Alpha : Aux origines de la domestication du chien

Des films s’intéressant à la relation entre l’homme et le chien, ce n’est pas ça qui manque. Pourtant, cet été, un petit film aux allures de blockbuster sort sur nos écrans. Entouré de mystères sur sa véritable identité, cette œuvre signée Albert Hughes pourrait surprendre à condition de tenter l’aventure. Transposez l’univers de Croc Blanc et The Revenant dans l’univers du film 10 000 de Roland Emmerich et vous obtenez Alpha.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Albert Hughes

Genre : Aventure

Film Américain

Durée : 1h36 environ

 

alpha affiche

L’histoire

 

Europe, il y a 20 000. Durant l’ère Paléolithique, au cours d’une chasse avec sa tribu, le jeune Keda se voit séparé des siens après avoir fait une terrible chute le faisant passer pour mort. Reprenant ses esprits plus tard, le jeune homme, livré à lui-même, tentera désespérément de rejoindre sa tribu en affrontant une nature hostile. Sur son chemin, il fera la rencontre d’un jeune loup qu’il a blessé pour se défendre et qui changera non seulement le cours de son existence, mais aussi toute l’humanité. Homme et chien, voici comment tout a commencé…

 

 

 

Le Croc Blanc de l’ère Paléolithique supérieure ?

 

Survival movie en puissance, Albert Hughes, après Le livre d’Eli, nous revient pour un film totalement différent : Alpha. Vendu au départ comme une sorte de The Revenant version soft, cette œuvre, passée la première demi-heure, partira dans tout autre chose, gardant cependant son caractère « survival ».  Ce film vaut la peine d’être vu pour le sujet dont il traite de manière juste, et ces moments adorables de complicités entre notre héros et son chien loup domestiqué. Mais pas que…  . Du début jusqu’à la fin, la beauté si poétique des panoramas nous plonge dans une autre époque, un autre lieu où la sensation de côtoyer de très près les étoiles quand la nuit tombe.

ALPHA

N’oublions pas que la période du Paléolithique supérieur, voyait l’homme devoir apprendre à survivre parmi de nombreux animaux. Les mammouths, les hyènes, les bisons, les vautours, et bien entendu, les loups. Se fabricant des lances, des vêtements chauds, des habitats, chaque tribu voyait ses membres s’entraider et cohabiter comme une vraie famille. Alpha nous illustrera donc cette période axée sur le voyage initiatique de Keda, fils du chef d’une tribu. Au cours de son voyage où il devra apprendre parmi les siens à être un homme, découvrir sa force et faire ses preuves devant sa tribu pour ainsi, rendre fier son papounet, voila que Keda, au cours d’une chasse de bisons, chute du haut d’une falaise. Tout le monde le croit mort. Par miracle, le jeune homme survit.

alpha keda en pleine tentative d apprivoisement

MAIS, loin des siens, il va devoir refaire le chemin dans le sens inverse pour retourner à son camp le plus vite possible avant que les premières neiges ne tombent.  Défiant la mort à maintes reprises tel un Brad Pitt dans World War Z (vive la crédibilité !), Keda fera la rencontre d’un loup qu’il blessera. Parce qu’il fait parti de ces personnes au grand cœur rempli d’empathie pour toute forme de vie, Keda soignera le loup, en prendra soin jusqu’à ce que ce dernier comprenne que tous les hommes ne sont pas mauvais. Ainsi commencera le tout premier apprivoisement de l’homme face au chien.  Comme pour Croc Blanc, ça prendra du temps, d’autant plus qu’il s’agit là du tout premier dressage de l’histoire de l’humanité.

 

Sa meilleure arme, c’est son cœur, pas sa lance.

 

Le virus CGI a encore frappé

 

Le Croc Blanc de Randal Kleiser m’avait bouleversé, j’attendais donc qu’une œuvre censée conter les origines de la relation homme/chien fasse son petit effet. Alpha allait-il me faire ressentir la même puissance émotionnelle rencontrée dans Croc Blanc ? Un film traitant de la relation homme/chien, Alpha, je voulais bien entendu le voir pour ça et uniquement ça. Oui, ça reste bien moins puissant que le Croc Blanc de Disney, MAIS, ça n’en restera pas moins un film d’aventure sympathiquement touchant où les interactions remplies de tendresses entre notre héros et son partenaire canin valent tout leur pesant d’or. Tout tombera sous le sens. De ce coté, une réussite. Clairement à voir pour les amis des bêtes. Problème de taille, Alpha est un film imparfait, un élément perturbateur vient tout faire capoter.

alpha keda aux cotés de son loup apprivoisé

Sincèrement, j’aurai aimé dire qu’il fait honneur à son sujet abordé. Ca ne sera pas tout à fait le cas. Trop de passages inutiles et mous nous font décrocher. Quant à l’esthétisme, c’est surtout lui qui va saboter le plaisir que devait procurer le film. L’émerveillement ce mêle à la frustration de voir que les paysages sont immersifs et de toute beauté, mais le reste n’est que du CGI en puissance et fonds bleus. Devant nos yeux, Apha se retrouve tristement noyé d’animaux en CGI hideux (Alpha en réchappe heureusement sauf lors de certaines scènes) et à l’animation plus que douteuse. A croire qu’on en est revenu aux débuts de cette technique.

alpha keda percuté par un bison
« Photo non trafiquée »

A force de nous coller du CGI, c’est l’indigestion. Alpha perd à de trop nombreuses reprises son âme, on se retrouve détaché de notre héros et de son récit. Seule défense possible pour éviter les problèmes avec PETA? Loin de l’épopée épique que beaucoup attendaient, Alpha restera donc un film coincé entre deux chaises. D’un coté on sera attendrit par l’amitié naissante entre Keda et Alpha, de l’autre complètement froid à l’esthétisme pourtant réussit du coté paysages et photographie.

 

Ma tribu, c’est toi maintenant.

 

Au final, Alpha m’a laissé un gout amer dans la bouche. J’ai été attendrit, fasciné par la narration des origines homme/chien (surtout dans les dernières minutes du film, crédibles, contrairement aux scènes d’action), éblouis par les jolis paysages, attaché au personnage de Keda grâce à un jeu sincère et juste de son acteur, touché par les musiques collant à l’atmosphère, mais beaucoup trop dégouté par le trop plein de CGI. Trop simpliste, trop propre, trop facile.  Nous sommes bien loin de la qualité artistique du Livre d’Eli.

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