The Raid : Il n’y aura pas de renforts

Le cinéma d’horreur a eu son « Paranormal Activity », le cinéma d’action a son « The raid ». Faire mieux qu’un blockbuster avec un petit budget, c’est possible, cette œuvre en ait la preuve vivante. Un flic intègre piégé avec son équipe dans un immeuble rempli d’hommes surentrainés armés jusqu’aux dents. Attendez-vous à voir du gun fight hyper réaliste et jamais vu dans toute l’histoire du cinéma d’action.

 

Fiche technique

 

Réalisé par Gareth Evans

Genre : Action, Thriller, Arts martiaux

Film Américain et Indonésien

Durée : 1h41 environ

Interdit aux moins de 16 ans

 

L’énorme buzz tournant autour de la sortie de ce film était mérité

 

Une dure journée s’annonce pour Rama et je peux vous dire que « La journée en enfer » vécue par Bruce Willis : de la pacotille à coté de celle de lui. 20 Juin 2012, le fan de cinéma d’action que je suis depuis l’âge de 5 ans où à l’époque, je baignais dans les films de Jackie Chan et Schwarzenegger, jubilait au cinéma. Les films d’action des eighties étaient plutôt brutaux mais avec « The raid », le mot « brutal » prend un tout autre sens. Ce film m’a crevé. Jamais je ne m’étais autant défoulé.

The raid plan sur une montre et un pistolet

Vous allez suer, mettre vos sens à rude épreuve pour tenter de survivre et en prime, découvrir un nouveau style d’art martial qui ne fait pas dans la dentelle. Le Pencak-silat ou sobrement, silat, vous connaissez ? Si c’est non, ça tombe bien parce que « The raid » va vous montrer à quoi ressemble cet art martial d’origine Indonésienne comptant plus de 200 styles rien qu’en Indonésie (The raid en montrant seulement trois) où l’on utilise les coudes, les genoux, les pieds, les poings, les immobilisations, les clés, les projections, et si le cœur nous en dit, toute arme blanche, le tout en débutant les yeux dans les yeux face à son adversaire. Préparez-vous à vivre une expérience cinématographique inédite.

The raid Jaka devant l'immeuble

Avant les « John Wick Chapitres 1 à 3 », « The Expendables 3 » et autres « Dredd », il y avait « The raid 1 et 2 », ouvrant la voie sur du cinéma d’action plus fluide, plus risqué, plus bourrin, plus fun. Comme n’importe quel autre film d’action, bien qu’ici il y est quelques rebondissements et revirements de situations intéressants, le scénario ne sera pas le point fort de « The raid ». Nous ce qui nous intéresse, c’est la BAGARRE. Pendant plus d’une heure quarante vous voila déambuler aux cotés de notre recrue mise en avant dès la première demi heure, perdant un à un ses coéquipiers dans un immeuble truffé d’appartements et de longs couloirs interminables où n’importe quel individu hostile peut en sortir.

The Raid Rama contre l'homme à la machette

Avis aux gamers, « The raid » rappelle « Street of Rage » dont l’action se situerait dans un immeuble. Sur la route, on affronte des petites frappes, des colosses, avant de se frotter à quelques boss puissants qui vous en font bien baver. Ce film a pour but de confirmer la volonté des asiatiques à créer quelque chose d’authentique. Sur le plan des fusillades, cascades et arts martiaux, il n’y a pas mieux. « The raid » possède le charme de ces ainés. Pour son sens du détail dans les scènes de combat et le fait que les artistes participant à ses séquences sont de vrais artistes martiaux avec une vraie pratique et non pas des acteurs choisis uniquement pour leur physique/notoriété s’entrainant plusieurs mois  afin de tenter de se faire passer pour des experts en arts martiaux.

 

-Qui d’autre est au courant qu’on est là ? Dans quoi vous nous avez embarqué lieutenant ?

-On est seul.

 

Le fight club level 10 ?

 

« The raid » est donc ce genre de film vrai où certes, les acteurs principaux et secondaires sont inconnus et quelconque si on les compare à des Stallone/Chan/VanDamme mais envoient du lourd question action. Iko Uwai, l’interprète principal de « The raid » a tout autour de lui, cet aura ne laissant pas indifférent. Iko ne plaisantera pas face à ses adversaires ne plaisantant pas eux non plus. Une détermination impressionnante. Iko inspire. Et encore, attendez de le voir dans « The raid 2 » ! Gareth Evans met en valeur notre héros et il le fait bien puisqu’au départ, bien qu’introduit dès les premières secondes, absolument tout était construit de sorte à ce que le héros soit plutôt Jaka, le chef ultra charismatique de l’équipe.

The raid Jaka à terre face à Mad Dog pointant son arme sur lui
Mad Dog, vous allez adoré le détester.

Chorégraphies extraordinaires et crédibles « pour certaines », action nerveuse, environnement crade et funeste, peu d’effets spéciaux, pas de câbles utilisés, jeu des acteurs et doublage français excellents (une rareté), pas de doublures, des images donnant un style semi-documentaire, question cascades et shoot, « The raid » fait passer la moitié des films d’action de ses 15 dernières années pour des Disney. La musique est prenante, renforce la qualité du film d’une immersion tellement poussée qu’on se sent oppressé et angoissé comme lorsqu’on regarde un film d’horreur. « The raid » niveau ambiance et esthétisme surprend. Ca c’est du huis clos.

the raid Rama frappant la tête d'un criminel plusieurs fois contre un mur
Un seul coup contre mur c’était pas suffisant? Pas dans un film où une blessure pare-balle est l’équivalent d’une piqure de moustique. 

Mot d’ordre : réalisme. Enfin presque si on ne tient pas compte de tous ses types mangeant tatanes sur tatanes et réussissant on ne sait par quelle force surnaturelle à se relever (mention au « boss » final continuant de bouger avec un tube en polyester enfoncé dans la gorge). Vous l’aurez compris, dans « The raid », on se fait bobo, les coups portés sont rythmés, percutants, avec un vrai sens du timing, on entend le bruit de l’impact des balles ricochant sur des surfaces, s’encastrant dans les murs ou créant des dommages irréversibles ou pas sur le corps de tel ou tel individu, rien n’est superflu et trafiqué par ordinateur, la caméra est fluide, suit toute la narration dans ses petits…TRES TRES petits et grands espaces, et se permet d’inclure pour la première fois des plans séquences, les mêmes styles de plans dont s’inspirait plus tard la série Daredevil. Oui, « The raid » aura inspiré nombreux réalisateurs du genre.

The raid Rama dans un long couloir face à 4 hommes armés

« The raid » on ne le regarde pas, on le vit. Gareth Evans a filmé son film de sorte à ce que vous preniez véritablement part à l’aventure, comme si vous étiez l’un des équipiers de Rama. Un trou dans le planché, la caméra passe dans le trou, Rama faisant un spear sur un criminel pour tomber tous deux par la fenêtre et atterrir sur le balcon deux/trois étages plus bas, on les suit.

The raid Rama coincé dans un mur et bloqué par une machette

Ca souffle au point de sentir l’oxygène manquer, ça sue, ça hurle de rage, ça titube, ça pousse son corps à bout, ça encaisse les coups « parfois de manière surnaturelle », ça mange des coups de couteaux, parfois de machette, mais ça tient bon pour sa femme et son futur enfant. Un peu de parlotte pour faire le point sur la situation, on va toutefois à l’essentiel, on n’est pas là pour contempler le paysage ou faire une introspection de sa vie par le biais de son héros, on survie à des hordes de mecs ne cherchant pas à nous faire peur mais à nous zigouiller.

 

Tuer avec une arme c’est aussi facile que…commander dans un fast food. C’est fade.  (Montrant ses poings), ça, c’est beaucoup mieux, c’est nettement plus excitant. Et ce jeu là moi, il me plait.

 

Au final, « The raid » vous fera perdre plus de dix kilos à force de suer aux cotés de son héros en prenant plein la figure. Un défouloir comme jamais on ne c’était autant défoulé en regardant un film d’action. Sans copier le style Hongkongais ou Thaïlandais, sans punchlines et autres éléments caricaturaux du genre, Gareth Evans, grand fan depuis enfant du cinéma asiatique, apporte quelque chose de nouveau, sait filmer, utilisant des angles de caméras audacieux. Rien que pour tout ça, nous faisons main basse sur le scénario et ces incohérences montrant que visiblement, les Indonésiens ont dû métal planqué sous leur épiderme. En parallèle, ce film m’aura apprit qu’être petit a ses avantages quand on sait cogner. 

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