La planète au trésor : Le Disney en avance sur son temps

A toi qui aime les univers SteamPunk, toi qui raffole des space opéra, toi qui a un faible pour la piraterie, pourquoi ne pas rejoindre l’équipage du Capitaine Amélia pour une revisite version science fiction de L’ile au trésor  de Robert Louis Stevenson ? 77e long-métrage d’animation et le 43e « Classique d’animation » des studios Disney, Ron Clements et John Musker t’invitent à un voyage galactique inoubliable. Bienvenue à bord de RLS Héritage…

 

Fiche technique

 

Réalisé par Ron Clements et John Musker

Genre : Animation, Science fiction, Aventure

Film Américain

Durée : 1h31 environ

 

la planete au tresor affiche

L’histoire

 

Depuis tout petit, Jim Hawkins rêve d’aventure. Un jour, un reptile humanoïde gravement blessé atterrit accidentellement prés de l’auberge de sa mère, lui remettant avant de mourir un drôle de globe. Menacé par des pirates qui poursuivaient l’alien, Jim, sa mère et leur ami le Docteur Doppler, n’ont d’autre choix que de fuir. Chez Doppler, Jim découvre que le globe n’était autre qu’une carte au trésor révélant l’emplacement du butin de mille univers. Afin de reconstruire l’auberge de sa mère, Jim, n’écoutant que son courage, accompagné de Doppler, décide de monter une expédition pour retrouver la planète.

 

 

A l’image de Kuzco

 

Découverte.  Et oui, il existe encore parmi tous les films Disney, quelques œuvres que je n’ai pas encore vu et découvre donc pour la toute première fois. La planète au trésor en fait partie. Grand fan de pirateries, de la série Black Sails (relatant  les péripéties du Capitaine Flint et de sa bande durant l’âge d’or de la piraterie) et de tout ce qui ressemble à la franchise Star Wars, La planète au trésor attisait ma curiosité. Franchement, qui pouvait trouver une idée plus originale, savoureuse et curieuse, que de revisiter cette célèbre histoire de L’ile au trésor en la métamorphosant en film de science fiction ?

la planete au tresor le rls héritage quitte la spatio port

Au revoir les galions Espagnols naviguant sur l’océan, bonjour les navires flottant dans l’espace infini. Pour ce qui est de rendre crédible cette idée culottée, nos réalisateurs ont de la ressource. Tout en gardant l’aspect propre aux galions (gouvernail, passerelle, cabine du capitaine,  vigie, voiles, canons, etc.), on va faire fonctionner les voiles des bateaux Espagnols à l’énergie solaire, installer sur tous ses navires un appareil capable de modifier la gravité (appelée Turbine à gravité), puis des réacteurs à l’arrière pour les propulser dans l’espace.

la planete au tresor spatio port

L’environnement d’une richesse jouissive à souhait mérite des applaudissements. Nous naviguons en terrain connu, tout en étant dépaysé. Culturellement parlant, bien que notre intrigue se situe sans aucun doute dans un lointain futur et, surtout dans un univers parallèle au notre, le style vestimentaire des personnages, leur façon de parler, leurs armes (bien que modifiées) blanches et à feu, et quelques éléments du décor comme les bâtiments, donnent la sensation de ne pas avoir finalement quitté le XIXème siècle.

la planete au tresor jim enfant devant un hologramme racontant les aventures du capitaine flint

Je comprends pourquoi ce film n’a pas marché aussi bien que les autres Disney. En plus d’avoir eu la malchance de sortir pratiquement en même temps qu’Harry Potter et la chambre des secrets (le deuxième film de la franchise), et un certain Meurs un autre jour, La planète au trésor, est bien loin du film Disney habituel. Ici, on change les codes propres à cet univers. Que ce soit l’ambiance ou les dialogues, ce film respire la maturité, ne comporte qu’une seule chanson, n’intègre pas de princesse ou demoiselle en détresse (très peu de femmes d’ailleurs), nous fait douter quant à l’identité du réel méchant de l’histoire, nous livre un personnage principal au look bad ass, loin des héros purs qu’on avait l’habitude d’avoir.

la planete au tresor jim regarde les étoiles

En sommes, la planète au trésor, tout comme Kuzco, veut nous offrir quelque chose de nouveau, tout en voulant prouver à ses détracteurs que film d’animation Disney ne rime pas tout le temps par enfantin.  Il est vrai qu’on ne pourra pas s’empêcher d’ajouter quelques éléments afin de ne pas oublier qu’on est dans un Disney : la gestuelle et expressions des personnages, un petit animal trognon (Morph, le polymorphe rose, muet, câlin, capable de prendre l’apparence d’objets, voir de personnes et les imiter), la rencontre d’un personnage névrosé soit l’élément « comique » du film (le robot désarticulé et amnésique B.E.N), la thématique de la réalisation de son rêve, et puis, bien entendu, un héros qui veut être libre (tiens, comme les paroles de la chanson de David Hallyday).

 

Le cyborg, méfies-toi du cyborg.

 

Quand Disney réinventait L’ile au trésor

 

Si vous aimez l’univers de Star Wars, à coup sûr, La planète au trésor ne vous laissera pas indifférent. En effet, que ce soit la diversité des races amusantes d’aliens, son héros ayant quelques traits de caractère d’un certain Han Solo, ce robot bavard proche de C3PO version névrosé, ou un des bâtiments du Spatio Port ressemblant au Palais Royal de Theed sur la planète Naboo (Voir la prélogie de Star Wars), La planète au trésor rappel beaucoup l’univers créé par George Lucas, sans pour autant le copier.

la planete au tresor jim tombant dans le vide

Balafre sur le coin de la joue, coiffure stylisée, look mi-hypster, mi-steampunk, surfant sur un surf volant, ayant continuellement des ennuis, ne se laissant pas faire même s’il a un physique d’ado faible, passé sombre, grand cœur, casse-cou, passionné,  Jim Hawkins, tout comme Mulan, il respire la cool attitude. Pour une fois qu’on a un héros à qui on ne zigouille pas sa moman même si son père les a quitté, faut pas se priver.  J’aurais aimé que ce personnage est une personnalité un peu plus forte mais au moins, il est moins insipide qu’un certain Taram, rappelle tant sur quelques traits que sur la personnalité, un certain Aladdin voir même Tarzan.

planete au tresor jim et doppler découvrent l'emplacement du tresor

La planète au trésor, ne sera pas radin en termes de personnages secondaires. Voyez plutôt l’équipage du Capitaine Amélia, mi-humaine, mi-félin au caractère fort :

 

  • Long John Silver, cyborg bien mystérieux travaillant aux cuisines qui prendra sous son aile Jim.
  • Le Docteur Doppler (un lien avec le célèbre Christian Doppler, mathématicien et physicien célèbre pour sa découverte de l’effet Doppler?), sorte de créature humanoïde ressemblant à un chien. Sympathique, intelligent, distingué, c’est lui qui décidera de se joindre à Jim pour rechercher la planète au trésor.
  • Scroop, sorte de coléoptère anthropomorphe pas vraiment sympathique. Son apparence et sa manière menaçante de se déplacer en disent long sur sa personnalité.
  • Prout, alien portant bien son nom puisque cette sorte de grosse limace travaillant comme ingénieur-gravité émet, par le biais de ses tentacules, des bruits de flatulences pour s’exprimer. Encore faut-il connaitre ce langage.
  • Arrow, le second du Capitaine Amélia. Carrure colossale pour un être ressemblant à un mangeur de pierres. Autoritaire, loyal envers son capitaine, il ne supporte pas qu’on manque de respect envers son boss.
  • La Lognette. Petit, possédant 6 yeux au bout de ses tentacules.
  • Phrène. En apparence, Phrène a tout d’un alien-pirate normal. Et pourtant, cet être est en fait deux êtres. Dépourvu de tête, Phrène ne se sépare jamais de cette tête sans corps, petite pieuvre à la tête humaine. Alors que l’un fini la phrase de l’autre, tous deux ne se séparent jamais longtemps.
  • Dynamite. Grosse bedaine, grosses gambettes, gros bras, cet alien au physique inquiétant et sombre est aussi cupide qu’agressif.
  • Tourbillon, mi-escargot, mi-pieuvre, il est très utile lorsqu’il s’agit de manipuler le gouvernail.

 

Pour combiner le tout, et vous coller des petits frissons, John Newton Howard vient jouer avec vos émotions grâce à une bande originale aux petits oignons, dans le ton aventureux et intergalactique de notre film.

 

Silver : Est-ce que ton papa ne t’a jamais dit qu’il faut pas te battre avec plus fort que toi ? Ton père t’a pas appris grand chose…

Jim : Non, c’était plutôt du genre à m’abandonner et ne jamais revenir.

 

Un film sous estimé

 

La planète au trésor voudra en parallèle nous émouvoir. Pour ça, rien de tel qu’un héros n’ayant jamais eu véritablement de père pour nous faire versé une larmichette. Pour ça, on va développer la relation entre John Long Silver et Jim. Silver, à mesure de l’avancement de l’aventure, dur au départ, sera un semblant de père que Jim n’a jamais pu avoir. Il va l’endurcir, lui apprendre à être un vrai pirate.

la planete au tresor jim enlace silver

Disney ne serait pas Disney si les studios ne semaient pas par ici et par là quelques valeurs humaines, critiques et messages importants. Créer son destin, devenir viril, la période difficile qu’est l’adolescence, devenir autonome, tolérance, abandon, séduction (quelle mini histoire d’amour va-t- on avoir ?), sacrifice, relation mère/fils, se servir de son potentiel, critique de la cupidité, sortez votre petit carnet, et prenez des notes.

la planete au tresor jim et doppler face au rls heritage

Ce ne sont pas les seuls points sur lesquels La planète au trésor est un bijou du genre. Le visuel y est aussi pour beaucoup. Tarzan avait déjà bien éblouit les spectateurs. La planète au trésor arrive à faire encore mieux.  La sensation de vertiges, de dangers et d’immersion n’auront jamais été aussi bien ressenties qu’avec ce film. Sous nos yeux, l’équipe artistique nous combine personnages en 2D évoluant dans des décors en 3D. Le mélange fonctionne, les personnages, tout en gardant leur aspect 2D semblent changer de dimension quand la caméra se tourne autour d’eux, le challenge est réussi.  Reliefs, plongées, caméra virevoltante allant partout comme si nous évoluons dans un film live, les vues de La planète au trésor sont magnifiques.

 

Faut renoncer à certaines choses quand on poursuit un rêve.

 

Au final, des hologrammes, un ciel étoilé, la sensation de vide, une station spatiale en forme de Lune, des tonnes de races aliens (carrément des baleines intergalactiques), des scènes de fusillades avec des tirs de blasters, un héros attachant, du rire, de l’aventure, de l’émotion, franchement, que demanderait de plus un fan de space opéra? La planète au trésor, une bien belle surprise de chez Disney.

 

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