Les films offrent bien plus que du simple divertissement.

Daredevil: La vie quotidienne d’un justicier aveugle

Personnage de Marvel Comics  créé par Stan Lee et Bill Everett, Daredevil, après avoir fait une apparition dans le téléfilm Le Procès de l’incroyable Hulk diffusé en 1989, avait enfin droit, grâce au succès de Spider-Man, à avoir une adaptation cinématographique dans un film solo sorti en 2003. Réalisé par Mark Steven Johnson, ce film de justicier sombre, violent, et torturé, voit Ben Affleck se glisser pour la toute première fois dans la combinaison en cuir moulant d’un super héros…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Mark Steven Johnson

Genre : Fantastique, Action

Film Américain

Durée : 1h42 environ (version Ciné)/ 2h02 environ (version director’s cut)

Interdit aux moins de 12 ans

 

daredevil affiche film

L’histoire

 

A l’âge de neuf ans le jeune Matt Murdock devient aveugle à la suite d’un accident durant lequel des produits toxiques lui font perdre l’usage de la vue. Des années plus tard, il ouvre un cabinet d’avocat avec son meilleur ami Foggy Nelson à New York, dans le quartier de Hell’s Kitchen. Avocat le jour, et, grâce à ses sens développés dignes d’un radar et de sa souplesse presque surhumaine, justicier masqué la nuit, il rode dans les rues, luttant contre le crime. Bientôt, il devra faire face au caïd, puissant chef de la mafia qui lui enverra le tireur, un assassin qui ne rate jamais sa cible…

 

 

Casting

 

Ben Affleck: Matt Murdock/ Daredevil

Jennifer Garner : Elektra Natchios

Colin Farrell : Benjamin Pointdexter, alias le Tireur

Michael Clarke Duncan : Wilson Fisk, alias le Caïd

Jon Favreau : Franklin Nelson, dit « Foggy »

Joe Pantoliano : Ben Urich, journaliste du New York Post, spécialisé dans les cas de l’apprenti justicier

Ellen Pompeo : Karen Page, la secrétaire du cabinet Nelson et Murdock

 

Ce film de justicier sous estimé, incompris et injustement critiqué

 

Avant la naissance de MCU, les films de super-héros Marvel avaient un fort degré d’indépendance jusqu’à la fin des années 2000. Daredevil, Punisher, Les 4 fantastiques en sont l’exemple parfait question diversité. Avant d’être adapté en série, Daredevil, c’était un film. Un film sous estimé, critiqué trop sévèrement mais on ne peut pas en vouloir aux détracteurs. En effet, la version ciné, déjà amputé de nombreuses scènes donnant lieu à un montage chaotique où l’on sent les coupures, ne brille pas du coté de ces antagonistes. En particulier le look et l’interprétation grossière/grimaçante de Colin Farrell zigouillant les mémés avec une cacahuète. L’acteur nous a habitués à mieux. Ici, on a la désagréable sensation d’avoir fait un retour en arrière à l’époque d’un certain « Batman et Robin ».

daredevil crucifix debut film 2003

Cette scène est clin d’œil à une couverture de Guardian Devil de Kevin Smith.

Résultat, comment être absorbé et captivé par un film si vous avez un grave souci de montage, des antagonistes pas franchement crédibles, et qu’on vous le vend comme un autre Spdierman ? Ajouté à ça une petite histoire d’amour risquant inévitablement de plonger dans l’ennui certains cœurs de pierre et vous pouvez être sur que ce dvd/bluray, il passe à la poubelle. Et c’est dommage, parce que si vous vous procurez la version director’s cut (rallongeant le film de quand même 30 minutes inédites où vous découvrirez entre autre des scènes intéressantes développant plus l’intrigue et les personnages, une intrigue parallèle dans laquelle Matt Murdock défend un homme suspecté de meurtre.), tout en faisant main basse sur le jeu médiocre de Colin Farrell, et bien Daredevil, il est plutôt pas mal, touchant, livrant une histoire lourde d’émotions et de réflexions,  montrant pour la première fois de l’histoire des super héros un héros handicapé, loin du gros blockbuster super héroïque routinier. Certes, il manque de violence, d’un peu plus de sombre et de réalisme mais il est pas mal.

daredevil 2003 matt enfant aveugle hopital pere

Daredevil est beau, Daredevil brille par ses jolis dialogues, son coté encourageant (rien que l’entrainement intensif de Matt étant dorénavant un enfant aveugle, vous motive), son ambiance sombre et tragique loin de Spiderman, mais surtout, Daredevil est un excellent film parce qu’il est authentique, se veut différent des autres films du genre super héros parce que proposant quelque chose de plus ancré dans le quotidien de l’homme lambda où le bien ne triomphe pas toujours, où la vie pour certains peut être pourrie à vous faire devenir dépressif. On retrouve quelque peut ce qui fait le succès de la version comics.

 

Tout ce qui nous empêche d’être qui on veut c’est la peur.

 

Quand la foi d’un homme est mise à rude épreuves

 

Si on met de coté les antagonistes et ses quelques maladresses, l’interprétation de Ben Affleck et de Jennifer Garner vaut tout l’or du monde. Leur histoire, on y croit, tout comme l’histoire de Matt s’étendant rapidement de son enfance à l’âge adulte. Quel est le quotidien d’un aveugle avocat le jour et justicier la nuit. Comment se débrouille-t-il pour vivre avec son handicap ? Peut-il avoir une relation sentimentale malgré sa double identité ? Comment arrive-t-il à surmonter toutes ses souffrances intérieures et physiques ?  Tout commence par une relation père/fils réussie et touchante,  montant les bases de ce film amené à virer au fantastique assez réaliste, traitant des problèmes de ce que serait la vie d’un justicier aveugle. A la mort tragique de son père, star de la boxe, Matt deviendra apprenti justicier. En journée, il est en cour, et durant la nuit, il combat tous les criminels qu’il n’a pas réussi à envoyer en prison.

daredevil 2003 matt pere mort ruelle

Daredevil, c’est un film sur un homme croyant, voyant sa foi mise à rude épreuve. Un homme à qui la vie n’a pas fait de cadeau et qui s’acharne continuellement contre lui. Enfant, il est harcelé et brutalisé par ses camarades à cause de son caractère timide, faible et solitaire, puis il devient accidentellement aveugle, avant de finir orphelin suite à  l’assassinat de son père par la mafia. Adopté par des bonnes sœurs dans une église catholique, il tente de remonter la pente, se lance dans des études de droit pour finir des années plus tard avocat. Adulte, il doit jongler non sans mal entre son emploi d’avocat et de justicier, tout en voyant ses relations intimes se soldant continuellement par un échec. Un semblant d’espoir en faisant la rencontre d’Elektra pourrait tout changer dans la vie de Matt.  Et s’il avait enfin trouvé son âme sœur ?

daredevil cour affaire matt foggy

Ben Affleck, bien avant de devenir Batman et d’être surnommé « Batfleck », il a joué les justiciers aveugles.  Scènes posées, scènes d’action, l’acteur a fait un très beau boulot d’interprétation. Il faut avoir du cran pour se glisser dans la peau d’un type se déguisant en diable menaçant aux minis cornes. On peut facilement avoir peur du ridicule.  Avec son Daredevil, Mark Steven Johnson veut nous montrer ce que ça veut dire être aveugle. Comment cela agit sur les autres sens ? Ben Affleck a été aidé par Tom Sullivan, conseiller malvoyant.  Grâce à ce dernier, Ben privé de sa vue, apprend à lire du braille, tout en trouvant son sens de l’équilibre pour se déplacer comme un aveugle. L’amitié entre Matt et Foggy reflète bien le ton de la BD, tout comme le reste malgré quelques arrangements. Un peu d’humour de légèreté, Daredevil ne sera pas toujours un film de super héros déprimant.  N’oublions pas pour autant que Daredevil reflète quelque peu la réalité.

daredevil 2003 elektra café

A ses cotés Jennifer Garner, la ravissante, la forte, la sincère, l’intrigante, l’impressionnante Jennifer Garner. L’actrice elle a du répondant. Que ce soit des scènes sérieuses, des scènes romantiques (sans inonder le film de niaiseries), des scènes de combats, c’est une véritable danseuse, une battante au sourire à vous donner envie de lui décrocher la lune.  Son alchimie avec Ben Affleck est le parfait exemple de ce qui devrait être dans tous films romantiques.

daredevil 2003 wilson fisk caid canne rose bureau

Face à eux, la montagne Michael Clarke Duncan, loin du timide et gentil John Coffey. Ce gros costaud de 150kg, chauve, brillant, toujours bien fringué, cigare à la bouche et amateur de roses, rien ne lui résiste. Quand on le cherche, il se bat comme un lion n’ayant pas peur de tuer. Dans la bd, le caïd est blanc mais il fallait le meilleur acteur possible pour ce rôle. Mieux vaut respecter l’esprit du personnage que de s’attacher à des détails comme la couleur de peau.  Pas mal de scènes supplémentaires intégrées dans la version director’s cut permettent de montrer tout l’étendu de la puissance et menace de cet homme que rien n’atteint.  Daredevil sera l’occasion de retrouver Michael Clarke Duncan et Ben Affleck ensembles. Rappelez-vous que les deux acteurs étaient cette fois-ci partenaires dans Armageddon.

 

On t’as donné le nom d’homme sans peur, fais lui honneur…ARRÊTES DE TE CACHER DERRIÈRE UN MASQUE !

 

Émotions fortes dans un univers fantastique

 

Les chorégraphies, orchestrées par Cheung-Yan Yuen (Fist of legend, Crazy Kung fu, Matrix 2 et 3), sonnent vraies. Violentes et énergiques. Jennifer Garner et Ben Affleck ont passé une année à apprendre à se battre.  Faire des arts martiaux devant une caméra tout en étant tenu par des filins lors de certaines séquences de sauts n’est pas chose aisée. Sauts, coups de pieds, coups de poings, avec armes blanches (Saï, nunchaku, bâton), chaque affrontement dans Daredevil est unique, d’adversaires en adversaires. De quoi amener de nombreuses scènes d’action.

daredevil 2003 feu billard criminels

Le style de combat de Daredevil, c’est l’inattendu. Il a la capacité d’utiliser ce qu’il doit utiliser sur le moment.  Mélange de combat de rue, de combat avec les mains inspiré du kung fu, de différents styles de boxe, et de la capoeira brésilienne.  Quand il se bat, Daredevil peut être touché. Il a beau avoir ses quatre sens décuplés, il se prend pas mal de nions. Son ouïe étant un avantage mais aussi un inconvénient. Un justicier vulnérable loin d’un Superman, Batman ou Spiderman.  Les combats sont réels, Ben Affleck et les autres acteurs ayant eu pendant le tournage pas mal de blessures.

daredevil matt elektra nuit

Pour coller à l’ambiance sombre et torturée, il faut une bande originale qui soit dans le même ton. Pour ça, rien de mieux que le groupe Evanescence pour plonger le spectateur en pleine mélancolie (cf « My Immortal »).  Dans le genre rock torturé, on ne pouvait pas faire mieux pour illustrer le quotidien tragique de notre justicier. Pour les scènes d’action violente et rythmée, on vous offre du bon rock métalleux comme Hoobastank, Fuel, Seether, ou bien du rock plus soft venant des groupes The Calling et Nickelback.  Graeme Revell, à qui l’on doit les musiques de The Crow ou Spawn, était le mieux placé pour écrire la musique de Daredevil. Ici, nous sommes parfaitement dans l’ambiance et l’esprit du film. Sonorités sombres, d’autres héroïques, mélancoliques, tragiques, ou proches du romantisme, quelques chœurs pour montrer l’aspect religieux de Matt. La musique de Daredevil, l’un des piliers de ce film.

 

Héros mythique, méchants, action et amour

 

Le budget des effets spéciaux étant relativement limité, l’équipe du film a fait comme elle a pu.  Des câbles servis au maximum, il fallait trouver la place des images de synthèses, il fallait que ce soit très réaliste.  Dans les scènes avec câbles, on essaye de ne pas trop en faire comme dans les films Hong Kongais, respecter en partie les lois de la physique.  Mark Steven Johnson n’a hélas pas pu tout faire, s’étant frustré. On se retrouve ainsi avec des petits moments ratés, des moments où ca sent les effets spéciaux bas de gamme comportant un peu trop de zooms et de séquences rapides pour limiter autant que possible les dégâts. Heureusement, tout n’est pas décevant.

 

daredevil je suis pas un mechant, pas moi

Je suis pas un méchant..pas moi…

L’interprétation visuelle de Daredevil est très importante dans notre film. Notre justicier se sert de l’écholocation, comme les chauves souris. Il s’agira de faire en sorte que le spectateur se rende compte de ce que le justicier entend et ce qu’il voit.  Les effets spéciaux utilisés pour montrer comment Matt/Daredevil perçoit le monde  qui l’entoure grâce au son sont bien gérés, jouissifs et originaux (cf : la séquence de pluie où Matt découvre enfin le visage de celle qu’il aime), tout comme les séquences de cascades virevoltantes.

daredevil 2003 nuit costume new york reflet

Daredevil a beau être aveugle, il a une agilité et une manière de se servir du son lui permettant de réaliser l’impensable. Le démon d’Hell’s Kitchen n’a pas peur de sauter dans le vide, glisser sur les toits où se battre contre des hommes lourdement armés. C’est ce qui fait tout le charme du personnage, en plus de le voir obligé de dormir dans un caisson remplit de sel afin de cicatriser tous ses bobos.

daredevil 2003 accroupi sur billard feu étincelles

Les costumes, les décors, les accessoires, pour mettre en scène un comic, il faut créer un look et un style fusionnant entre l’aspect graphique des images et l’aspect cinématographie. Daredevil réussi cet exploit, nous sommes face à un comic prenant vie.

 

La violence ne fait pas de distinction, elle frappe tout le monde. Les riches, les pauvres, les malades et les biens portants. Aussi froide et pénétrante que le vent d’hiver qui souffle de l’Hudson, elle vous transit jusqu’aux os et vous laisse grelottant sans espoir de réconfort. On dit que le coupable ne connaît pas le repos, mais l’innocent le connaît-il ? Le combat du bien contre le mal ne s’arrête jamais car le mal survit toujours par la méchanceté des hommes.

 

Au final, Daredevil ne méritait pas tant de bashing. Passionnant, énergique, joli (le plan symbolique de Daredevil près d’un crucifix au-dessus d’une église), sombre, torturé, tirant sur la corde sensible, ce film de super héros montrant le quotidien d’un homme de foi vulnérable et handicapé a le mérite de nous offrir un spectacle différent de d’habitude, tout en tirant sur la corde sensible grâce à ses dialogues et musiques.  Fidèle aux comics bien qu’il subsiste quelques libertés, ce film n’aura certes pas la qualité de sa version série, il faut au moins reconnaitre que si on met de coté le coté kitsch des antagonistes et quelques ratés visuels, Daredevil fait plutôt bien son job, sans pour autant être un chef d’œuvre, sans pour autant être un navet.

 

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Classé dans :Action, Fantastique, Films cultes et sagas à voir, Marvel, Super Héros

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