Velvet Buzzsaw : L’art tue et n’amuse pas la galerie

Après avoir plongé Jake Gyllenhaal, chasseur d’images pour l’occasion, dans l’excellent Night Call, Dan Gilroy retrouve se dernier et René Russo dans un nouveau long métrage, Velvet Buzzsaw. Casting impressionnant, atmosphère angoissante et oppressante, bande annonce jouissive, ce film aux allures de thriller plongeant dans le slasher promettait de satisfaire les amateurs du genre. A-t-il réussi son coup?

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Dan Gilroy

Genre : Epouvante, Horreur, Thriller

Film Américain

Durée : 1h52 environ

Interdit aux moins de 12 ans

Disponible dès maintenant sur Netflix

 

velvet-buzzsaw-NETFLIX affiche

L’histoire

 

Morf Vandewalt, célèbre critique influent d’art contemporain de Los Angeles, découvre de nouvelles œuvres présentées au Art Basel de Miami. Autour de lui gravite tout un tas de personnages, qu’ils soient artistes, critiques d’art, directeurs de galeries, agents de sécurité ou conservateurs. Lorsque Josephina, nouvelle conquête de Morf et assistante de Rhodora, propriétaire de la galerie d’art, trouve dans le domicile de son défunt voisin une série de tableaux macabres, ni une ni deux, elle décide de les exposer dans la galerie d’art pour lui redonner de l’intérêt. Alors que le monde de l’art découvre ces nouvelles œuvres, les morts commencent à s’enchainer.

 

 

Satire ennuyeuse du monde de l’art

 

Un pitch comme celui de Velvett Buzzsaw, l’on s’attendait à Une nuit au musée version horrifique bien sanguinolente, multipliant les morts originales et fun. Associé à un casting de rêve, ce film signé Netflix allait une fois de plus prouver la qualité indiscutable des œuvres proposées sur la plateforme de vidéos à la demande.  Attendez-vous à ne rien retrouver de ce que vous espériez voir ce produire dans ce film. Au tour de Velvett Buzzsaw d’intégrer le festival du mauvais gout et de l’insignifiant. Le concept était très accrocheur, rien, absolument rien, n’a été exploité comme il le fallait.

velvet buzzsaw toni colette et jake gyllenhaal face à un tableau

Velvett Buzzsaw vous plonge dans le milieu de l’art contemporain, le critiquant d’une assez bonne manière il est vrai en usant de l’effet parodique. Oui, notre film a des allures de comédie. Au moins un mini semblant d’intérêt. Sauf que… . Bienvenue dans le monde caricatural des artistes, de leurs critiques et de leurs collectionneurs/acheteurs. Bisous de star avec défense d’entrer en contact avec  votre interlocuteur, critique d’art enlevant ses lunettes et en mordillant l’une des branches pour faire le mec absorbé ,fringues fashion que tu porterais même pas chez toi pour faire le ménage, crêpage de chignon, crises de jalousie, cynisme, superficialité, vanité et hypocrisie. Oui, ça fait déjà envie, mais attendez un peu de voir la suite !

velvet buzzsaw josephina decouvrant des oeuvres de son voisin décédé

Le plus gros souci de Velvette Buzzsaw, son rythme. Vous commenciez à trouver le temps long le jour où vous avez regardé le premier Paranormal Activity (et même ces suites) ? Vous allez souffrir le martyr dans Velvette Buzzsaw. S O P O R I F I Q U E. Comment voulez vous que le milieu de l’art contemporain intéresse les gens si vous l’illustré de cette manière ? Clairement, ça ne donne ni envie d’aller dans une galerie d’art, encore moins envie de parler avec les artistes et acheteurs.

velvet-buzzsaw zawe-ashton-jake-gyllenhaal
Jake? Je crois que j’ai quelque chose de coincé dans le derrière…

Pendant plus de 50minutes, ça papote pour ne rien dire, ça emploie un jargon artistique hautain vous donnant des maux de tête, ça met trois plombes à en arriver aux faits, et ça nous présente des personnages dont le quotidien nous indiffère totalement. 50minutes sont passées, la faucheuse est sur le point de faire ENFIN son entrée, punissant ici ceux qui exploitaient l’art. Notre attente va-t-elle être récompensée à coup de morts bien hard? NON. Dame frustration fait irruption et entend bien briser les rêves de nos amis sadiques.

velvett buzzsaw peinture angoissante d'un frère et sa soeur

Dès que la première victime du film est sur le point de se montrer, le désespoir revient en force. Qu’on se le dise, n’espérez pas voir des morts originales. Angoisse et malsanité aux abonnés absents. Hormis trois meurtres plus ou moins sympathiques et « gore », le reste frustre…encore. Effet de censure ? Coupe au montage ? Ou bien les deux ?  En tout cas, on n’y voit pratiquement rien, tout est suggéré, vite expédié. La peur, jamais on ne la ressentira, le choc, jamais on ne l’aura. Aie. Qu’on se le dise, Velvette Buzzsaw ne va pas au bout de son idée et ne se sert pas de sa longue durée pour développer le concept comme il se doit. Trop de scènes et dialogues inutiles.

velvet buzzsaw zawe ashton et rené russo
Josephina, dont le balai n’est toujours pas sorti du popotin, porte ici une nouvelle création de Jean-Poul Faucher.

Quant aux personnages principaux et secondaires, difficile d’éprouver un quelconque intérêt ou empathie. Seule sensation étrange, celle de ressentir cette excitation, celle de voir un ou deux protagonistes périr de manière spectaculaire, juste pour leur clouer le bec une bonne fois pour toute. Comment a-t’on pu rater un film avec toute une pléiade d’acteurs et actrices talentueuses ? Jake Gyllenhaal, Toni Collette, John Malkovich (venu là juste pour prendre son chèque comme dans Bird Box), René Russo, Natalia Dyer (vue dans Stranger Things), une apparition surprise de Steven Williams (alias Mr X d’X Files, et Capitaine Fuller dans 21 jump street).

velvet buzzsaw jake gyllenhaal devant une peinture avec rené russo derrière lui

Figurez vous que Natalia Dyer, dans la peau d’une assistante malchanceuse et l’hilarant Jake Gyllenhall interprétant un critique très influent, éternel insatisfait, à la recherche de nouveaux talents, possédant une gestuelle et manière de parler très efféminé, sont les deux seuls acteurs remontant un chouia le niveau du film. Les autres, on repart tous, la trop rare René Russo incluse, au théâtre pour réapprendre à jouer. Mention à  Zawe Ashton, notre personnage principal et son balai enfoncé dans le postérieur.

 

-Une mauvaise critique vaut mieux que de rester noyer dans les affres de l’anonymat.

-C’est du second degré ?

-Non pas à ma connaissance.

 

Au final, on espérait beaucoup de Velvet Buzzsaw et de Dan Gilroy. Concept réduit à néant, pour l’originalité, on repassera. Heureusement que Jake Gyllenhaal, excellent comme à son habitude, livre une nouvelle performance donnant le seul intérêt de ce film. Rien de passionnant, frustrant d’un point de vue scènes horrifiques, frustrant d’un point de vue scénaristique, musical et esthétique (seul le générique est bien foutu), à fuir, sauf si vous avez envie de perdre 1h50 de votre vie. Amis de l’art bonsoir et AU REVOIR ! Ps : le nouveau logo de Netflix est pourri !

 

 

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