Les films offrent bien plus que du simple divertissement.

Death Note, prit dans le filet d’Hollywood

Manga papier de 13 Tomes, animé de 37 épisodes, 3 films live Japonais, Death Note, chef d’œuvre du shonen écrit par Tsugumi Ōba, revient d’entre les morts. Netflix fait appelle au réalisateur Adam Wingard pour adapter en version américaine  l’histoire d’un lycéen tombant sur un livre surnaturel aux pouvoirs terrifiants. Nouveau carnage en vue ? En tout cas, les fans ont peur…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Adam Wingard

Genre : Thriller, Épouvante, Horreur, Fantastique

Film Américain

Durée : 1h40 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

death note netflix affiche

L’histoire

 

Light Turner, lycéen de Seattle tombe sur un jour sur un livre tombé du ciel intitulé Death Note. Se livre mystérieux confère à son propriétaire la possibilité de tuer n’importe qui, de la manière qu’il souhaite, à condition de connaitre le nom et prénom de la personne, et d’avoir déjà vu son visage. Avec l’aide de Mia, Light, bien décidé à se débarrasser des criminels et autres individus pervertis, finit par se faire appeler Kira, ne tardant pas à devenir une véritable vedette. Seulement, lorsque se dernier tue des membres des forces de l’ordre, il ne tarde plus à passer de justicier à meurtrier. Le gouvernement fait appelle à L, un détective masqué pour découvrir l’identité de Light et l’intercepter avant qu’il devienne incontrôlable.

 

 

Death Note à l’Hollywoodienne ?

 

Prenez les bases du manga original puis racontez l’histoire en changeant quelques points, transposez l’action de l’intrigue du Japon aux Etas Unis, optez pour une touche à 80% américaine en y intégrant le rituel typique des lycéens du pays (pom-pom girls, bal de promo, amourette et musiques cool de teenagers), remaniez le casting les personnages en commençant par les américaniser, modifiez certains noms originaux (Light Yagami  devient Light Turner, Misa Amane devient Mia Amane) et changez un poil voir carrément leur psychologie, et pour les 20% restant, faite en sorte que l’esthétisme ressemble légèrement à  un film Japonais (quitte à mettre au casting un Japonais comme Watari, le mentor de L), pour finir, n’oubliez surtout pas de combiner Thriller à horreur avec son lot de meurtres bien gore tous droits sortis d’une certaine franchise portant le nom de Destination Finale. Les ingrédients sont prêt, on met le tout au four, on ressort le plat chaud et on se lance dans le visionnage de Death Note de Netflix, si tenté que, si vous faites parti des puristes du manga, vous acceptiez que ce remake à l’américaine s’accorde à beaucoup de libertés.

debut death note netflix

A l’annonce d’un remake américain d’une œuvre Japonaise, les fans du cinéma du pays du soleil levant sont constamment en position d’attaque. Il n’y qu’à voir les adaptations de The Ring, Old Boy ou bien encore l’adaptation du manga Dragon Ball Z pour se rendre compte que les Américains ne sauront jamais capable de faire des adaptations réussies d’œuvres aussi cultes. Pourtant, récemment, Ghost In the shell avait été une bonne surprise, sans pour autant rivaliser d’un point de vue narratif à la version originale, l’esthétisme permettait au moins de voir qu’il correspondait à l’œuvre au millimètre près. Juillet 2016, les fans du manga Death Note apprennent  que la plateforme Netflix  a reprit le projet avorté par les studios Warner et Vertigo Entertainment pour sortir l’adaptation live du manga.

death note live film affiche

La version live Japonaise de Death Note. Bien meilleure que le remake Américain bien que l’animé de juste 37 épisodes d’une vingtaine de minutes reste LA valeur sûre.

En 2006, les Japonais avaient droit à un live s’accordant quelques modifications sur certains évènements du manga original : Death Note The last Name, premier opus d’une trilogie réalisée par Shūsuke Kaneko (Gamera). Cette fois, notre adaptation sera américaine, avec des acteurs américains. Pas de tournage au Japon, l’action de notre film se situera dans la ville de Seattle, avec quelques scènes censées se situer au Japon, histoire de faire plaisir aux fans de la première heure. A la vue du choix du casting, la peur s’installait. Natt Wolff (Nos étoiles contraires) interprèterait Light, notre héros, Margaret Qualley (la psychopathe effrayante de la pub Kenzo), Willem Dafoe dans la peau de Ryuk, le dieu de la mort, et Keith Stanfield (States of grace) dans le rôle de L. Hormis Willem Dafoe qu’on ne verra pas maquillé puisqu’il s’essayera de nouveau à la motion capture, Natt Wolff, Margaret Qualley et Keith Stanfield, c’est critiquable, surtout quand on voit le résultat final.

 

« Tu dis que ce n’est qu’un rêve. Et bien dans ce rêve, tu as le pouvoir de régler ce genre de problème. Il n’y a qu’à écrire le nom de Kenny, et attendre de voir ce qu’il se passe. »

 

Un film pas parfait mais qui ne méritait pas tant de bashing

 

light death note netflix

Natt Wolff par exemple, on ne sait pas sur quel pied danser. Light n’est plus ce beau gosse Japonais et étudiant brillant sûr de lui. Dans cette nouvelle version, c’est un lycéen américain marginal, souffre douleur du caïd du lycée dont la mère a été tuée par un malfrat. Oubliez l’étudiant en droit, surdoué, méticuleux, sombre et froid, voici le pur cliché du lycéen américain. Pour enfoncer le clou et vous donner envie de vous pendre, Light est un peureux poussant des cris de filles lorsqu’il sera face au danger ou lorsqu’il rencontrera pour la première fois Ryuk, et sa mission qui se compliquera à cause de ses sentiments pour Mia. Et oui, il y a toujours une histoire de fille là-dessous. Un point positif non remanié : le père de Light travaille toujours dans la police. Ouf.

mia death note netflix

Le personnage qui sans nul doute, est le plus remanié, c’est Missa ou plutôt Mia. Dans le manga, Missa était une jeune blondinette, mannequin populaire au look vestimentaire mixé gothique et punk tombant éperdument amoureuse de Light au point d’obéir naïvement à tous ses ordres. Dans version américaine, Mia est une pom-pom girl rebelle bien moins cruche que sa version Japonaise qui sera associée avec Light, prenant des décisions sur celui qui aura droit à avoir son nom dans le death note.  Attention, beaucoup de rebondissements sont à prévoir. Margaret Qualley fait le job, un peu plus impliquée et plus juste que Nat Wolf.

l death note netflix

Maintenant, attaquons nous à deux acteurs qui ont créés la surprise dans ce remake. Lakeith Stanfield, j’avais quelques préjugés sur lui. On met de coté le fait que ce soit un afro-américain (franchement depuis l’histoire Perry White et Johnny Storm, faut se faire une raison). Ce qui gênait d’abord, son look (blouson à capuche et un foulard masquant son visage), bien que dans notre film, il y a une explication à ça.  Deuxième et dernier point : l’acteur allait-il réussir à reproduire les mimiques enfantins de L ? Surprise, on sent que l’acteur a regardé l’animé. Traits pour traits, il reproduit la même gestuelle et façon de parler du personnage, gardant par ailleurs le comportement excentrique de ce dernier.  L, c’est un détective hors pair ne dormant pas (il a une combine pour récupérer ses heures de sommeil). C’est aussi un accro au sucre (mangeant salement comme un vrai gosse), se perchant sur les chaises au lieu de s’y asseoir, et réfléchissant trop vite au point que ces interlocuteurs ont du mal à le suivre.  Stanfield a été un choix parfait pour ce rôle, on s’y attache, contrairement à Light et Mia. Jolie développement du personnage amené à évoluer au fil de l’histoire.

ryuk death note netflix

Dernier acteur surprenant : Willem Dafoe. Willem Dafoe, on ne le présente plus, avec son sourire de sadique et ses traits faciaux prononcés, tous les rôles de méchants ou de mecs flippants lui vont à ravir. Ici, il retrouve le chemin de la performance capture, se glissant dans la peau Ryuk. Ryuk, c’est un démon et dieu de la mort vivant dans le monde des dieux de la mort. Parce qu’il s’y ennui, il fait tomber son deuxième exemplaire du death note (un livre permettant de mettre fin à la vie des humains) dans le monde des hommes, juste pour se divertir. Après que Light est récupéré le livre, Ryuk suivra le jeune homme partout, l’induisant en erreur, enchainant les rires démoniaques, tout en n’oubliant pas de manger son met préféré : la pomme. Dafoe s’en donne à cœur joie, brille de charisme, enrichit le film. Sourire et visage flippant digne d’un croque-mitaine, la réinterprétation du personnage est fidèle à l’original, tout comme son design bien plus réussi et réaliste que la version « cartoon » du live Japonais.

light l death note netflix

Pour ce qui sera des personnages secondaires, c’est quelconque, oubliable, tout comme l’apparition furtive de Masi Oka (Hiro Nakamura de Heroes), officiant en tant que producteur du film. Attention, bien qu’esthétiquement, Death Note version 2017 soit magnifique, bien que le scénario un peu trop libre soit assez fourni, tout arrive bien trop vite. 1h40 pour raconter une histoire aussi complexe et intelligente, difficile de tout faire tenir. Pour preuve, le live japonais avait dû sortir 2 films pour boucler l’histoire de Light et compter l’histoire de L dans un troisième film.C’est là qu’Adam Wingard se rétame. Découverte du death note, meurtres gore, enquête, histoire d’amour, vie au lycée, relation père/fils, tout se mélange, ceux qui découvrent l’univers pour la première fois finissent par perdre le fil de l’histoire, quant à ceux qui connaissent tous sur le bout des doigts, ils regardent leur montre, se demandant si le réalisateur réussira à boucler l’histoire et à inclure le personnage de Near.

justice kira death note netflix

Résultat, des incohérences, des facilités et autres raccourcis, du brouillon ou plutôt, une sorte de fourre-tout où l’on essaye de tout caser.  Bizarrement, ça ne gène pas tant que ça parce que l’histoire est plaisante,  l’esthétisme avec ses jeux de couleurs, d’ombres, et ses effets spéciaux font saliver, que les scènes de meurtres sont originales, fun et bien foutues (décapitation, corps écrabouillés, la routine), et que les personnages de Ryuk et L, ils ont carrément de la gueule.

 

« L’individu qui se fait appeler Kira a comme vous le savez tous déjà revendiqué plus de 400 morts. Si nous ignorons encore son mode opératoire, nous savons en revanche comment il trouve ses victimes. L’identité de chacune de ses personnes a été révélée dans les médias juste avant leur mort, ce qui laisse entendre que Kira n’est pas une puissance occulte. »

 

Au final, Death Note sauce Amerloque, c’est à prendre comme ce qu’il est : une adaptation libre ne s’adressant pas vraiment aux fans du manga. Rythmé (trop), beau, bien joué dans l’ensemble, des twists intéressants, une mise en scène très efficace, des musiques bien sympas, cette adaptation n’égalera jamais le chef d’œuvre qu’est le manga original, mais réussira au moins à ne pas faire un carnage comme un certain Dragon Ball Evolution. A voir si vous ne connaissez pas le manga et que vous aimez les ambiances morbides ainsi que les teen movie horrifiques à la Scream et Destination Finale. Pour les fanas, à vos risques et périls. Personnellement, je m’attendais à bien pire et pourtant, c’est un puriste qui vous parle. Ha et j’oubliais, le film s’achève sur une fin ouverte.

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Classé dans :épouvante, Fantastique, Horreur, Thriller

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