre. Eric est un jeune homme courageux, modeste, intelligent et gentil. Ce personnage est le tout premier prince de l’univers Disney à ne pas avoir un rôle effacé et bénéficier d’expressions faciales moins minimalistes que ces prédécesseurs (les princes de Cendrillon et Blanche neige, si vous me lisez…).

roi triton

Le roi Triton : Homme sirène, gros barbé musclé couronné  aux longs cheveux et la barbe blanche, roi du royaume d’Atlantica, armé d’un trident lui conférant des pouvoirs magiques. Aimé et respecté par ses sujets c’est aussi un père autoritaire. Sur ces sept filles, une le défie constamment, Ariel, désireuse de connaitre la vie humaine. Le roi confie à Sebastien, son conseiller et musicologue, la mission de suivre sa fille et l’empêcher de gagner la surface. Mission presque impossible : Ariel est déterminée.

polochon

Polochon : Poisson tropical de couleur jaune et aux nageoires bleues. Polochon, c’est un petit poisson grassouillet, adorable, maladroit, peureux, débordant de joie. C’est aussi le meilleur ami d’Ariel qu’il suit partout, toujours présent pour lui prêter main forte et la défendre lorsque celle-ci est confrontée à son père.

sebastien

Sebastien : Petit crabe rouge à l’accent Créole, conseiller du roi Triton, chef d’orchestre et compositeur à ses heures perdues. Parce qu’Ariel a manquée le concert dans lequel elle partageait l’affiche avec ses six sœurs, le roi, furieux, impose à Sebastien un nouveau rôle. A son grand désespoir, il devient officiellement le chaperon, la nounou de la jeune sirène. Comme si ça ne suffisait pas, le crabe découvrira que cette dernière est en contact avec le monde des humains. Sebastien c’est Jiminy Cricket version crustacé. La voix de la raison, un compagnon de route aussi sympathique que drôle. Si vous ne me croyez pas, revoyez la scène de sa rencontre avec un cuisinier. Le summum de la drôlerie.

ursula

Ursula : L’antagoniste de notre histoire, une méchante bien méchante ne poursuivant qu’un seul but : prendre le pouvoir. Ursula est une sorcière des mers malfaisante ayant été bannie d’Atlantica par le roi Triton. Elle vit dans le squelette d’un Léviathan, entourée de ses deux murènes Flotsam et Jetsam. Pour  se venger du roi Triton en le détrônant et en s’emparant de son trident, elle s’en prend à Ariel qu’elle espionne de sa tanière. En apprenant que cette dernière est tombée amoureuse d’un humain, elle voit une occasion en or d’obtenir sa revanche. Elle propose à la sirène un contrat : lui offrir des jambes pour lui permettre de conquérir le cœur de celui qu’elle aime.  Mais il y a une condition : Ariel a trois jours pour se faire embrasser par celui qu’elle aime sans quoi, elle fera partie de la collection de polypes d’Ursula (les polypes sont d’anciens hommes et femmes sirènes ayant demandés à la sorcière de réaliser leurs plus grands désirs).  Conquérir le cœur d’un homme qui c’est éprit de vous après que vous lui ayez sauvé la vie, rien de plus facile? Pas quand on vous prive de votre voix mélodieuse exigée comme paiement par une sorcière fourbe. Ariel devra trouver un moyen d’exprimer autrement son amour à Eric et lui révéler qu’elle est la femme mystérieuse qui lui a sauvé la vie.

max chien

Max : Le chien d’Eric. Max fait parti de la race des bobtails. Un chien affectueux (peut être un peu trop) aux longs poils gris et blancs cachant ses yeux. Max possède un flaire infaillible. Incapable de masquer ses sentiments, il sait de qui il doit se méfier. Quand il vous apprécie c’est léchouilles et compagnie.

flotsam jetsam

Flotsam et Jetsam : Deux murènes officiant en tant que sbires/hommes de main de la sorcière Ursula, considérant ses derniers comme ses enfants. Inquiétants, malins, Flotsam et Jetsam sont totalement dévoués à leur maitresse, exécutant ses ordres. C’est eux qui auront l’idée d’appâter Ariel dans le repère d’Ursula.

eureka

Euréka : Goéland maladroit et frapadingue dont Ariel s’est prise d’affection tout ça parce qu’elle est persuadé que c’est un expert dans tout ce qui touche le monde des humains (je ne suis pas sur qu’une fourchette serve à se ratisser la tignasse). C’est grâce à Euréka qu’Ariel découvrira le monde de la surface et fera la connaissance d’Eric.

 

Les origines de la petite sirène : naissance du projet, parallèle entre le personnage et l’écrivain du conte original

 

Après avoir réalisé Oliver et Compagnie, Ron Clements, cherchait une nouvelle idée de film. C’est lui qui aura l’idée d’adapter le célèbre conte de Hans Christian Andersen. Une fois de plus, il sera secondé  par son acolyte et compère de toujours: John Musker. Les deux compères continueront à collaborer avec Aladdin, Hercule, La planète au trésor ou bien encore La princesse et la grenouille. Ce qui m’a le plus frappé en apprenant la conception de ce film, c’est que l’histoire originale, la vie d’Ariel, notre héroïne, reflétait la propre vie et les propres expériences de Christian Hans Andersen. J’ai appris aussi que le chant servait de parallèle entre Hans Christian Andersen et la petite sirène. Quand Andersen était enfant, il avait une très belle voix, est entré dans une école de chant, devenant même plus tard un acteur. Puis, trois ans plus tard, on le congédiera. Trop grand, trop maigre et, le pire de tout, sa voix changeait à mesure où il grandissait (c’est là qu’on comprend l’idée du personnage d’Ursula qui vole la voix mélodieuse d’Ariel).

Le thème sur l’amour est aussi un parallèle entre la vie d’Andersen et Ariel. Dans sa vie, l’écrivain a vécut deux expériences amoureuses mais toutes deux furent malheureuses.  Il était intelligent, il avait fait de nombreuses années d’études, et pourtant, à Copenhague, la ville où il vivait, on le méprisait parce qu’il était écrivain à plein temps. Visiblement, on n’appréciait pas le fait que cet homme exprime ses sentiments, son amour à travers ses contes. Vous voyez encore le rapprochement entre sa vie et celle d’Ariel ? Elle ne peut dire au prince ce qu’elle ressent, elle doit exprimer son amour autrement que par la voix. Quelle tristesse d’apprendre que l’écrivain n’aura jamais vraiment connu le véritable amour et a dû vivre dans la solitude. Pour ce qui est de la version de la petite sirène contée par Andersen et la version Disney, les deux divergent, tout comme la fin, totalement éloignée de la version originale. Et heureusement. Quand on lit la manière dont se conclut notre histoire, difficile d’imaginer une seule seconde un Disney se terminer de cette manière. Il en sera de même pour d’autres éléments bien trop sombres, déprimants, voir carrément choquants (Ariel souffrant à cause de ses jambes, Urusula lui coupant la langue au lieu de se servir de la magie pour capturer sa voix).

petite sirene screen 1

Maintenant qu’on a bien déprimé avec cette histoire, on va essayer de remettre un peu de gaieté dans tout ça. Il est temps de parler de notre film et soyez assuré que de la joie, il y en aura. On est chez Disney !

 

Un chef d’œuvre aquatique signé Disney

 

La petite sirène vous devez tous connaitre, c’est un grand classique de chez Disney que toutes les petites filles adorent au point de posséder des tonnes d’objets à l’effigie du film. C’est bien ça le hic rebutant : ça a beau être pour beaucoup un chef d’œuvre, ces histoires de princesse amoureuse d’un prince, ça sent le film girly à plein nez. Pas si girly que ça. En effet, au même titre que Cendrillon, Raiponce ou bien encore Blanche Neige et les sept nains, La petite sirène propose aux allergiques de princesses, quelques éléments « alternatifs » pouvant les faire adhérer à cette histoire.

debut petite sirene

Un travail incroyable sur l’animation des personnages (expressions, regards, gestuelle réalistes, mouvement des cheveux dansants au contact de l’eau) et la richesse des dessins, une découverte de ce monde sous marin poétique détaillé, des chansons entrainantes comme la festive « sous l’océan » ou bien « partir là bas », et de l’humour irrésistible. Comme si ça ne suffisait pas pour satisfaire les hommes qui en ont ras la casquette des mamours et scènes de roucoulage, La petite sirène prend un tournant intéressant lors des quinze dernières minutes. Au revoir le film pour petites filles, bonjour le film sombre, adulte, réaliste où ce n’est pas toujours rose dans le monde de Disney. Si vous êtes fan de monstres sous marin et d’ambiance un tantinet morbide, vous serez enchanté.

polyte petite sirene

Rien que le visuel des polytes suffit à choquer. Ca m’a fait le même effet qu’en découvrant le royaume d’Hadès dans Hercule.  Les polytes, ces petits êtres piégés dans la vase, ressemblant à des vers desséchés  agonisants, se tortillant de souffrance. Terrifiant, surtout pour des enfants âgés de moins de 7 ans.

petite sirene partir la bas
« Si l’homme marche, si l’homme court, S’il peut sur terre rêver au grand jour Comme j’aimerais si je pouvais partir là-bas ».

Puis Disney, ba c’est Disney. On connait les studios, on sait que là où il y a du désespoir, il y a de l’espoir, de la magie, des personnages et des décors colorés, ET des chansons. La marque de fabrique des studios. C’est ce qu’il ressort de plus beau dans ce dessin animé et dans beaucoup d’autres d’ailleurs. A travers ses chansons encourageantes et entrainantes (plein de jeux de mots amusants pour la chanson Sous l’océan), à travers ses dialogues, La petite sirène regorge de messages inspirants dont on ne peut rester de marbre.  Quels sont ses messages ? Quels sont les thèmes abordés ? Voyez plutôt :

  • L’amour : le coup de foudre, suivre son cœur, ce à quoi on doit renoncer au nom de l’amour,
  • La liberté (thème souvent évoqué chez Disney),
  • L’autonomie,
  • L’importance des amis,
  • Le sacrifice, (point le plus important, le plus émouvant et le plus tragique de ce film),
  • Ne pas faire confiance à n’importe qui et ce, si on cherche coute que coute à parvenir à ses fins,
  • Relation au père : il ne faut pas contrôler ses enfants et les surprotéger,
  • Découvrir le monde et comprendre comment il fonctionne.

petite sirene ariel eric

Autre atout charme de La petite sirène : cette histoire d’amour interdit à la Roméo et Juliette. Une sirène et un humain c’est impossible ? Pas chez Disney. Seulement, pour que cette histoire soit crédible, il faudra faire passer les deux personnages par des difficultés.  Dois-je mentionner que le chanteur Henri Salvador sublime le personnage de Sébastien en s’occupant du doublage de ce personnage? Pour ma part, La petite sirène est une histoire intemporelle et fascinante. Je comprends maintenant pourquoi on a immortalisé une statue à l’effigie du personnage dans le port de Copenhague, devenant le symbole de la ville.

« Les jeunes. Ils croient tout savoir. Vous leur donnez une écaille, ils vous dévorent la nageoire ».

Au final, sous ses airs de film girly, La petite sirène cache un long métrage bien plus complexe qu’il n’y parait avec des thématiques et sujets profonds touchant n’importe quelle personne, qu’elle soit homme, garçon, fille, femme. Un chef d’œuvre sous estimé par certains jugeant cette œuvre pour ce quelle prétend incarner aux premiers abords: un simple film de princesse. Si je devais chercher la petite bête, je dirais que ce film manque de peps et de scènes fortes. Qu’importe, c’est beau, c’est fun, c’est rigolo, c’est mignon tout plein, c’est romanesque, c’est effrayant, c’est captivant, c’est touchant, c’est magique, c’est féérique. C’est Disney quoi.

 

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