Bleeding Steel : Jackie Chan vers l’infini et au delà

Pour la première fois de sa carrière, Jackie Chan continuant à jouer dans différents genres, s’essaye à la science fiction. Tout en prenant soin d’ajouter son lot de moments comiques et d’action héroïque histoire de ne pas dérouter ses fans fidèles, avec Bleeding Steel, Jackie interprète un agent des forces spéciales protégeant une jeune fille mystérieuse détenant un secret convoité par de dangereux criminels au look cyberpunk.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Leo Zhang

Genre: Action, Science fiction, Comédie

Film Chinois et Australien

Durée : 1h50 environ

 

Jackie almost in space

 

Jackie Chan en combinaison futuriste jouant de la tatane tout en tirant au pistolet laser sur des mecs tous droits sortis d’un manga à la « Ghost In The Shell », j’achète direct ! Enfant, j’aurai tout donné pour voir ça au cinéma.

Bleeding Steel 2017 Lin Dong et sa coéquipière devant un coeur artificiel

Avant même de sortir en Chine, Bleeding Steel charmait bons nombres de fan de Jackie Chan. Son affiche vertigineuse lançant « ou pas » un petit pic à un certain Tom Cruise histoire de montrer qui est le maitre de la cascade, annonçait la couleur. Une simple mise en bouche. La bande annonce présentant l’univers de ce nouveau film intégrait des scènes d’action bien nerveuses avec notamment une scène voyant Jackie se battre et jouer de son équilibre sur le toit de l’Opéra Sydney. Ceci n’étant pas sans rappeler à certains les scènes de « New Police Story » et « Who Am I », rare film à ne pas avoir été distribué en France. Par la suite, on apprenait que Bleeding Steel était le film contenant le plus de scènes d’actions dans la filmographie de Jackie Chan. Ajoutez à ça le fait que les films de Science Fiction Asiatiques sont une denrée rare et vous pouvez être sûr que ce produit attirerait l’attention. 

Bleeding Steel 2017 Lin Dong à couvert contre une voiture renversée sous la pluie

Deux très longues années plus tard, Bleeding Steel sort « malheureusement » en France en DTV. La soixante passée, tout type normalement constitué est en droit de s’interroger sur l’énergie continuant de circuler à vive allure dans les veines de Jackie Chan. Pure folie d’imaginer l’acrobate Chinois perdre de sa vivacité. Il n’a pas épuisé son stock de réserves, il en reste encore des litres pour au moins 10 années de plus ! Après Foreigner, l’acteur vient dire bonjour à un genre qu’il a toujours fuit à cause de l’utilisation de fond vert: la science fiction. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Jackie n’en est pas un. Son Bleeding Steel, à l’écran, d’un point de vue imaginatif, il est totalement barré et soyez sûr que quand il est question de s’éclater comme des gosses, les Chinois ne font pas les choses à moitié. Alors il y aura du bon, du mauvais, du mi-bon/ mi-mauvais, mais pas de mimolette. Ce nouveau Jackie Chan promettait du renouveau et il le fera. Peut être pas de la manière escomptée mais soyez assuré que vous serez dérouté.

Bleeding Steel 2017 Lin Dong ensanglanté dans sa voiture dont le pare-brise a été cassé

Le premier quart d’heure de nuit sous la pluie est une pure merveille à lui seul. Jamais on n’avait vu ça. 15 minutes d’action nerveuse, une plongée dans du polar noir dramatique. Esthétisme soignée, caméra utilisée ingénieusement, effets pyrotechniques de dingue, ces quinze minutes d’action envoyaient du Pâté Impérial pour du Jackie Chan. Pendant tout ce temps pas d’élément comique, du Jackie Chan sérieux, désespéré, face à deux grands défis dont jamais un homme ne devrait avoir à affronter : choisir entre sa fille souffrant de leucémie et dans un état critique ou protéger un témoin clé menacé par un adversaire quasi indestructible (petit clin d’œil à Terminator en prime). En 15 minutes, le sang coule, les morts s’accumulent. A coté, la séquence de jeu de massacre décimant tous les hommes de Jackie dans « New Police Story », n’est qu’une partie de plaisir.

Bleeding Steel 2017 affrontement sur le toit de l'opéra de Sydney

Dès lors, aucun doute possible, ce Jackie Chan sera d’anthologie. Puis après une ellipse temporelle, nos certitudes sont remises en question. Nous voila 13 ans plus tard, quitter HongKong pour Sydney, découvrant l’enjeu, les personnages secondaires et antagonistes de notre histoire.  Est-ce le saut dans le temps qui a influencé l’esprit de Bleeding Steel ? Mystère.

Bleeding Steel 2017 La femme en noire entourée de deux hommes en combinaison futuriste

En seulement 2 minutes, on change de lieu et d’esthétisme mais en plus la comédie ce pointe, et une bad guy sans doute grande fan d’Albator est présentée de manière hyper caricaturale. Conséquence tragique, la crédibilité du film en est touchée de plein fouet. Au pays des films de Jackie Chan, habituellement, les méchants très méchants et grimaçant ça passe. Habituellement insérer à petite ou grande dose de l’humour n’est pas dérangeant. Là, ce n’est pas le cas. Les méchants n’amusent pas, l’humour ne marche pas, pire, c’est ridicule.

Bleeding Steel 2017 Lin Dong en compagnie de sa coéquipière et de Li Sen étonné

Bleeding Steel souffre de plusieurs maux : déjà sa narration. Entre la séquence d’ouverture puis ce qui arrive par la suite, le fossé est immense. On se demande si le long métrage n’a pas changé de scénariste en cours de route. L’humour marche une fois sur trois, les méchants n’impressionnent pas, comble de malchance, Jackie Chan a bien mal choisit ces deux nouveaux acteurs. Show Luo, jeune acteur et chanteur pop en sidekick de Jackie copie ce dernier lamentablement, et Nana Ou-Yang, musicienne et actrice Taïwanaise voit son jeu anecdotique malgré le fort potentiel de son personnage. Jackie Chan va devoir continuer les recherches.

Clou du spectacle: le bad guy, le nemesis de Jackie. Attention amis du kitsch vous êtes les bienvenus car voici venir « Andre » interprété par Callan Mulvey (oui, Drazic d’Hartley Coeur à vif et un des criminels ayant osé se frotter à l’homme chauve souris dans Batman V Superman). Pauvre Callan réduit à jouer une sorte de Borg de Star Trek. Super l’originalité. En prime, l’acteur n’y croit pas, et nous n’en plus.

Avec tout ça, plus les incohérences (Plein de gadgets futuriste mais pas de voitures futuristes ?), le montage crado, les intrigues secondaires peu développées, des scènes exagérées se rapprochant d’un film pour enfants, Bleeding Steel perd de sa superbe et obtient une place de choix dans la catégorie des films qui ont le postérieur coincé entre deux chaises. Même la direction artistique semble être coincée alors que les décors dans lesquels nous évoluons sont beaux où que nous allions. Bleeding Steel ne sait pas sur quel pied danser. Sérieux ou drôle?  Sombre ou kitsch? Mature ou immature ? Futuriste ou pas? Impossible pour lui de choisir.

Bleeding Steel 2017 Lin Dong regarde de manière attendrissante la jeune Nancy

Malgré l’accumulation de défauts, j’ai réussi je ne sais par quel miracle à sauter au dessus de tout ça, ne plus y penser et trouver Bleeding Steel divertissant, jamais ennuyeux. Même si l’y a des choix créatifs de mauvais gouts, ça sent l’œuvre faite avec passion, je vois en elle quelques bonnes intentions arrivant à rehausser le niveau bien bas de ce film:

 

  • Son introduction intense digne d’un final,
  • Ses rebondissements, ses flashbacks intéressants développant les personnages d’Andre et Nancy (la jeune fille prise pour cible par les bad guy),
  • Sa volonté d’offrir quelque chose de nouveau aux fans d’un Jackie Chan désireux de se renouveler et tant pis s’il choque (Jackie reniant pour l’occasion sa marque de fabrique qui est de ne jamais ôter la vie aux bad guy qu’il affronte, ça surprend mais c’est cool),
  • Faire revenir Jackie en grande pompe après un petit moment d’absence histoire de laisser place aux jeunes,
  • Son large choix de séquences d’action bien filmées,
  • Ses décors rappelant de vieux mangas Cyberpunk,
  • Le final penché vers le space opéra,
  • Son histoire touchante et surprenante tournant autour de la fille de Lin Dong « Jackie Chan ».

 

Au final, pas très bien écrit, pas toujours bien monté, de jeunes acteurs mi-têtes à claques mi-attachants (je ne pensais pas ça possible), de l’humour souvent lourd, Bleeding Steel a été sauvé du désastre grâce à sa séquence d’ouverture, ses scènes d’action géniales, ses quelques petites touches graphiques cyberpunk plutôt sympas, le retour en vf de William Coryn, le jeu énergique, authentique et touchant d’un Jackie Chan qui soigne maintenant ses entrées à la Schwarzenegger. 

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.