Doctor Sleep : Vous avez raison, ça va repartir…

Mettez votre Shining en veilleuse. Un groupe d’individus démoniaques piste les détenteurs du Shining et se nourrissent de leurs souffrances et de leurs cris pour vivre éternellement. La jeune Abra est leur prochaine proie. Heureusement pour elle, Danny Torrance est en contact télépathique avec elle. Ensemble, ils vont devoir choisir entre fuir Rosie et sa bande ou l’affronter. Oserez-vous retourner dans le lieu de tous vos cauchemars? Danny Torrance, il y retourne, pour la bonne cause dans Doctor Sleep.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Mike Flanagan

Genre : Epouvante, Horreur, Fantastique, Thriller, Drame

Film Américain

Durée : 2h30 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

 

La suite qui respectait son homologue

 

Son palace isolé dans les montagnes Rocheuses du Colorado, ses couloirs interminables où l’on aime s’y promener à bicyclette, son chef cuisiner pas très rassurant, ce petit garçon étrange au pouvoir surnaturel et parlant à son doigt, son ascenseur où, originalité le sang coule à flot, ses jumelles Grady attendant sagement dans un long couloir pour jouer avec vous, sa chambre 237 interdite où réside une vieille résidente toute nue vous attendant elle aussi sagement…sous la douche, son barman plutôt sympathique, son labyrinthe, l’hôtel Overlook est heureux de vous accueillir de nouveau après un dernier séjour pour le moment étrange et funeste… .

Doctor sleep Danny Torrance, adulte seul dans sa chambre sur son lit

Mon petit doigt appelé « Henry » me dit que la suite de ce que grand classique de Shining est sortie et qu’Ewan McGregor interprète notre cher Danny «  Canard, pour les intimes »  désormais adulte.  Figurez-vous que « Canard » ce porte très mal et on peut le comprendre après ce qu’il a vécut à l’âge de seulement 5 ans. Bagarreur, alcoolique, « Dan » comme il se fait dorénavant appelé, n’est plus que l’ombre de lui-même et même si le look d’Ewan McGregor nous rappelle un certain Obi Wan Kenobi, les deux n’ont en commun que leur jolie barbe.  Fort heureusement, Dan va se reprendre en main, recouvrir ses capacités surnaturelles et s’en servir pour apporter du réconfort aux patients mourants à l’hôpital dans lequel il travaille comme aide soignant. Une nouvelle mission bien plus importante va néanmoins le rappeler à l’ordre.

Doctor-Sleep Danny passant la tête dans le trou autrefois créé par la hache de son pere
Hello there (pardon, c’était trop tentant). Tel père, tel fils? Espérons que non.

L’Overlook Hôtel vous avait manqué ? Ca tombe bien, vous allez y retourner. Pas pour tout de suite,  avant, nous allons voir ce qu’il est advenu de Danny et Wendy Torrance, quelques semaines après avoir échappé à Jack, sa hache et notre hôtel hanté. Pas de rajeunissement numérique ni l’utilisation du visage des interprètes originaux, Doctor Sleep l’a joue à l’ancienne, se sert d’interprètes plus ou moins ressemblant pour continuer l’histoire.

Doctor sleep le groupe de Rosie rassemblé autour d'un feu
Rosie et sa bande ne sont pas tendres avec les enfants heureux possesseurs du Shining. Les fans de « La famille Addams » reconnaitront dans le groupe: Carel Struycken.

Encore sous le choc du carnage qu’a été Terminator : Dark Fate, j’ai dû méditer une journée entière pour savoir si oui ou non, j’irai voir la suite de Shining. Le souillage de classiques, j’ai eu ma dose pendant un LONG moment. Affichant une durée de 2h30, normal par les temps qui courent d’avoir peur que Doctor Sleep porte bien son nom.  Soyez assuré que votre plaid et votre oreiller, n’auront pas besoin d’êtres sorti. Les suites utiles et intelligentes de classiques du cinéma, ça existe à la seule condition : choisir un réalisateur suffisamment passionné et sensible pour éviter la copie bête et méchante crachant et sur la copie originale, et sur les fans. Mike Flanagan, réalisateur de la série « The Haunting », est le choix idéal. Flanagan en a fait des progrès depuis « Pas un bruit », et »Ouija: les origines ».

doctor-sleep Danny devant un miroir reflétant une inscription familiere sur le mur de sa chambre

Ca c’est un réalisateur amoureux de Shining. Ca se voit, ça se ressent dès les premières secondes.  Le vieux fan de Shining que vous êtes va très vite retrouver ses marques. Tout en faisant ressurgir l’un de nos cauchemars d’enfant, Mike Flanagan entend bien nous faire ressortir de la séance avec de nouveaux maux ainsi que des scènes et plans cultes. Du bon fan service placé de façon logique et crédible, du fan service que l’on se sert comme d’une passerelle entre premier opus et deuxième, tel est la volonté de Doctor Sleep.

Doctor sleep Rosie tenant son mystérieux thermos
Rebecca Ferguson sous son meilleur jour, un jour plutôt sombre…

En quelques secondes seulement, nous sentons que la suite de Shining, certes facile quelque fois, ne sera pas une suite stupide existant uniquement dans le but de rameuter la nouvelle génération de cinéphile et narguer les vieux nostalgiques.  C’est une vraie suite où la première heure psychologique et anxiogène entoure histoire et personnages de mystères. On ne sait pas ce qu’il va arriver à nos protagonistes, ni à ce qu’il va NOUS arriver.  L’intrigue mettra son temps à s’installer afin d’expliquer son univers au départ complexe sans informations. Voyez ce temps d’attente comme des préparatifs s’étalant  de 1980 à 2011 pour enfin s’ancrer à notre époque. Cette idée permet de suivre le parcours de Danny, Abra, gamine adorable, audacieuse, et pleine de ressources, et les bad guy de l’histoire, ceux qui agissaient dans l’ombre sans même qu’on s’en aperçoive, bien trop occupés à ce concentrer sur ce qu’il se passait à l’Overlook hôtel dans Shining.  Malin !

 

Pour les amoureux du VRAI cinéma d’horreur

 

Les visions d’horreur, l’atmosphère suffoquant accentuée par sa musique, les jeux de perspectives, les effets de transitions, les gros plans sur nos personnages terrifiés, Doctor Sleep m’a rappelé tout ce que j’aimais dans Shining, tout en y injectant une bonne dose d’émotion, de moments chocs (oui, du choc où on n’a pas peur de vous montrer des assassinats et cadavres de gosses), et quelques scènes immersives jouant sur la pesanteur. Sensations fortes garanties, choses que Shining ne possédait pas.  Ici, l’horreur se retournera contre la menace et nous verrons qui poussera des hurlements. Pourquoi je vous dis ça ? Et pourquoi « Doctor sleep » ? Surprise…

Doctor Sleep Abra

Il est vrai que si je chipote un peu, certaines séquences pouvaient êtres dispensables, mais n’oublions pas que sans leur présence, l’émotion ressortant des personnages de Danny, sa mère (dont la nouvelle interprète est moins tête à claques que l’ancienne), Abra et ce bon vieux Dick, ici interprété par le génial Carl Lumbly, ne serait pas si forte à mesure de l’avancement de l’histoire. Dans Doctor Sleep, chaque personnage est soigné. Même Rosie et sa bande sont bien traitées et mis en avant afin de saisir toute l’importance les entourant. C’est vous dire à quel point le réalisateur veille sur tout. Petit filtre verdâtre (la touche de Flanagan), visuel et fx propres,  jamais de surcharges en terme d’action, Flanagan il a bien géré son budget, chose que peu de réalisateurs à l’heure actuelle font.

Doctor Sleep Danny armé d'une hache se tenant à coté d'Abra dans les escaliers de l'hotel Overlook
Attendez-vous à un dernier acte cool, défoulant, horrifique, et nostalgique.

Surtout, d’un point de vue horrifique, Flanagan a compris que horreur ne se résume pas à jump scare et scènes dégoutantes. Les bruits inquiétants dont certains tambourinent dans notre corps et vibrent dans la pièce où nous nous trouvons, la peur du noir, ce sentiment de présence lorsqu’on est seul, la peur de la mort et la souffrance physique/psychique qu’elle engendre, Mike Flanagan sait quelles choses effraient, quelque soit l’âge du spectateur. Nouveau cauchemar en vue dans un univers riche?

 

Cet endroit est malade. Comme ma grand-mère. Un cancer, mais en pire.

 

Au final, pourquoi n’avons-nous pas eu une suite si respectueuse pour Terminator 2 ? Doctor Sleep, une vraie suite à un grand classique du cinéma apportant des réponses aux nombreuses interrogations ressortant de Shining. Une suite réalisée avec amour, interprétée avec amour par des acteurs talentueux, et composée par The Newton Brothers, compositeurs à suivre de très très près. Quant au dernier acte, pure nostalgie où l’on sait que là où nous nous trouvons, c’était voulu afin de clore définitivement le chapitre. Mon petit doigt me dit que j’ai assisté à la naissance d’un nouveau classique. A voir dans les prochaines années s’il le reste.

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.