Godzilla 2 Roi des monstres : Du vrai film de Kaijūs

Son souffle atomique, ses épines dorsale bleutés lumineuses, son célèbre cri de monstre, Godzilla est de retour pour une nouvelle aventure et promis, vous allez le voir combattre plein de grosses bestioles telles King Ghidorah le dragon à trois têtes, Rodan le ptéranodon mutant, ou bien encore Mothra, une mite géante alliée de Godzilla. Un nouvel affrontement est sur le point d’éclater, les humains se retrouvent encore au milieu. Godzilla 2 : Roi des monstres.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Michael Dougherty

Film Américain

Genre: Science fiction, Fantastique, Action, Aventure

Durée : 2h11 environ

 

Laissons-les se bagarrer

 

Il y a 5 ans de cela, Godzilla, monstre emblématique de la culture populaire Japonaise, renaissait de ses cendres Américaines après une interprétation signée Roland Emmerich pas vraiment à hauteur des films Japonais.  La nouvelle interprétation Américaine de 2014 était, il faut l’avoué, très belle en termes d’effets spéciaux, plus respectueuse du matériel d’origine. Hélas, Godzilla était peu visible,  faute de budget (ce qui m’étonne), ses scènes où il entrait dans un affrontement contre les mutos étaient coupées à chaque fois, et le scénario, passé la première heure prometteuse, enchainait par de nombreuses longueurs et une absence trop remarquée de Bryan Cranston, seul intérêt du film question casting. Après le retour de King Kong dans le magnifique Kong Skull Island, voila que Godzilla se repointait sur grand écran et cette fois, il promettait d’offrir aux fans ce qu’ils réclamaient.

Godzilla 2 Roi des monstres ishira serizawa devant la cour de justice à Washington.
A Washington DC, le dirigeant de Monarch, Ishiro Serizawa (Ken Watanabe), ainsi que son assistante, le Dr Vivienne Graham (Sally Hawkins), sont interrogés par la cour de justice sur l’avenir de Monarch et celui des Mutos.

Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, vous allez voir : du vrai Godzilla. Pas du Godzilla qui fait des petits ressemblants à des raptors sous stéroïdes échappés de la Isla Nublar, pas de scènes d’action coupées quand ça devient enfin intéressant, un Godzilla un peu plus présent que précédemment (grand temps il serait d’avoir Godzilla avec des humains et pas des humains avec Godzilla). Vous n’allez pas être frustré, vous allez avoir ce que vous avez demandé, et même si la partie humaine manque de profondeur malgré un jeu authentique indiscutable du casting, la partie Godzilla et mutos, elle, elle fonctionne à plein régimes.

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Godzilla, sa corpulence, sa crête bleutée lumineuse, sa gueule menaçante, ses petits yeux jaunes criant de vie fait face aux Mutos ou Titans, créatures terrifiantes, puissantes et bougrement intelligentes pour des bestioles. Les luttes seront nombreuses et dantesques, d’une durée plus qu’acceptable, et de quoi renvoyer certains spectateurs à leur enfance où ils faisaient mumuse avec leurs figurines. Ce film procure un vrai plaisir en termes de spectacle et d’action. La direction artistique hyper soignée nous livre des plans symboliques et contemplatifs du même calibre que celui de Kong Skull Island. Beau à en pleurer, chaque monstre est mit en valeur avec une entrée magistrale pour chacun, les scènes catastrophes rappellent les films du genre, Godzilla 2 : Roi des monstres offre tout ce que l’on espérait en terme de spectacle.

 

Les abattre serait une erreur. Ils sont revenus par notre faute.  Gozilla, a été réveillé par nos essais nucléaires. D’autres créatures comme les Mutos, par tous nos forages et nos études sismiques. Mais ce ne sont pas des monstres.  Ce sont des animaux qui veulent reconquérir le monde, celui sur lequel ils régnaient.

 

Longue vie au roi…Godzilla (et pas Simba pour une fois !)

 

Les effets spéciaux sont soignés, les scènes rythmées lisibles, les musiques de qualité, sous l’eau, sur terre et dans les airs, la caméra est immersive comme elle le faisait pour Godzilla 2014 en nous mettant à l’échelle humaine face à des créatures capables de réduire la Terre en poussière. D’un point de vue artistique, ce film est une leçon de cinéma.  Que demander de plus ? Un scénario fourni et crédible ? Vous êtes dans un film de Kaijūs, n’attendez pas de la profondeur dans l’histoire.

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Le scénario, même s’il cabotine parfois et qu’il est assez simpliste, est crédible, plausible, et blâme une fois encore les êtres humains responsables de ces évènements que sont le soulèvement des mutos.  Surpopulation, pollution, guerres, nous sommes devenus un vrai virus détruisant son lieu d’habitat. Seulement, la Terre ne nous appartient pas et en vue de nos actes, nous ne la méritons pas. La voie radicale: les titans, présents avant nous et de retour. Sont-ils « revenus » pour détruire afin de recréer ? Le scénario de Godzilla 2, là pour le coup, question Mutos, il est riche, explorant leur genèse.

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Quant au casting de Godzilla 2, il est solide : Kyle Chandler en papa en plein deuil aillant une dent contre Godzilla (obtenant enfin un rôle à hauteur de son talent et charisme), Vera Farmiga en maman désespérée faisant plein de trucs de désespérée (hélas en retrait malgré une interprétation propre), Millie Bobby Brown en adolescente un peu paumée entre les deux (égale à sa prestation vibrante dans Stranger Things), trio gagnant pour cette petite famille décomposée suite à un évènement tragique. Ken Watanabe débordant de sagesse (vous allez en avoir des répliques inspirantes), Charles Dance en ex militaire ambigu complètent le podium.

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La partie humaine reste toutefois inconsistante, le récit familial marche à moitié. Les humains jouent plus les faire valoir. Cependant, d’aussi loin que là franchise existe, ça a toujours été le cas. Le héros c’est Godzilla, ça l’a toujours été. L’idée d’ajouter ici la partie humaine permet simplement au film de garder une part d’humanité parmi ses grosses bêbêtes détruisant tout. Ce choix était rationnel, auquel cas, le film manquait d’âme. On aurait aimé un peu plus d’émotion mais il y en a. Le discours écologique certes répétitif est logique et plus que jamais d’actualité, en concordance avec ce que les films Godzilla ont toujours voulu nous montrer.

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Là où je me fâche, là où je me lasse : la bêtise miliaire américaine qui veut tout faire péter alors qu’on lui a dit que toutes ses utilisations de bombes sont responsables de la montée en puissance des Mutos.

Godzilla 2 Roi des monstres le Dr Ishiro Serizawa face à godzilla couché et mal en point
L’un des moments les plus émouvants du film.

Pour finir, pour tempérer, Godzilla 2 traite de rédemption, de traumatismes nous faisant faire des choix stupides, d’espoir. Ces thèmes seront bien traités. Godzilla 2 c’est du film optimiste derrière tous ces décors apocalyptiques et se désespoir.

 

Quelques fois, le seul moyen de guérir nos blessures est de faire la paix avec les démons qui nous les ont infligés.

 

Au final, Godzilla 2 : Roi des monstres respecte la franchise et la mythologie de l’univers, respecte cette nouvelle saga, et respecte le pays dans lequel il est né. Malgré la petite touche américaine clichée (moins qu’habituellement), il est puissant, émouvant, réfléchit, somptueux et nous en met plein les mirettes. On aurait aimé avoir eu une partie humaine plus profonde, il n’empêche qu’elle n’est pas si mauvaise parce que les acteurs et actrices y ont mis leurs tripes. L’adjectif qu’illustre ce que représente Godzilla 2: Titanesque. Vivement la suite avec King Kong!