Les films offrent bien plus que du simple divertissement.

Wonder Woman: Il était une fois, une super-héroïne porteuse d’espoir

Avec les résultats convaincants de Man of steel, Batman V Superman et Suicide Squad, les studios Warner sont sur les starting block. La réunion tant attendue de tous les super héros de l’univers Dc Comics dans une future Ligue des Justiciers approche à grand pas. Pour patienter, un quatrième film solo du DC Extended Universe sort sur nos écrans cette semaine, mettant en scène le tout premier long métrage consacré au personnage de Wonder Woman, interprété par l’actrice Gal Gadot.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Patty Jenkins

Genre : Action, Aventure, Fantastique

Film Américain

Durée : 2h20 environ

 

wonderwoman affiche

L’histoire

 

Avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, Diana, princesse des Amazones formée pour devenir une guerrière invincible, vivait sur une île paradisiaque reculée du monde extérieur. Quand Steve Trevor, pilote-espion de l’armée américaine se crashe sur les rivages et parle d’un conflit massif faisant rage dans le monde extérieur, Diana quitte son foyer et sa mère, convaincue qu’elle peut stopper la menace, persuadée qu’Arès, dieu de la guerre, se cache derrière tout ça. Plongée en pleine première guerre mondiale, combattant aux cotés de valeureux soldats,  Diana découvrira l’étendue de ses pouvoirs et son destin…

 

 

Casting

 

Gal Gadot : Diana/WonderWoman

Chris Pine : Le Capitaine Steve Trevor

Connie Nielsen : Hippolyta

Robin Wright : Antiope

Lucy Davis : Etta

David Thewlis: Arès

Danny Huston: General Ludendorff

Elena Anaya : Dr Maru alias le Dr Poison

Said Taghmaoui : Sameer

Ewen Bremner : Charlie

Eugene Brave Rock : Chief

 

Naissance d’une super héroïne

 

En 1941, les amateurs de comics découvraient Diana Prince alias Wonder Woman, super-héroïne dont les origines sont liées à la mythologie Grecque, venue d’une ile où vivent uniquement des guerrières (appelées Amazones) : Paradise Island plus connue sous le nom de Themyscira. Notre princesse Amazone créée du crayon de William Moulton Houston, elle est reconnaissable entre milles :

  • Armée de bracelets en or indestructibles à l’épreuve des balles, forgés à partir du bouclier de Zeus, d’une épée et d’un bouclier,
  • Un diadème ou une couronne (symbole de dignité, de puissance, et de haut rang),
  • Une jupe bleue, une ceinture, des bottes, un bustier rougeâtre orné d’un aigle couleur or (symbole des oiseaux, messagers des dieux),
  • Et pour finir, un lasso magique, extensible, incassable, et lui aussi en or. Se lasso nommé Lasso de « vérité » (ou lasso d’Hestia), fait dire la vérité à celui qui en est encerclé, tout en ayant par ailleurs le pouvoir de le faire obéir aux ordres donnés par la princesse.

wonderwoman evolution

Pour ceux ne trouvant pas la motivation à se lancer dans les comics, vous avez peut être eu la curiosité de voir l’héroïne à l’œuvre à travers la série The New adventures of WonderWoman sortie en 1975 (comptant 3 saisons). Lynda Carter prêtait ses traits à la princesse. Pour d’autres, l’héroïne a été vue dans les années 70 dans l’animé SuperFriends, un téléfilm en 74, la série animé La ligue des justiciers (de 2001 à 2005), des téléfilms animés, puis un film d’animation solo en 2009. En 2011, la chaine NBC met sur les rails un nouveau projet de série télé avec Adrianne Palicki (la fausse Kara dans la saison 3 de Smallville, Bobby dans Agents du shield). Malheureusement l’épisode pilote ne convaincra pas la chaine (c’est pas plus mal, c’était très moyen).

bvs wonder woman

C’est en 2016 que la super héroïne apparaitra pour la première fois sur grand écran, faisant son entrée dans l’univers Dc Comics. Dc ne fera pas les choses à moitié, la princesse Amazone entre d’une manière originale et épique (je ne vous oublie pas vous qui écoutez en boucle son thème musical signé Junkie XL) en prêtant main forte au chevalier noir et à l’homme d’acier dans le sous estimé Batman V Superman.

affiche wonderwoman

Cette année, elle a droit à son tout premier film solo, portant le titre sobre de WonderWoman. ENFIN une bonne raison pour les petites filles, les adolescentes et les jeunes femmes, d’aller voir un film de super héros, enfin un modèle pouvant les inspirer.

 

L’ambassadrice de la paix fait son entrée dans le monde des hommes

 

Edge of tomorrow, Hunger Games, Gravity, Mad Max fury road, depuis quelques années, la place de la femme a changée, marquant un tournant dans le monde du septième art. Dans l’univers des super héros, les héroïnes ont toujours été reléguées au second plan. La raison est simple : les super héros très virils ont été mis sur un pied d’estale depuis leur arrivée sur grand écran. Les spectateurs et spectatrices ont été habitués à ce monde d’hommes héroïques, jamais il n’aura été concevable de mettre une femme en première ligne. Quelques essais ont pourtant été faits en 2004 avec Catwoman, puis un an plus tard avec Elektra. Faute de scénario et de personnage travaillé, ces échecs cuisant enterreront définitivement l’idée de sortir un film de super héros au féminin. Nouvelle tentative cette année. WonderWoman sortant cette semaine, c’est une sortie évènement revêtant une certaine importance puisque, si succès il y avait, Wonder Woman pourrait diversifier un genre jusque là inchangé, faisant peut être naitre des blockbusters au féminin.

diana enfant wonderwoman

Mystérieuse, séduisante, prenant plaisir à se battre, Wonder Woman avait fait sensation dans Batman V Superman. Dans son film solo, il est question de nous conter ses origines remontant aux années 40. Tout commence sur l’ile où elle est née. Diana n’est qu’une enfant rêvant de devenir une guerrière, tout comme les autres femmes peuplant Themyscira. Les Origines des Amazones, la raison pour laquelle il n’y a que des femmes sur cette ile, tout vous sera raconté. Sur Themyscira, on remarque qu’hormis Diana, il n’y a pas d’autres enfants. La jeune fille est donc spéciale, surprotégée par sa mère, la reine Hipolyta, mais aussi maternée par ses tantes. Bien évidemment, à l’arrivée de Steve Trevor, il y aura confrontation entre Diana et sa mère voyant son enfant quitter pour la première fois la maison. Un moment très touchant. Par la suite, changement de décors.

londres wonder woman

Comme pour Captain América : First Avenger, le spectateur tombe en temps de guerre contre les Allemands. Comme ce dernier Wonder Woman jouera la carte du film de super héros à l’ancienne dans un contexte historique. La différence entre les deux personnages c’est que Wonder Woman ne basculera jamais dans la propagande de l’US Army ni ne mettra en évidence le drapeau américain, se refusant de plus à ne jamais afficher une ambiance kitsch voulue. En même temps, l’intrigue se passe en France. Ça saute aux yeux, certaines scènes semblent familières. Du point de vue de la forme, ces deux films sont similaires. Le fond lui est bien différent de tout ce que tout ce que  les films de super héros ont pu nous offrir jusqu’à présent. Cette d’ailleurs cette raison qui fait que Wonder Woman marque un tournant dans ce genre.

wonder woman diana steve

Ce qu’il ressort de Wonder Woman c’est qu’il évite les clichés et les propos moralistes. Rappelons que l’argument publicitaire dont ce film à fait l’objet bien avant sa sortie c’était le féminisme. Dans cette œuvre, les propos sont droits, justes, Patty Jenkins apporte des dialogues subtiles, prend plaisir à inverser les rôles, tout en n’oubliant pas d’omettre que dans les années 40, la société était faite d’hommes. La femme était vue comme inférieure, devant accepter et subir sa condition : celle de gardienne du foyer respectant son époux et lui faisant des enfants. Avec l’arrivée de Diana, on cherchera à mettre les femmes sur un pied d’égalité avec les hommes. C’est à partir de là qu’on comprend que derrière se déluge d’effets spéciaux, il a un message important à faire passer. On peut critiquer négativement le film, pas ce message.

 

Chacun mène son propre combat

 

Contrairement à ce qu’on avait pu voir d’elle, origines oblige, Diana apparait ici naïve. Elle n’a jamais quitté Themiscyra, ne connait pas le monde des hommes et leur mode de fonctionnement. Néanmoins, la super héroïne en devenir est déterminée, courageuse et loyale. Gal Gadot, athlétique, gracieuse, affichant un sourire authentique à vous donner envie de décrocher la lune pour elle, porte sans surprises le film sur ces épaules. Contrairement à d’autres protagonistes féminins venus d’autres blockbusters américains, son personnage respire la simplicité, la générosité, l’innocence, la bonté, la compassion et l’honnêteté. Des valeurs trop peu montrées au cinéma, à la télévision, mettant constamment en évidence les attributs de femmes « superficielles ». Pour Wonder Woman, changement de formule, jamais de plans exhibant des parties de la silhouette de Gadot, pas de petits rictus de « je me la pète »,  jamais de jeu de séduction entre elle et Chris Pine. Une œuvre définitivement féministe, prouvant que la femme n’existe pas que pour satisfaire les plaisirs de l’homme.

guerre wonder woman

Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours pour autant.  Les ravages, la brutalité, la violence, l’injustice, la détresse des hommes, des femmes et des enfants, les conséquences de la guerre sont montrées à Diana, confrontée pour la première fois à la dure réalité. Pas de corps en charpie pour autant, on n’est pas dans Il faut sauver le soldat Ryan. On n’oubliera pas d’exploiter l’ignorance de l’héroïne vis-à-vis du monde des hommes, montrer toute la difficulté qu’aura Diana en arrivant dans ce monde inconnu ambigu. Ainsi, arrivée à Londres, elle est en armure de combat. Pourquoi doit-elle se couvrir puisque c’est une guerrière ? Notre princesse Amazone ne comprend pas. C’est là qu’on peut utiliser à bon escient l’humour en l’exploitant d’une bonne manière, sans exagérations. Lorsqu’elle sera obligée de se déguiser en portant des vêtements féminins afin de se fondre dans la masse, elle se trouvera étriquée dans ses vêtements, se demandant comment elle pourra se battre avec un tel accoutrement. C’est là toute la subtilité de l’humour dont fait preuve notre film.

chris pine wonder woman

Aux cotés de la charmante Gal Gadot évolue Chris Pine (alias le Capitaine Kirk dans Star Trek) interprétant Steve Trevor, beau gosse, soldat exemplaire un rien dépassé par la situation face à une femme aux pouvoirs extraordinaires. Notre personnage ne sera jamais « écrasé » par notre héroïne. Au contraire, le tandem évolue sur un pied d’égalité. Ce personnage à tout d’une Lois Lane au féminin (moins damoiseau en détresse que cette dernière). Plus qu’un simple amant, ce dernier apprendra à Diana la vie au-delà de Themyscira. Contrairement à Diana, il est réaliste, il a suffisamment vécu pour comprendre comment tout fonctionne, il sait de quoi l’espèce humaine est capable.

wonder woman crash avion steve

Diana elle, débarque, persuadée que les humains sont purs et bons. Elle tombera des nues en découvrant la vérité. En parallèle, grâce à cet apprentissage, quelque chose de fort se créera entre nos deux protagonistes apprenant à se connaitre l’un l’autre. Jolie alchimie entre Gal Gadot et Chris Pine.  De jolies scènes drôles et plus intimes sont à prévoir. Relation attendrissante, ça marche, on y croit. Pine tient sa place de second, Gadot la première, tant et si bien que notre duo fonctionnerait presque comme ce qu’on retrouve dans un buddy movie.

photo groupe wonder woman

Joli développement des autres personnages les accompagnants (Sameer l’agent secret maitre en déguisements, Charlie le tireur d’élite alcoolique, et le Chef, un indien), formant un petit groupe attachant. N’oublions pas Lucy Davis, interprète d’Ettan la secrétaire excentrique et rondelette de Steve (beaucoup de gags qui,  bizarrement,  passent ). Pour les antagonistes, de belles surprises et rebondissements sont à prévoir et, nouveauté, pas question de vous offrir des méchants ridicules même si l’un d’eux porte le nom de Dr Poison.

 

« Prends garde à toi dans le monde des hommes Diana. C’est un monde qui ne te mérite pas. »

 

 

L’ère du renouvellement continue chez Dc Comics

 

Les photographies et scènes mémorables s’enchainent. L’univers Marvel, maintenant l’univers Dc, deux à trois films par ans, ça y est, on a largement fait le tour du sujet vous ne croyez pas? C’est là que la princesse Diana entre en scène, là où Wonder Woman crée la surprise. Il faut le voir pour le croire et bien que la version longue de Batman V Superman ait été une claque visuelle et narrative, Wonder Woman parvient à le surpasser émotionnellement. Jamais on n’avait vu une œuvre aussi forte. La précision des dialogues par exemple ou cette manière inédite de montrer le personnage à l’œuvre dans des séquences à couper le souffle. En vue de la bande annonce et de tous ses effets de ralentis montrés, on avait vraiment peur de l’indigestion du procédé.

wonder woman saut bouclier

Finalement, ses effets, que l’on peut d’ailleurs retrouver dans 300, Sucker Punch, ou Watchmen, n’entachent pas le plaisir que procurent leurs scènes. Au contraire. Bien dosés, ces effets sont surtout utilisés quand la réalisatrice veut nous montrer la précision, les gestes amples, musclés et herculéens de notre héroïne. Des décors paradisiaques d’une ile où vivent exclusivement des femmes, aux ruelles sombres et crasseuses de Londres, en passant par le front et les tranchées du nord de la France, Wonder Woman penche tantôt vers le clair et coloré, tantôt vers le sombre. Comme quoi, même coté esthétique, le film tente une nouvelle approche du genre, et il le fait bien, voir mieux que ce qu’on l’imaginait. Wonder Woman souffle un véritable vent de fraicheur.

gal gadot wonder woman

Zack Snyder nous l’avait dit : Batman V Superman sera le seul film du Dc Universe à être si sombre, complexe et sérieux. Et il avait raison. Humour, tendresse, drame, héroïsme, Wonder Woman trouve toujours le ton juste. Jamais trop de mièvrerie, jamais trop de sombre, jamais trop d’humour, jamais trop d’explosions et de fx, le juste milieu à tous les coups, l’équilibre parfait.

wonderwoman no mans land

Quand on parle de film dégageant une puissance émotionnelle, il faut que les musiques aient le même impact. Et c’est là qu’une deuxième surprise apparait. Rupert Gregson Williams a qui l’on doit dernièrement la bo du chef d’œuvre Tu ne tueras point, remet le couvert en nous pondant une bande originale digne de ce qu’avait pu nous offrir le grand Hans Zimmer dans Batman V Superman et Man of steel. D’ailleurs le thème propre à Wonder Woman signé Junkie XL fait son retour. Pour le reste, des titres variés, mêlant âme guerrière, épique, héroïsme et tragédie, la bande originale de Wonder Woman vous retourne le cœur au point de vous faire sortir quelques larmes d’émotion.  En parlant de larmes, me revient en tête cette séquence où Diana s’affiche pour la première fois en costume, traversant le terrifiant « no man’s land ». Des frissons. Il n’y a pas plus significatif de ce que représente Wonder Woman et sa destinée. Patty Jenkins a compris ce qu’à toujours été la mission d’un super héros. Bravo.

« Au nom de tout ce qui est bon dans ce monde, j’accomplis ainsi la mission des Amazones en débarrassant ce monde de toi, pour toujours ».

Au final, Wonder Woman, fidèle à sa version comics, fera la joie des petites comme des plus grandes, ainsi que les amateurs de super héros. A ceux qui pensaient que ce genre c’était essoufflé et qu’on en avait fait le tour depuis quelques années,  soyez prêt à être surpris. Sacrifice, humilité, bravoure, détermination, et résilience, Dc a comprit ce que signifiait être un héros et nous le prouve en un seul film.

 

 

 

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