Les films offrent bien plus que du simple divertissement.

Attention, CA flotte de nouveau

Il a effrayé de nombreuses générations allant jusqu’à faire naitre une phobie des clowns chez certains fragiles et autres sensibles. Cette année, le clown le plus horrible des œuvres d’horreur des nineties fait son retour pour jouer de sales tours aux petits enfants. Andrés Muschietti dépoussière de nouveau l’œuvre culte écrite par Stephen King, sublimant sur grand écran le mythe du clown Pennywise affrontant une bande d’ados d’une ville paisible…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Andrés Muschietti

Genre : Épouvante, Horreur, Thriller

Film Américain

Durée : 2h15 environ

Interdit aux moins de 12 ans et aux coulrophobes

 

ça affiche 2017

L’histoire

 

A Derry, petite ville tranquille du Maine, plusieurs disparitions d’enfants ont été signalées. La dernière en date : la disparition de Georgie qui, depuis qu’il est allé dehors sous la pluie à faire naviguer dans le caniveau son bateau en papier, n’a plus jamais donné signe de vie. Bill, son frère ainé, aidé par ses amis, mène l’enquête et ne tarde pas à faire un lien entre un étrange clown et ses disparitions…

 

 

On a tous peur de quelque chose

 

Les vieux de la trentaine passé ne peuvent oublier ce jour où, après que leurs parents se soient absentés, ils aient regardé en cachette la VHS du téléfilm « Ca, il est revenu ». Véritable traumatisme, ce téléfilm, jamais ils ne l’ont oublié. Il a hanté notre enfance, provoquant des sueurs froides la nuit, jusqu’à donné naissance à  une peur panique des clowns ou coulrophobie. Pourtant, on est beaucoup a l’adorer ce téléfilm. Nos attentes étaient donc  très hautes. Cette version allait elle surpasser la version précédente ou tout du moins faire aussi bien ? Tout d’abord, avant de parler du film, il ne faut pas oublier c’est que Ca, représente les peurs d’enfants, creusant des thématiques et autres expériences que l’on vit à l’âge de 12/13 ans.

ca it 2017 egouts georgie pluie pennywise grippe sous

L’amitié, les histoires d’amour, les pertes, les confrontations, la vie scolaire, le harcèlement physique et moral, les difficultés à s’insérer dans un groupe, les relations parents/Enfants, les handicaps, les différences, passer le cap de l’enfance.  On l’attendait depuis des mois, elle est sortie cette semaine. Dans cette version ciné, Andrés Muschietti, à qui le doit  le très beau et très flippant Mama, parle de la perception que l’on a quand on est enfant et comment nous devons gérer les confrontations. Ce film satisfera l’adulte que vous êtes devenu, tout comme la version de 1990. Seulement, bien que d’un point de vu scénaristique, les deux se rejoignent, il y aura de nombreuses différences entre ces deux œuvres.

ca it 2017 grippe sous pennywise ballon rouge flott

Plus de moyens, plus sombre, plus violent, plus réaliste, plus effrayant, plus moderne, du gore sans retenue, cette version ciné signée Andrés Muschietti ferait presque passer le téléfilm de Tommy Lee Wallace pour un Disney. Que les fans du téléfilm n’aient crainte, pas de saccage du téléfilm, encore moins du roman, on a même récupéré les passages et autres séquences cultes de la version de 90 tout en les améliorant. Voyez cette nouvelle version  comme quelque chose de plus moderne, de plus profond, tout en étant une sorte de contenu additionnel de la mini-série. Pas de réelles nouveautés scénaristiques, Muschietti propose néanmoins un film plus proche du roman, tout en livrant quelques scènes inédites et autres remaniements succulents.

 

J’ai pas peur de vous ! Ça va venir…

 

Ca version 2017, où comment surpasser l’indétrônable version de 1990

 

Cette fois, contrairement à sa version télé, l’histoire a été transposée dans les années 80 permettant de coller aux mentalités de maintenant, créant l’effet nostalgeek cartonnant en ce moment, et amenant son lot de références à cette époque (des affiches d’E.T, Beetlejuice, un cinéma passant Batman et Freddy 5, une salle d’arcade où l’on peut jouer à Street Fighter).  Pas de flashbacks, le réalisateur ne s’attardera que sur les enfants, gardant pour plus tard leurs vies d’adultes.  Si vous êtes tombé raide dingue amoureux de la série Stranger Things, véritable cadeau pour tout geek et fan des années 80/90, « Ca » va amplement vous satisfaire. Non seulement ça sent le bon vieux film du Spielberg des eighties, des Goonies, E.T, Stand by me, ou bien encore Explorers, mais en plus ça se paye le luxe de faire venir un des membres du casting de Stranger Things : Finn Wolfhard, alias Mike.  Mushietti, il fait plaisir aux geeks, tout en se déchainant dans les visions d’horreur.

ca grippe sous pennywise egouts 2017

Carnaval de monstres terriblement séduisants et dangereusement attirants, le réalisateur enchaine la peur sur toutes ses formes, sur tous les plans.  Mais ce n’est pas plus captivant et le plus beau dans ce film. Le plus beau, c’est ce groupe de jeunes enfants soudés et solidaires surnommés « le groupe des ratés ». Sans eux, sans l’authenticité du jeu de ces acteurs et actrices, sans leurs tourments, sans leur innocence confrontée à un mal surnaturel, sans ce coté mélancolique ressortant de cette œuvre, ce film n’aura pas eu le même impact. Bien castés, bouleversants de naturel, alchimies fonctionnant à merveille, tout fonctionné MIEUX que le téléfilm. Chaque enfant à son histoire, sa personnalité, ses peurs, ses difficultés, ses envies :

ca il est revenu 2017 groupe des rats

  • Bill, le leader du groupe, bégaie, ne supporte pas la disparition de son frère,
  • Ritchie, c’est celui qui apporte la touche humoristique au film. Ritchie, c’est l’obsédé, le petit rigolo, la grande gueule de la bande qui prend plaisir à se moquer d’Eddie et de sa mère. Ritchie, il a une phobie, il cache une peur. Mais laquelle ?
  • Ben, c’est le petit gros au cœur tendre qui en pince pour Beverly mais n’ose pas lui avouer ses sentiments. Ben, c’est le nouveau de l’école et la proie d’Henry Bowers, petit morveux ne se séparant jamais de sa bande, s’acharnant constamment sur Ben et ses amis (attention, Grippe-sous est loin d’être le seul « sadique » du film),
  • Eddie, il est surprotégé par sa mère. Résultat : il craint d’attraper des maladies au point d’avoir peur de finir lépreux,
  • La pétillante Beverly doit affronter les ragots à son égard, son père un peu trop « obsédé » par elle et l’arrivée de ces premières règles, heureusement, elle trouvera du réconfort auprès de Bill et Ben, devenant un membre de leur bande,
  • Stan, fils d’un rabbin devant se préparer pour sa bar mitzvah. Il est terrifié par le tableau d’une femme au visage déformé,
  • Mike, l’afro-américain de la bande, a bien du mal à vivre normalement depuis que ses parents ont été brulés dans un incendie criminel. De plus, il est lui aussi la tête de turc d’Henry Bowers. Heureusement, tout changera lorsqu’il fera la connaissance de Bill et ses amis.

silhouette pennywise 2017 ca it

Le développement de ces personnages est plus poussé, leur donnant plus de consistance, nous permettant d’être suffisamment impliqué dans leur histoire au point de créer cet attachement émotionnel. Quant au clown Grippe-Sous (ou Pennywise), c’est en demi teinte. D’un coté, on ne peut pas oublier la prestation de Tim Curry, de l’autre, on veut donner sa chance à Bill Skarsgård. Tous deux offrent un jeu différent et ça, il ne fera pas l’oublier. Alors que Tim Curry était plus comique, manipulateur et effrayant, Skarsgård se déchaine.

 

Prêts à flotter de nouveau en bas ?

 

Ce nouveau Grippe-sous, sous ses quelques traits de bébé, c’est un hargneux, un sanguinaire, un véritable monstre sadique, cruel, sans état d’âme poussant son cri démoniaque, un être capable de prendre de multiples formes, une entité puissante sortant d’un long cycle de sommeil tous les 27 ans afin de se nourrir d’enfants, prenant l’apparence d’un clown dansant pour les attirer plus facilement et les croquer avec sa gigantesque mâchoire constituée de dents pointues. Tout comme un certain Freddy Krueger, Pennywise prend un plaisir à torturer ses victimes en leur faisant vivre leurs pires cauchemars. Pennywise ayant visiblement traversé les âges, son nouveau look s’éloigne considérablement de la mini-série de 90. Muschietti évite ainsi un design évoquant trop clairement le cirque pour un style plus Victorien, inspiré de ces gravures et autres peintures du XIXème siècle. Léger manque de profondeur, ce personnage manque aussi de dialogues percutants. Néanmoins, il est véritablement flippant, hantera sans aucun doute vos nuits, faisant la joie des marchands de sommeil.

pennywise it ca 2017 griffes enfants

Autre changement : l’ambiance. Plus angoissante, ne lésinera pas sur la multiplication de scènes chocs et répugnantes (gare au jus de tomates !), à commencer par le destin tragique de ce pauvre Georgie. Dans la version mini-série, jamais on avait su ce qu’il lui était arrivé. Attendez de voir le film, vous comprendrez votre douleur et SA douleur.  Tout ce qui terrifie et charme les plus pervers dans les films d’horreur, Muschietti l’a mit dans son film.

maison it ca il est revenu 2017 bill

Projection de sang, maison hantée, égouts sombres et dégoutants,  mâchoire allant jusqu’à se déchirer à moitié en dévoilant de grosses dents pointues, déformations de corps, visages horrifiques, hurlements, cris vicieux, jumpscare, mouvements d’accélération de l’antagoniste, façon étrange de bouger, jeu d’ombres et de lumières, le réalisateur sublime les scènes d’horreur par ses ingénieux mouvements de caméra, prend autant plaisir que Grippe-sous à  malmener émotionnellement ses victimes et le spectateur. Comment ne pas oublier la musique glaçante signée Benjamin Wallfisch et la photographie à pleurer de Chung Chung-hoon ?  Une réussite totale.

 

Pour ma rédac de vacances, j’ai une super idée de sujet.

 

Au final, ambiance macabre, malsaine et cauchemardesque, Ca n’ira pas sur le dos de la cuillère avec vous. Terrifiant au point d’en être splendidement jubilatoire, nostalgique pour les spectateurs nés dans les années 80/90, mise en scène fantastique, jeu d’acteurs mémorable, pas de doute, cette version cinéma mérite toute sa place dans la liste des meilleurs grandes adaptations de Stephen King, allant jusqu’à créer la surprise en surpassant la version de 90. Vivement le chapitre 2 ! Et vous ? De quoi avez-vous peur ?

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Classé dans :épouvante, Films cultes et sagas à voir, Horreur, Thriller

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