Le roi Lion 2019 : Retour dans la terre des lions…avec des VRAIS lions

C’est l’heure… . 25 ans plus tard, nous voici de retour en Terre des lions et elle a quelque peu changé. Simba et toute la petite famille du Roi Lion vient de passer de personnages dessinés à véritables animaux de la savane. Jon Favreau, après le live-action du Livre de la jungle, s’attaque à un mastodonte de chez Disney. Fans de la première heure chérissant ce film depuis des années, allez vous rugir de plaisir en redécouvrant d’une manière différente votre classique favori?

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Jon Favreau

Genre : Animation, Aventure

Film Américain

Durée : 1h55 environ

 

Douche froide en pleine savane

 

Nants ingonyama bagithi baba

Sithi uhhmm ingonyama

Nants ingonyama bagithi baba

Sithi uhhmm ingonyama

Ingonyama

Siyo nqoba

Ingonyama

 

Jamais je n’aurai pu imaginer que 25 ans plus tard, à l’âge de 34 ans, je retournerai voir sous une autre forme le plus beau des classiques des studios Disney. Ce classique qui m’aura fait monter les larmes dès l’entente de sa première chanson ouvrant son histoire, ce classique responsable d’un de mes plus grands chagrins d’enfant, ce classique méritant son succès grâce à sa symbolique, ses discours poignants, cette philosophie de vie source d’inspiration, sa mise en scène relevant du génie, sa jolie mise en valeur de la savane, ainsi que tous ses moments importants nous emportant dans un tourbillon d’émotions où joie, tristesse, éclats de rires et tendresse se passaient le relais. Je n’arrive pas à croire que je vais retourner en Terre des lions retrouver tous les personnages de cet univers. Des personnages plus réels puisque, tout comme « Le livre de la jungle » avant lui, son réalisateur, Jon Favreau, souhaitait passer d’animaux créés à la main à animaux créés par ordinateurs , tout ça dans le but de mieux simuler les muscles, la peau et la fourrure de chacun. Mon cœur et mon âme se sont préparé, retour dans la savane, 25 ans après.

Le roi lion 2019 scène de présentation de simba aux animaux de la savane

Je ne vous cache pas la surexcitation et le bonheur rééprouvé à l’idée de replonger dans l’histoire qui a bercée ma jeunesse. Une tragédie, un coup de poignard en plein cœur, mes yeux s’apprêtant à être ébahis, mon corps à ressentir des frissons, tous les trois font volte face dès le levé du soleil dans la savane de notre Roi Lion version Live-action. Revivre ce souvenir très intime, aurait dû me donner la sensation de retourner dans mon corps d’enfant le jour où j’ai découvert pour la première fois ce film. J’étais sincèrement prêt à accueillir cette relecture, prêt à vire quelque chose de différent. Je n’ai absolument rien ressenti.

Le roi lion 2019 Simba aux cotés de Mufasa

Oui, Le roi lion 2019 est beau, offre des paysages oniriques à tomber par terre, donne envie de câliner le doux pelage du petit Simba, non l’effet « nostalgique » ne passe pas. Toutes ses sensations éprouvées à chaque séquence et chanson culte censées ressurgir du passé pour s’installer de nos jours, s’effritent. Rien de ce qui a fait le succès de l’œuvre de Rob Minkoff et  Roger Allers ne se reflètera ici. L’adaptation de Jon Favreau  penche vers un documentaire animalier sans voix off et accompagné de la bande son du Roi lion.

Le roi lion 2019 Simba et Nala au cimetière des éléphants

Pour le coup, je préfère regarder « Félins ». De toute ma vie, jamais je n’aurai pensé dire qu’une adaptation live signée Disney a été une purge à regarder. De la présentation de Simba (Rafiki en mode blasé préfère se tenir assis au bout du rocher des lions pour soulever Simba devant la foule qui s’en tamponne royalement du futur roi) en passant par l’attaque de gnous, abominable constatation : qu’est ce que c’est mou ! Le duel final Scar/Simba sera la seule scène reconstituée respectant à la lettre son ainé.

 

Une réussite technique et c’est tout ?!

 

Aladdin, parfait exemple de bon « recyclage ». Il suivait les grandes lignes de l’original tout en changeant pas mal de petites choses, en rajoutait d’autres et permettait donc d’offrir une nouvelle vision de l’univers. Le Roi Lion lui ne fera pas ça. Excepté une nouvelle chanson furtive, quelques rallonges et développement plus poussé de certains personnages secondaires (Nala et Sarabi par exemple), peu de nouveautés dans cette adaptation. Nous les fans, connaissant « Le roi lion » par cœur, on a bien compris que ces rallonges ne sont présentes que pour meubler le film et le rendre plus long, moins expéditif. Certains se plaignaient du live de La Belle et la Bête, qu’ils s’attendent à véritablement éprouver cette sensation en regardant Le Roi lion.

Le roi lion 2019 comparatif avec la version 1994

Le roi lion joue donc le fainéant en copiant bêtement son ainé et le pire c’est que même là, dû à la mauvaise prise d’intonation des doubleurs français, la paresse de la caméra et la gestion des musiques, il est incapable de le copier correctement, ratant toutes les scènes importantes. Le syndrome de la mauvaise copie ? Plans par plans, dialogues par dialogues, chansons par chansons, musiques par musiques, Favreau et son équipe tentent vainement de reprendre tous les éléments de la version de 1994. Résultat des courses, vous n’aurez pas de frissons, de joie au moment venu, de souffrance émotionnelle pile où vous deviez souffrir, votre cœur n’éprouvera même plus l’envie de chanter les chansons que vous connaissez déjà par cœur. Passé outre l’effet nostalgie et mise à jour technologique, vous vous sentirez comme manipulé.

 

Soyez prêtes pour le coup le plus génial

Soyez prêtes pour le plus beau scandale

Je dis compromission

Je dis conspiration

Je crie humiliation

 

Si vous connaissez sur le bout des doigts « Le roi lion », vous devez sans l’ombre d’un doute vous rappelez de ces quelques paroles chantonnées par Scar avant la tragédie la plus marquante de l’univers Disney. Et si tout ceci était le véritable plan machiavélique échafaudé par le Scar de 1994? Il nous l’avait pourtant dit à travers sa chanson, il avait averti ses amies les hyènes à être prêtes pour le plus beau scandale. Finalement, le plus beau scandale n’était pas celui d’assassiner le roi Mufasa. Non, le scandale c’était celui de la création de ce live-action massacrant l’esprit du long métrage original. Jon Favreau bossait-il en secret avec Scar ?!

 

C’est terrible, c’est affreux, et ils se moquent de TOUT

 

La déception s’amplifiera à cause du choix esthétique, de la colorimétrie (une nouvelle œuvre souffrant du syndrome « Man of steel » ?!), des lions impossibles à dissocier les uns des autres (logique vous me direz…quoique…), et du changement de doubleurs. Le roi lion a non seulement perdu en émotion mais en plus, il a perdu son identité. Le cœur, l’âme propre au classique a disparue ?!

Easter eggs Lion king and Hercules disney tout s'explique

Le responsable de notre douleur: le rendu photo-réaliste de nos animaux. Je salue sincèrement la prouesse technique de passer d’animaux en 2D à véritables animaux, mais votre live-action tirant plus vers l’animation étant donné que tout a été fait par ordinateur, ne passe pas (au passage faudra m’expliquer comment vos mâles se reproduisent étant donné que vous avez gommé leur zigounette). Terrible contraste entre le matériau d’origine et le nouveau. Pour un film supposé coller à la réalité, ce Roi Lion nouvelle génération manque horriblement de vie. Le fait de donner une voix à chaque résidant de la savane ne rendra que plus incompréhensible l’existence de ce film.  Ou Patrick Bouchitey a sorti un nouveau volume de « La vie privée des animaux » sous titré : parodie « Le roi lion », ou des sadiques ont joué avec des cadavres d’animaux en les faisant bouger et parler avec du chewing gum éclaté dans la gueule (regardez l’extrait d’Hakuna Matata sur le net).

Le roi lion 2019 Simba et Nala se regardent en buvant de l'eau dans une rivière
Simba: Je vais te manger… Nala: Non JE vais te manger… L’amour ne brillera pas sous les étoiles.

Des héros déshumanisés, perdant toutes les expressions qui, dans le dessin animé, les humanisaient. Ses visages si expressifs, ses yeux reflétant leur âme, ses gestuelles gracieuses, tout ce pour quoi on éprouvait autant de compassion, d’émotion, d’attachement et de respect envers chacun ne sont plus. Flagrante la comparaison entre les expressions faciales de nos héros préférés et celles de 2019. Pour « Le monde de Narnia », ça passait, pour « L’incroyable voyage 1 et 2 «, différent mais ça passait également, pour « Le livre de la jungle », ça a réussissait à passer en gardant un poil l’aspect cartoon. Le roi lion : nada.  A l’heure actuelle on arrive encore à rater ça ?

Le roi lion 2019 Scar entouré des hyènes

Scar, à la hauteur du charisme de Jafar du live-action d’Aladdin (le lion a au moins l’excuse d’être animé par ordinateur), le nouveau design de Zazu et Pumbaa est un véritable cauchemar pour les yeux. Je conçois que ces personnages paraissent moins amicaux dès le moment où on les a rendus plus réels. Sauf que le rendu final penche vers leur version maléfique. Prends encore ça à ton enfance vermine de nostalgique ! Pumbaa, il fait flipper, t’as clairement pas envie qu’il chante « Hakuna Matata » ni même qu’il plaisante avec toi. Ce n’est pas le Pumbaa que je connais, c’est une sorte d’animal démoniaque tout droit sorti du Necronomicon, à la personnalité gentillette crée uniquement pour te séduire et voler ton âme une fois ta garde baissée. Tu ne m’auras pas démon blagueur !

pumbaa-f

Le doublage Français achèvera le tout, détruisant définitivement l’intensité dramatique du classique. Pourquoi n’est-on pas allé au bout des choses en changeant tout le casting vocal original? Pourquoi avoir recontacté Jean Reno déjà pas très motivé à l’idée de reprendre la voix de Mufasa (vous le ressentirez dès son introduction), si c’est pour saccager le reste en le complétant par des doubleurs bas de gamme ? Comment a-t-on pu prendre une décision si stupide chez Disney ? La vf sabote le peu de bonnes intentions qu’il reste de ce film.

Le roi lion 2019 Timon et Pumbaa

Jamel Debbouze dans la peau de Timon, et Alban Ivanov pour Pumbaa. Tout le charme du duo doublé à l’origine par Jean-Philippe Puymartin et Michel Elias, a clairement perdu au change. Rien à dire sur Alban Ivanov, il fait un assez bon job. Certes, moins bon que Michel Elias mais un bon job. Par contre, le travail de Jamel sur Timon, lui, laisse perplexe. Le comédien, prié par Disney d’être dans la retenue « et ça se ressent dans son intonation », n’a pas saisi l’essence de ce qui faisait de Timon, Timon. Pour cause, ses passages où l’ancienne nature du comédien reprend le dessus, nous illustrant un Jamel Debbouze dans la peau d’un suricate, aucunement Jamel Debbouze dans la peau de Timon.

skynews-the-lion-king-timon-and-pumbaa_4716977

Croyez le ou non, le travail de Jamel sur Timon a beau nous rendre incontestablement hésitant, les séquences incluant ce duo délirant vecteur d’humour, relèvent non seulement le niveau bien bas du Roi Lion, mais en plus, nous nous apercevons que notre suricate et phacochère sont les deux seuls personnages en plus des hyènes, à ne pas avoir été maltraités. On a même oser prendre des risques, changeant quelque chose dans leur environnement, et modifiant la manière de filmer pour fêter ce ton plus décalé en penchant vers ce qui faisait le charme de l’œuvre originale. Le metteur en scène, en grève depuis le début du film, a finalement reprit le chemin du boulot.  Malheureusement, cet élan de motivation sera de courte durée. Comment voulez vous que la magie ressentie en 94 se ressente dans celle de 2019 puisque l’équipe de Favreau trouve même le moyen de gâcher le peu de bonnes intentions qu’elle a?

Le roi lion Rafiki jettant Simba lors de sa présentation aux animaux de la savane
Voila ce que Le roi lion 2019 fait de votre enfance.

Ce film est un échec, usant de son effet nostalgique pour nous berner sauf qu’il n’a pas la conviction du Roi Lion de 1994. Par respect pour votre enfance, pour éviter des dégâts irréparables sur ce classique que vous chérissiez, ne détruisez pas le souvenir intemporel que vous aviez de lui, ne faites pas la bêtise que j’ai faite, restez sur la version de 94.

 

Au final, le choix de donner une seconde vie à ce classique Disney, de transformer un animé en œuvre en prise de vue réelle était la pire des idées et ce malgré la beauté du rendu. Les chansons légèrement modifiées ont perdu leur rythme entrainant à cause du décalage de tempo entre musiques et mouvements de caméra et/ou de personnages, les animaux, ont perdu leur grâce, les répliques, de leur vivacité, le doublage français, d’authenticité et d’émotions, quant aux placements de caméra et effets de travelling donnant profondeur et relief, provoquant en nous une immersion totale dans l’univers, ils répondent absents. La portée symbolique, philosophique, en sommes tout ce qui fait la puissance du Roi Lion s’effondre à cause du passage à la réalité. Le roi lion 2019 a oublié qui était son ainé. Ca sent mauvais dans l’air et Pumbaa n’en est pas responsable.

 

 

 

Publicités

4 commentaires

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.