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Get Out : le film qui va vous faire détester le thé

Le thriller horrifique mettant au centre de son intrigue un discours politique et social vibrant et juste, sans oublier de nous effrayer, est enfin arrivé, et il est au cinéma depuis quelques semaines. Tout premier long métrage du réalisateur et humoriste  Jordan Peele, Get out teste la paranoïa de son protagoniste, ainsi que de son spectateur. Bienvenue sur l’autoroute de la peur…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Jordan Peele

Genre : Thriller, Epouvante, Horreur

Film Américain

Durée : 1h44 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

get out affiche

L’histoire

 

Chris et Rose filent le parfait amour depuis quatre mois. Lorsque le moment est venu de rencontrer la belle famille, Chris n’est pas rassuré à l’idée de passer tout un week end chez eux. Et pour cause, Rose a omit de dire à ses parents que son petit ami était noir. Comment vont-ils réagir en le voyant ? Le jeune homme est loin d’imaginer ce qui l’attend…

 

 

Casting

 

Daniel Kaluuya : Chris Washington

Allison Williams : Rose Armitage

Catherine Keener : Missy Armitage

Bradley Whitford : Dean Armitage

Caleb Landry Jones: Jeremy Armitage

Betty Gabriel: Georgina

Marcus Henderson: Walter

Lil Rel Howery: Rod Williams

 

Devines qui ne devrait PAS venir diner?

 

Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare, The visit ou plus récemment, Split, la société de production Blumhouse enchaine les succès. Fondée par Jason Blum, cette entreprise s’est spécialisée dans les films fantastiques et d’horreurs à budget plus que modeste afin de les transformer en or massif. Repensons au tout premier Paranormal Activity et son budget de seulement 13 500 dollars qui en amassa plus de 100millions au box office américain. Pensons aussi à American Nightmare qui osait compter une histoire pour le moins choquante : Aux Etats Unis, le crime devenait légal pendant douze heures chaque année. Ces films ayant peu de moyens, compensaient par leur mise en scène. Leur but premier étant de faire ressentir chez le spectateur, une angoisse perpétuelle. Et ça a marché. Cette année, Blumhouse sort un nouveau film d’horreur : Get Out. Ce film, vous en avez entendu parler partout, devenu un phénomène avant même qu’il ne sorte en France.  Budget de seulement 4,5millions de dollars récoltant plus de172 millions à sa sortie sur le sol Américain.  Un nouveau triomphe pour Jason Blum prouvant qu’avec un petit budget, on peut tout aussi bien obtenir un succès fou que dans le monde des blockbusters.

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Get Out, c’est un film au pitch et à l’ambiance plutôt floue. Ca mêle le thriller à l’horreur, tout en plongeant son spectateur dans les nouvelles questions que l’on se pose sur le racisme. Après Django Unchained, Le majordome ou bien encore 12 years of slave, je dois vous avouer que la thématique du racisme, je n’en peux plus. Non pas parce qu’il y en a eu trop et qu’on a bien compris la gravité de la chose mais plutôt que ces films sont pour ma part, insoutenables à regarder. 12 years of slave aura été l’œuvre qui m’aura le plus chamboulé, me donnant presque honte d’être blanc. Trop de violence, trop de haine, trop d’injustices, trop de bêtise humaine montrant à quel point l’être humain est primaire et limité intellectuellement. Il m’aura fallut attendre plus d’un mois avant d’aller voir Get Out au cinéma, pour la simple et bonne raison qu’il était une nouvelle fois question de racisme. Les très bons retours critiques auront attisé ma curiosité et finalement, après avoir vu ce film, le résultat m’a montré qu’on est à des années lumières de ce que nous proposaient les films cités précédemment, bien que mes dents aient beaucoup grincées pendant la projection.

 

Le noir est à la mode

 

Ce qu’il faut savoir c’est que depuis l’élection de Barack Obama en 2008, les crimes racistes contres les minorités aux États Unis ont pris de l’ampleur. Les policiers à la gâchette facile, le néonazisme ou White Power, être noir, c’est un combat permanent, une lutte infernale pour survivre. Et depuis l’élection de Trump, ce n’est guère mieux. Par ailleurs, en France, Get Out sortait à point nommé, quelques jours avant le second tour des élections présidentielles entre Emmanuel Macron et Marine Lepen. Ah, le hasard (si tenté qu’il existe) fait tellement bien les choses. Sans pousser un cri de rage, sans critiquer subjectivement, sans répondre à ses bourreaux par le mal en sortant une sorte de film « vengeance », Get Out ne fait qu’établir un constat de ce que veut vraiment dire être noir aux Etats Unis en 2017.

get out promo

Ce film, tout comme d’autres films horrifiques avant lui, a un message social à faire passer et bien que son thème majeur soit le racisme, il abordera aussi d’autres sujets tout aussi consternants : les abus chez les gens riches ne prenant en compte que leur bien être personnel, la relation Noirs/Blancs dans l’Amérique d’aujourd’hui, la négrophilie (fascination malsaine pour les noirs, leur culture, leur corps, leur cheveux), sont des exemples parmi d’autres. Get Out, c’est un peu la version alternative d’un « Devines qui vient diner ? » qui aurait dégénéré, plongeant le spectateur dans un pur film horrifique. Mais quels éléments ont fait que ce film est tant cartonné outre atlantique ? Pourquoi a-t-il obtenu ce statut de phénomène ? Hormis sa thématique, il doit forcément il y avoir d’autres choses ?

Phase 1 : séance d’hypnotisme

Phase 2 : Préparation mentale

Phase 3 : ???

N’ayez crainte : vous avez été choisi

 

Du psychologique, du jump scare usé d’une bonne manière, jeux de notes stridentes de piano, accentuation des regards et sourires forcés, musiques oppressantes et angoissantes, atmosphère faite d’étrangetés et de mystères, silences de mort, Get Out joue sur tous les terrains. C’est du coté mise en scène que cette œuvre a gagnée mon cœur. Mise en scène réalisée de sorte à ce qu’elle soit immersive, créant des moments dérangeants (Chris vu par une vieille femme comme une sorte d’animal de compagnie, ce qui nous ramène des années en arrière, en pleine traites négrières)  voir  carrément à vous filer les chocottes. Pas besoin de vous inonder de scènes violentes et sanglantes avec des antagonistes grossiers. Pour ainsi dire, les dialogues de nos antagonistes seraient presque…élégants. Du jamais vu dans le cinéma d’horreur. Jordan Peele, il connait ses classiques et on remarque qu’il adore les films d’Alfred Hitchcock. En atteste sa référence à « Fenêtre sur cour ».

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Peele, il aime aussi l’ambiance de ces films, notamment les musiques entendues au moment où un personnage « effrayant » nous apparait. Quant aux peu de jump scare semés de ci-de là, on pourrait penser qu’ils sont prévisibles. La différence c’est que grâce à la manière dont ils filmés, ça créer la surprise, ça fait sursauter. Pourtant, c’est un cinéphile devenu insensible à toutes formes de terreurs à force de voir un nombre incalculable d’anciens et de récents films d’horreur, qui vous parle. En fait, Get Out, c’est un thriller horrifique tout ce qui a de plus classique mais c’est grâce à sa mise en scène et son jeu des perspectives, qu’il fait toute la différence.

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Arriver à nous terrifier, tout en utilisant de façon brillante, sans jamais casser le rythme ou l’aura du film, une petite touche d’humour noir hilarant presque parodique, Get Out réussi l’exploit de réinventer le cinéma d’horreur, tout comme les deux premiers Conjuring l’avaient fait avant lui. La différence, c’est que là encore, ces films ne jouent pas dans la même cour. Conjuring adoptant un ton dramatique. Mention à la séquence d’hypnose digne du générique de la Quatrième dimension (TINTIN TIIIIINNNN).  Je vous assure qu’au cinéma, ça fait un effet monstrueusement immersif. A figurer parmi les meilleures scènes de films cultes du genre.

 

Quand le doute cède place au malaise puis à la peur

 

Il est vrai que Get Out est souvent prévisible, absurde tout en arrivant on ne sait comment à rester crédible et fascinant (impensable et pourtant véridique), il est vrai qu’on se demande comment Chris, un jeune homme intelligent suspectant dès le début quelque chose en rencontrant les parents un peu trop à l’aise et bienveillants de sa petite amie, n’arrive pas à prendre la décision de fuir cette maison de campagne…éloignée de tout. Comme s’il attendait d’être vraiment en péril pour décamper. Toutes les rencontres qu’il fait, font que le danger est flagrant. Chris est traité comme un roi. Rien que le passage de la Garden Party « annuelle » suffit à lui tout seul pour nous prouver que tôt ou tard, le jeune homme passera un sale quart d’heure. Les invités « hypocrites » veulent à tout prix le voir, lui parler, le toucher, comme s’il était un objet rare. Situation inconfortable, sensation d’exagération, il sent que quelque chose se trame, mais il fait avec. Incompréhension totale.

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Ou alors le but est de tester la paranoïa de notre héros méfiant. Vu toutes ses années de racisme, il y a de quoi l’être. Vision réaliste de notre société qui, pour une partie, prétend ne pas être raciste. Néanmoins, bien que la sensation d’avoir affaire à un personnage aussi stupide que les décisions prises par certains personnages d’autres films du genre horrifique (Alien Convenant si tu m’écoutes), Get out évite le piège du protagoniste agissant en dépit du bon sens. Ouf. Autre point intéressant : notre héros n’est pas caricatural, à l’exception de son meilleur ami, un jeune homme obèse, rigolo et vaguement trouillard (l’un des meilleurs personnages de ce film). On le voit venir à des kilomètres que Chris est musicien. Manque de bol, c’est un photographe. Ça tombe bien, puisque cette œuvre est sur le regard.

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La mère psychiatre/hypnotiseuse qu’on relit d’emblée aux domestiques noirs (comme par hasard) un peu trop dociles, le père chirurgien/neurologue, le fils roux (étudiant en médecine), les domestiques « zombies » un peu trop souriants, que de faux semblants, que d’hypocrisie cachant quelque chose de sombre. Tout le monde est chtarbé à l’exception de Chris, de Rose, et du frère de Rose (monsieur est un bagarreur). T’attends quoi pour te tirer Chris ?! Comme notre protagoniste, on en vient à se dire la même chose « c’est quoi cette blague ? ». Mais la curiosité nous taraude l’esprit, on veut savoir ce qu’il se passe vraiment, ce qui attend notre héros. Ce qui est sûr, c’est que vous ne serez pas déçu du voyage. La découverte que fera notre héros dépassera tout ce que vous aviez pu imaginer. J’en ai encore des frissons.  Bravo à l’équipe du film et surtout bravo les acteurs pour un jeu si authentique.

 « Et puis y a ce truc aussi…je crois qu’il vaut mieux pas que je t’en parle. Quoi ?! On m’a hypnotisé. Tires-toi vite fait mon frère !!! »

Au final, sous ses airs de film de thriller d’épouvante classique utilisant les codes habituels, Get Out sonne un vent de renouveau grâce à sa mise en scène inédite et son jeu des perspectives. Intriguant, épatant, drôle, flippant, un indispensable.

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