Carnage chez les Puppets : Vous ne chanterez pas de chansons folles

Brian Henson, fils de Jim Henson, a fait virer le Muppet Show dans le politiquement incorrect. Heureusement, Kermit et sa bande ne sont pas là. D’autres prennent le relais. Dans un monde où humains et marionnettes tentent de vivre ensemble malgré leurs différences, un tueur en série sévit dans les bas fonds de L.A et assassine d’anciens acteurs d’une ancienne émission populaire de marionnettes.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Brian Henson

Genre : Comédie, Action

Film Américain

Durée : 1h36 environ

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

A conseiller à partir de 12 ans

 

 

Carnage chez les muppets affiche

L’histoire

 

Dans la ville de Los Angeles, le détective Phil Philips se voit malgré lui embarqué avec son ancienne partenaire Connie Edwards pour démasquer un tueur en série ne s’attaquant qu’aux anciens acteurs du Happy Time Gang, émission populaire des années 90 où des marionnettes faisaient le show. Phil et Connie, en froid suite à une bavure policière causée par Phil, vont devoir enterrer la hache de guerre s’ils veulent mener à bien leur enquête.

 

 

 

Polar noir « trash » chez les muppets

 

Depuis Les Feebles, Team America, Dark Crystal, très peu de films de marionnettes pour adultes sont revenu sur le devant de la scène. L’année dernière, Brian Henson, fils du célèbre Jim Henson, enrichissait la marque « Henson Alternative », soit un contenu plus mature que les œuvres traditionnelles de la « Henson Company », en proposant aux fans du genre, une nouvelle comédie pour adultes, se déroulant dans un univers où humains et marionnettes (avec des jambes) cohabitaient.

carnage chez les muppets phil philipps lit une coupure de journal en buvant un verre d'alcool

Le héros de notre histoire, le détective Phil Philips narrera l’histoire que nous suivrons. A la manière d’un vieux polar, cette idée permettra de voir l’affaire et ce « nouveau monde » de son point de vue. Hormis l’aspect comédie trash, « Carnage chez les muppets » se tend vers la satire raciale. Nos petits êtres en feutrine ne sont pas acceptés par les humains et pour tenter de ne pas sombrer dans la dépression à cause des insultes, déversement de haine et chômage, essayent de trouver du réconfort dans la drogue, l’alcool, la chirurgie esthétique, le grand banditisme et le sexe.

carnage chez les muppets phil philipps dans un sexe shop où des muppets ont été assassinées

Une œuvre où les blagues et gags intelligemment écrits nous rappelleraient un certain Hot Fuzz ? Je savais où je mettais les mieux après avoir vu la bande annonce, mais j’ai voulu y croire jusqu’au bout. J’avais tord. Brian Henson et ses scénaristes bousillent leur propre film en optant pour la facilité. Comme des films de ce genre attirent plus les ados que les adultes, ils écriront donc un humour pour ados. Là on se dit que seuls Trey Parker et Matt Stone sont capable nous pondre une comédie trash.

Carnage chez les muppets scène de bagarre entre connie et des puppets

L’humour, c’est bien là la gangrène de « Carnage chez les puppets ». Ca sent la vulgarité gratuite, le rajout, faute d’inspiration. On sourit, on ne rit pas une seconde. Pas faute d’avoir matière à faire rire avec un concept pareil. A cause de lui, le film perd de sa saveur. Blagues salaces, langage grossier, scènes de sexe marionnettes/marionnettes et humains/marionnettes, « Carnage chez les muppets » montrant vite ses limites en matière de comédie, on se rabat sur ce petit plaisir coupable de voir des meurtres violents versant leur flot de « rembourrage ».

 

Si vous êtes un puppet, vous êtes mal barré.

 

L’humour n’est pas le seul problème de ce long métrage. Certains s’en doutaient, Melissa McCarthy, peu présente en début de film pour officier quelques minutes plus tard en tant que seconde du protagoniste, sabote logiquement une bonne partie de l’œuvre. Egale à elle-même dans l’autodérision, elle galère, surjoue, exagère parce que ne sait pas faire autre chose. ELLE s’amuse, nous, NON. Les blagues sexuelles style « je viens de me déchirer l’hymen », ça va 5minutes. Surprise plutôt comique, vous vous surprendrez dans ce film à vous rendre compte que Melissa s’en sort bien mieux lorsqu’il est question de jouer dans le registre du drame. A quand une tentative de reconversion ?

Ce qui intéresse dans « Carnage chez les puppets », ce n’est pas l’humour, plutôt cette enquête originale tournant son ambiance polar noir vers le Buddy Movie dès l’instant où notre muppet bossera aux cotés d’une humaine. Son univers si riche, la variété impressionnante de marionnettes de tout âge, leur look, leurs déplacements et expressions si vraies, leurs interactions avec le monde des humains, nous tenions là une sorte de « Qui veut la peau de Roger Rabbit ? » nouvelle version et dans l’univers des muppets.

Faute d’humour drôle, on gardera la forme, tout en se tournant vers cette enquête, prévisible mais sympathiquescènes d’action divertissent, réflexion sur la cohabitation humains/muppets et animation des personnages fascinent. Pour rattraper son humour foireux, quelques seconds rôles humains (Maya Rudolph en secrétaire dévouée éprise de son patron, Leslie David Baker en lieutenant de police ronchon au grand cœur, Joel McHale hilarant en agent du FBI égocentrique) apporteront un léger plus au film, lui permettant de gagner en intérêt.

 

La plupart des gens ne comprendront jamais les puppets. Alors que quelque soit leur apparence, elles sont toutes douces et gentilles à l’intérieur. Pas comme les humains.

 

Au final, Carnage chez les puppets, moins mauvais que je l’espérais. Il a de bonnes intentions mais méritait mieux au niveau humour. Le concept est génial, les morts trash des marionnettes et références cinématographique amusent, le travail sur l’animation, la création de l’univers et des muppets charment et l’enquête policière se suit avec grand plaisir. A voir une fois juste pour l’idée de départ.  

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