Taram et le chaudron magique : Quand Disney tentait l’heroic fantasy terrifiant

32eme long-métrage d’animation des studios Disney, Taram et le chaudron magique, inspiré du deuxième tome du livre Les Chroniques de Prydain, vous conduira en plein Moyen Age à la rencontre de Taram, jeune porcher rêvant de devenir un chevalier. Et si la tâche que lui confiait le mage Dalben, exauçait son souhait? Rencontres, dangers, ce qui devait être au départ une mission simple deviendra une quête périlleuse…

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Ted Berman et Richard Rich

Genre : Fantastique, Aventure, Animation

Film Américain

Durée : 1h16 environ

Conseillé à partir de 10 ans

 

Taram et le chaudron-magique affiche

L’histoire

 

Dans la petite ferme de l’enchanteur Dalben, Taram, jeune valet de ferme souhaitant devenir un jour un grand guerrier, se voit confier une mission lorsqu’il apprend, grâce au don de voyance de la truie Tirelire, que le seigneur des ténèbres cherche un chaudron magique pouvant ressusciter une armée de morts vivants, et ainsi, prendre le contrôle du monde. Pour empêcher le seigneur des ténèbres de kidnapper le cochon et ainsi, s’en servir pour localiser le chaudron, il faut que Taram cache Tirelire dans un chalet secret. Hélas, en chemin, des vouivres, créatures maléfiques pouvant prendre la forme d’un dragon, et servant le seigneur des ténèbres, capturent la bête. N’écoutant que son courage, Taram les suit jusqu’à la forteresse du seigneur.

 

 

Un Disney qui n’était pas à la hauteur de mes espérances

 

Au départ, Disney c’est la magie, la bravoure, le courage, les chansons et dialogues inspirants. En 1985, on chamboulait brièvement l’image propre et joyeuse d’un Disney. En effet, à mi-chemin entre film d’animation pour enfants et film d’animation pour adultes, Taram et le chaudron magique fait dans l’obscure. Voix off lugubre, squelettes, toiles d’araignées, brume verdâtre, forteresse crasseuse et dangereuse, atmosphère sombre et oppressante, musique diabolique, ça ressemble à Evil Dead 3 : L’armée des morts, ça sent…la mort.  Rien que cette séquence montrant pour la première fois de l’histoire de Disney, un héros saigné, vous prouve clairement que les studios Disney voulaient changer leurs codes. Pareil pour cette séquence maladroite voyant Ritournelle, un des héros, changer en grenouille puis tomber dans le décolleté plongeant d’une sorcière grassouillette affichant une opulente poitrine.  Tiens, ça me rappelle une des scènes de Fievel au Far West.

taram et le chaudron magique dalbert taram et le cochon tirelire

Taram et le chaudron magique, avec son histoire tenant certes, sur une étiquette de peluche, avait sur le papier, tout pour nous offrir de la nouveauté et qui sait, un nouveau bijou des studios. Hélas, ce film d’animation peine à convaincre.

On essaye de nous attendrir avec le cochon Tirelire, on essaye de nous faire rire avec Gurgi, sorte de fusion entre Gepetto et Max, le chien du prince Eric, avec quelques traits de la personnalité d’un certain Gollum, ça ne suffit pas à combler le trop plein de lacunes de ce film. En parlant de Gurgi, parfois lâche, parfois mignon, parfois chapardeur, parfois courageux, on ne sait pas sur quel pied danser avec lui.

 

Gurgi ne veut pas voir ami mourir. Taram a beaucoup d’amis. Gurgi n’en a pas du tout.

 

Attention, ça va bailler

 

Le début était plutôt alléchant, promettant de passer un bon moment. Sombre tout comme ce dessin animé culte du nom de « Brisby et le secret de Nimh », mais bon. Seulement, la platitude du scénario, n’arrive pas à nous captiver. Difficile surtout de rentrer dans un film lorsque le ton employé par les personnages dans les dialogues, les séquences, et la narration sonnent mou. Aucun rythme, pas de chansons, musiques presque silencieuses, forcément, l’émotion ne montrera pas le bout de son museau, nous laissant presque statique devant l’écran alors que visuellement, les décors sont excellents, jonglant entre séquences dans une forteresse moyenâgeuse peu accueillante et forêt enchantée. Arrivé à me faire somnoler encore plus que devant La Belle au bois dormant, et Fantasia, il fallait le faire !

taram et le chaudron magique epee

Ce ne sont pas les seuls défauts de ce film. Le défaut, il vient aussi du coté de ses personnages principaux. Taram n’arrive pas du tout à obtenir la moindre sympathie et empathie de notre part. Insipide, quasi transparent, cette sorte de mix entre Moustique pour la maladresse, le physique et la fragilité, et Mowgli, pour son coté intrépide, subit plus l’action qu’il n’y participe volontairement. Jamais dans l’histoire des Disney, on avait vu un héros si quelconque et capricieux, ne réfléchissant pas avant d’agir.

Autour de Taram, il faut bien entendu, voir d’autres personnages gravir autour de lui. En plus de deux animaux, on offre pendant l’aventure de notre héros, deux autres personnages dont un troisième faisant plus figuration qu’autre chose. Ritournelle, un ménestrel âgé qui ne sert absolument à RIEN, et une princesse. Là, Eilonwy, elle est plutôt sympathique. Enfin autre chose que le cliché de la demoiselle en détresse niaise parlant aux animaux (ça ne l’empêchera pas d’aimer les petites choses mignonnes). Ici, nous sommes face à une jeune fille courageuse, téméraire, qui n’a pas froid aux yeux. Bien plus réfléchie que Taram. C’est comique!

Un méchant portant le nom de Seigneur des ténèbres, il y avait matière à effrayer, offrir un méchant digne de l’univers Disney. Ca, ça aurait pu marcher si, malgré une première apparition d’une réussite exemplaire, cet antagoniste ne voit ces actions suggérées. Trop présent à l’écran, flanqué d’un acolyte plus lourdingue qu’autre chose, notre seigneur des ténèbres n’a de ténèbres que de nom. Crapaud, le serviteur, souffre douleur et faire valoir de notre méchant a au moins le mérite d’être sympathique. Peureux, vantard, grognon, stupide, au moins un personnage digne d’intérêt, bien que par moments agaçant.

Heroic fantasy oblige, elfes, malabars agressifs aux dents pourries, sorcières, marécages sinistres, forêt enchantée, donjon, méchant au physique squelettique portant une longue tunique à capuche, en sommes, tout ce qui fait le charme d’un film du genre répondront à l’appel. Est-ce que donnera de l’intérêt au film pour autant ? Hélas non.  Taram et le chaudron magique, soit la frustration à son maximum.

 

Debout messagers de la mort ! Que sonne l’heure de notre triomphe !

 

Au final, Taram et le chaudron magique, parfait exemple de tout ce qu’on ne veut pas voir dans la filmographie des studios Disney. Ca sent les coupures à plein nez, pas de chansons, musiques quasi inexistantes, pas de vrai message, une histoire trop facile, des personnages insipides, un rythme d’une mollesse à faire bailler aux corneilles, en bref, un Disney à ne pas voir histoire de ne pas voir son amour pour cet univers salit en moins d’une heure seize.

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