Spider-Man, Far From Home : Spider-Man s’exporte en Europe

Même les super héros ont droit de prendre des vacances. Surtout après avoir vécu la pire des épreuves en affrontant Thanos. Suite direct d’Avengers Endgame, Spider-Man Far From Home confronte son héros à des choix et, ceux-ci seront déterminant. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Le mot d’ordre lié à Spider-Man n’a jamais été aussi vrai que pour Far From Home. La phase 3 se conclut.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Jon Watts

Genre : Action, Fantastique, Comédie

Film Américain

Durée : 2h10 environ

Nombre de scènes post générique : 2

 

Un road trip avec Spiderman

 

The Amazing Spider-Man 2 est mon film de Spiderman préféré. Le casting, la musique (la plus héroïque de l’histoire de l’homme araignée) signée Hans Zimmer, l’authenticité du jeu des acteurs, le design/l’origin story des super vilains et de Spider-Man, un Peter Parker plus proche de nous rempli de doutes, un Spider-Man arrogant enchainant les blagues puériles, ce film incarnait à lui seul l’essence même de ce que représente en comics Spider-Man. Et puis Marvel a déconné, a jeté aux oubliettes The Amazing Spider-Man 3 et son premier spin off Les Sinister 6 pour rebooter une énième fois la franchise.

 

Disney réussi à négocier avec la Fox pour récupérer Spider-Man. Faut voir comment ils nous l’on détruit l’image de Spider-Man.  A partir de là, ça sera ou du ratage total, ou une surprise de taille. Toute la galerie de personnages de ce nouvel univers de l’homme araignées est détestable. Des personnages sans réelles motivations à par celle d’être populaire, aucun vrai sens moral, aucun sens des responsabilités, absence de psychologie.

 

Le nouveau Spider-Man: un avorton en mal de popularité se reposant sur l’argent et les connaissances technologique de son riche mentor pour devenir un super héros. Rajoutez à ça le passage obligé par la case geek juste pour nous prouver qu’il est comme les autres, il suit la mode du moment alors qu’en fait, il connait simplement les bases. Prends ça dans tes dents Stan Lee ! Tom Holland, dans The Impossible, OUI, en tant que nouveau Spider-Man, je suis désolé, pour moi, ça passe pas. A la rigueur lors de ses interactions avec Tony Stark qui sont pour moi, le seul et unique élément « touchant/sincère » de la relecture du personnage.

 

Quoiqu’il en soit, hop, notre Spider-Man de la troisième génération  a été formaté sauce Disney Channel avec plus de budget, moins d’exagération en terme de jeu d’acteurs et logique, sous une ambiance super héroïque collant un minimum à l’univers Spider-Man. Parce que la politique de Disney c’est plaire à tout le monde, on fait quoi : on va aller dans la diversité ethnique et tant pis si les roles ne collent pas. Nullement question de critiquer la couleur de peau, plutôt une critique de la personnalité des acteurs/actrices. A coté, Laurence Fishburne en Perry White, ce n’est rien.

 

Exit la rousse Mary Jane Watson, place à une amoureuse dans le déni, métisse, interprétée par Zendaya (soit l’une des stars de Disney Channel). Zendaya, elle a du talent, je l’aime beaucoup dans The Greatest Showman. Dans Spider-Man par contre…je bouillonne. Notre nouvelle Mary Jane est une rebelle, passe le plus clair de son temps à lever les yeux au ciel, regarder les autres d’un air hautain, faire la blasée, tout ça pour montrer qu’elle a du caractère. Aie. La palme du mauvais gout revient à Flash Thompson, soit le gros caïd du lycée de Peter, victimisé par ce dernier. On a choisit un acteur qui a physique DE victime du lycée (oui, c’est totalement logique) tout en en faisant un ado bourré de fric.

 

Notre chère tante May a quant à elle rajeunie de plus de 30 ans. Oubliez la figure maternelle emprunt d’amour et de sagesse, dites bonjour à une Milf célibataire au cerveau de blonde plus en phase avec la nouvelle génération. Ah ça va en apporter de belles valeurs humaines aux jeunes d’aujourd’hui. Et c’est bien ça le plus gros reproche que j’ai à faire à ce nouveau Spiderman.  On est dans du Disney ou pas du Disney ? Bye bye la modestie.  Devinez quoi, Spider-Man : Far From Home reprend les mêmes, n’apprend pas de ses erreurs et refait les mêmes âneries.

 

Spiderman a-t-il tissé sa dernière toile ?

 

C’est donc en trainant des pieds et portant mon gros sac d’aprioris que je suis allé voir Spider-Man : Far From Home, dont le seul intérêt de mon déplacement reposait purement et simplement sur l’entrée de Jake Gyllenhaal et l’exploitation du multiverse entre-aperçu dans Avengers Endgame. Par l’utilisation de ce concept, l’univers cinématographique de Marvel ouvrait de multiples possibilités le rendant bien plus intelligent qu’auparavant.  De plus, en y réfléchissant, je trouvais ça plutôt intéressant cette revisite de Spider-Man se dispensant d’une origin story en choisissant de raconter des petites histoires permettant de façonner la destinée de notre tisseur, le tout en ajoutant en toile de fond le rapport père/fils symbolique entre Peter Tony Stark.

spiderman far from home Peter Parker en tenue de Spiderman regarde un graffiti d'Iron Man

Ce film avait une lourde responsabilité après la conclusion d’Avengers Endgame. Tant et si bien qu’il était autant attendu que redouté. Quelques pistes étaient données dans la bande annonce et sous entendait une fin de phase 3 posant les édifices pour une future phase 4 partant dans une direction captivante. Si vous étiez comme moi motivé à l’idée de voir ce deuxième opus de Spidey seulement pour ça, attendez-vous à vomir. J’aurai voulu vous dire que finalement, j’avais mal jugé Spider-Man : Far From Home. Ca ne sera pas le cas. Spider-Man : Far From Home crache purement et simplement sur l’héritage des Avengers, osant tourner à 80% à la rigolade les conséquences d’Endgame. La palme revenant aux deux scènes post générique. A vous donner envie de lâcher l’univers.

Spiderman Far From Home Spiderman face aux journalistes

Que de fausses pistes avant sortie du film et jusqu’à la première heure du film, on nous a menti, on nous reprend pour des débiles ignares de gavant de malbouffe cinématographique. Ravalons notre fierté, donnons lui le bénéfice du doute, essayons toutefois de voir ce que ce deuxième épisode propose concrètement.

Spiderman Far From Home un message de Tant May sur le costume de Spiderman de Peter Parker

L’intrigue se situe peu de temps après Endgame. Le retour de la moitié de la population mondiale doit se réadapter. Partant de là, les gens ont une bonne raison de flipper, d’autant plus avec la disparition de leurs sauveurs et des super vilains bien décider à en profiter. Toute l’humanité semble se tourner alors vers Spider-Man. Grosse pression pour un novice en collants dont ici, est plus intéressée par partir en Europe avec sa classe et en profiter pour déclarer sa flamme à MJ. Manque de bol, malgré les appels incessants de Nick Fury qu’il tente de snober, Spidey apprend qu’une nouvelle menace plane sur nous. C’est alors que surgissant de nulle part, arrive un nouveau héros et il a la classe: Mystério. La menace : quatre monstres élémentaux ayant détruit la Terre de Mysterio ont réussi à atterrir sur notre Terre et se sont dispersés dans le monde pour l’attaquer. Mystério en héros ? Dans les comics de Spidey ce super vilain connu de tous, est aussi crédible, charismatique et inoffensif que Rhino. Un méchant de seconde zone, dangereux uniquement en compagnie d’autres super vilains.

 

 

Qu’importe, au cinéma, on en a fait un type héroïque inspirant, compatissant et sage. Jake Gyllenhaal a définitivement la grande classe même dans une combi de super héros au départ ridicule. Ici, Mysterio appartient à une autre Terre qui a hélas disparue. Désormais, il est installé sur notre Terre et propose ses services à Nick Fury toujours assisté par Maria Hill. Forcément, Peter Parker qui fera sa rencontre, verra en ce personnage des similitudes et tombe immédiatement sous le charme. Jake Gyllenhaal faisant figure de nouveau mentor, de confident pour Peter, un duo très touchant, authentique, l’opposé total de toutes les autres relations superficielles de notre héros et ses amis.  Parce que c’est bien l’un des premiers reproches que j’ai à faire à cette suite, tout comme ça l’avait été pour le premier opus : la superficialité des relations entre personnages principaux et secondaires.

spiderman far from home Peter Parker sert la main de Quentin Beck alias Mysterio

Nouvel Iron man?!!! On veut y croire. Avec ces bases, on se dit chouette, l’intrigue va être une tuerie, emmener enfin Spiderman dans la direction que l’on souhaitait, lui donnant profondeur, suscitant de l’attachement et sentiment d’empathie en nous faisant voir les choses de son point de vue. Deuil, manque, transfert sur une autre personne, perte de repères, prise de responsabilité, choix, des trucs classiques mais logiques. Peter sur le point de passer à l’âge de la maturité? Nous avions donc absolument TOUT pour faire de ce Spider-Man : Far From Home LE meilleur épisode de toutes les interprétations de Spider-Man.  Et plouf, cet opus échoue sur TOUS les plans.

 

Je crois que Nick Fury a détourné nos vacances.

 

Quand Spider-Man se sabotait tout seul

 

Ca commence par le développement de Peter Parker, tellement titillé par ses hormones en ébullition qu’il en oubli la perte de son mentor ainsi que l’héritage que ce dernier lui a légué. Hormis 2/3 scènes touchantes, ce Spider-Man toujours « assisté par la technologie Stark et son assistant Happy lorgnant sur Tante May de TRES près» a la volonté de nous faire rire en nous plongeant dans du pur Teen Movie super héroïque. Spider-Man : Far From Home ne se prend que très peu au sérieux. Le pire c’est que les blagues sont foireuses, le comique de situation foireux. Au pire certains moments vous feront esquisser un sourire. Tous les personnages sont là pour déconner, qu’ils soient secondaires ou principaux alors que le fond de l’histoire et sa véritable ambition consistaient au départ à nous tourner vers de la tension et du drame.

Spiderman Far From Home la classe de Peter Parker part en bateau en italie

Pas d’histoire, pas de réel enjeu, ce road trip pour ados avec Spider-Man dedans donne la désagréable sensation d’assister à une blague orchestrée par les auteurs de Thor Le monde des ténèbres. La quête initiatique de Spider-Man tombe à plat, et lorsqu’on apprend le pourquoi du comment concernant ce personnage génial qu’ait Quentin Beck alias Mysterio, l’envie de tout faire péter nous envahie. Pas faute de Jake Gyllenhaal de faire preuve d’un charisme indiscutable. Voila qu’on sabote le personnage, l’envoyant dans une direction improbable alors que ces premières scènes annonçaient vraiment du bon pour lui.

Spiderman Far From Home Spiderman plane pres du tower bridge de londres

Absurdités, absurdités, Far From Home enchaine les décisions absurdes, sabote toutes les bonnes idées qu’il avait en stock. Il en va de même pour les scènes d’action dispersées ça et là pour ne pas oublier que oui, nous sommes dans un Marvel, qui plus ait, un film sur Spiderman. Rien à dire sur les scènes incluant Mysterio, une claque visuelle alors qu’au départ, Mysterio en live, ça annonçait du nanar. Le reste par contre… . Aucun style, une mise en scène classique pour un Spider-Man impersonnel très mal mis en valeur. Les scènes d’action de ce Spidey sont d’un ennui total. Quant à l’affrontement final, il en vient à vous attaquer violemment les tympans et globes oculaires. Je me plaignais des scènes de nuit dans Homecoming, je me plaignais du surestimé « Black Panther », là Jon Watts fait pire.

Spiderman Far From Home screen

La bande originale va peut être relever le niveau? Pardon, je dois retirer la chasse, tout n’est pas parti. Plates, les musiques de Far From Home sont plates et répétitives. Toujours pas de thème accrocheur lié à son héros et où on se dit « ça c’est la musique de Spider-Man« . On a commit l’affront impardonnable de rendre insipide l’égérie de Marvel.

Spiderman Far From Home Mary Jane Quote

Il y a bien au moins deux petites choses positives que j’ai aimé dans ce film : l’énorme surprise réservée aux fans du Spider-Man de Sam Raimi, et la petite romance Peter/MJ. Ils sont mignons, maladroits, leurs interprètes sont ici honnêtes dans leur jeu, Tom Holland et Zendaya m’ont ému. Oui, je l’avoue. Une romance qui ne s’accapare pas tout le film, je dis oui et merci. Le reste : poubelle, direction incinérateur. Retour à la case départ mais sans les têtes charismatiques du MCU ?! J’avais raison d’avoir peur pour la suite d’Endgame.

 

Au final, frustrant, décevant, irritant, tels sont les qualificatifs que l’on peut se permettre d’associer à ce Spider-Man: Far From Home. Une supercherie, l’épisode le plus nul tout reboot confondu, c’est bien lui. A vous donner envie de relever le niveau du Spiderman 3 de Sam Raimi.

 

 

 

 

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