Men in Black International : Pitié, flashouillez-moi pour oublier ce spin off

L’anonymat est leur nom, le silence, leur langue natale. Ce sont « eux », ce sont « ils », ce sont les Men In Black. 7 ans après, les Men In Black reviennent mais sans Will Smith. Nouveaux personnages, nouvelle localisation, F.Gary Gray appelle Chris Hemsworth et Tessa Thompson pour jouer les collègues British de Will Smith et Tommy Lee Jones. Renouveau dans la franchise ou début d’un nouvel enterrement? N’oubliez pas votre neurolaser, nous allons voir les MIB Londoniens : Men In Black International.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par F.Gary Gray

Genre : Science Fiction, Action, Aventure

Film Américain

Durée : 1h50 environ

Pas de scène post générique

 

Il y a un problème chez les Men In Black…

 

Ramenez- nous les Agents J et K

 

Nous vivons véritablement dans une ère cinématographique terrible pour les vieux cinéphiles des années 80/90 où toutes les franchises à succès, celles qui ont amplifié leur amour pour le cinéma, est souillée, tournée à la dérision au point d’en devenir insultante. Au tour de Men In Black de subir les conséquences de l’écrasement du géant Marvel sur tout le septième art. Puisque ces films marchent, il faut s’en inspirer. Grossière erreur puisque la conséquence est simple: le sentiment de déjà vu malgré le divertissement.

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Pour reprendre les mots du réalisateur britannique Ken Loach, « les films Marvel sont produits comme des hamburgers ». Il faut se faire une raison, il n’a pas tord. Au départ, regarder un Marvel c’est comme prendre son premier Menu Big-Mac. C’est bon, puis petit à petit, à force d’en consommer, ça en devient addictif, on ne jure que par les fast-food,  l’on perd totalement la notion de ce qu’est un produit de qualité. Comme ça coute pas cher et que c’est à la mode, on consomme encore et encore, délaissant les autres restaurants qui eux, proposent quelque chose de plus nourrissant, de meilleure qualité. Les plus grands fast-food ont certes évolué au fil des années, les hamburgers eux, hormis avoir pris du volume, gardent le même gout. Il en va de même pour les œuvres de chez Marvel. Résultat, tous les studios veulent utiliser la même recette et tant pis si leurs films seront dénaturé.

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Après avoir souillé nos « Sos Fantômes », Sony souille les « Men In Black ». Ca mériterait de passer une journée entière avec l’alien dans la peau d’Edgar ! A ceux qui se plaignaient de MIB 2 et MIB3, après le visionnage de ce spin off, vous allez les revaloriser. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, la franchise Men In Black a été Marvélisée. Un carnage et encore je pèse mes mots. Pour vous dire à quel point elle a été Marvélisée, les producteurs n’ont rien trouvé de mieux pour rameuter « les pigeons habituels » que de faire venir l’arrogant Chris Hemsworth et son petit sourire fier et la peu respectueuse Tessa Thompson (oui je digère encore mal Creed 2 et j’avais raison, elle recommence !).

 

BON, vous nous avez trouvé, ça prouve que vous n’êtes pas folle, bienvenue chez les gens normaux, on fait quoi maintenant ?

 

J’ai le neurolaser qui me démange

 

Condescendance (alors que la personne n’a aucun expérience) et dérision, tels sont les mots qualifiant l’âme des blockbusters d’aujourd’hui. Ce qui faisait la renommée de la franchise, à savoir, révéler les plus grands mystères de l’univers, tu peux le tourner à la dérision puisque c’est l’un des buts premiers des MIB. Par contre tourner à la dérision l’agence des MIB elle-même : JAMAIS, sinon ça foire tout ce qui a été construit depuis la création de la franchise. Aucune nouveauté quant à la personnalité de nos deux personnages principaux.

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Hemsworth continue à la jouer prétentieux benêt  incompétent et séduisant, Tessa Thompson la bleusaille persuadée d’être une dure à cuir (syndrome du « mauvais » girl power tout ça tout ça), mesquine, condescendante et assoiffée de connaissance pour SON bien être personnel (Cate Blanchett a voulu jouer sur se terrain, regardez sa fin dans Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal). Voila comment les femmes fortes d’aujourd’hui sont illustrées (et après on va utiliser la carte de la misogynie). Je n’ai pas vu d’Agent H et d’Agent M, j’ai vu un pseudo Thor et une pseudo Valkyrie (cf Thor Ragnarok) en costard noir.

Men in black internationnal Molly débrque au QG Londonien des MIB
Pokemon attrapez les tous…pardon.

J’ai essayé de me rabattre sur quelques points positifs (comme je le dis, il y en a toujours tout film décevant confondu). Dans Men In Black International, l’univers continu de s’étendre, nous faisant découvrir des choses que nous n’avions pas vu dans les trois premiers opus. Là je n’ai rien à dire, c’est varié, c’est inspiré, c’est fun, ça fait plaisir. Enfin fun, dans les 30premières minutes.  Dans le genre casse gueule, Ce MIB ne fait pas les choses à moitié. Visiblement, toute l’équipe a dû pioncer en revoyant la trilogie.

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Ce plan est juste génial. Sauf que par la suite, il ne colle pas à tout ce que dégage ce spin off.

Men In black premier du nom était du genre politiquement incorrect. Les deux autres étaient sages mais gardaient cette optique visant à se moquer de notre société et ses dirigeants, nous révélant toute la supercherie les entourant. Les Aliens présents sur notre planète infiltrés parmi nous sous une apparence humaine ou animale histoire qu’on y voit que du feu. Men In Black International nous la joue politiquement correct.

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Désormais vous ne regarderez plus les barbus de la même manière.

La dénaturation commence ! Ce film donne l’impression de ne pas savoir quelle identité prendre. Etre un film de science fiction ? D’action ? Une comédie pour enfants ? Une comédie pour adultes ? Un drame ? Sérieux ? Seconde degré ? Ca ne tient pas la route, ce coté indécis se ressent de minutes en minutes. Les Aliens bizarres deviennent mignons, l’ambiance étrange devient banale, la subtilité devient simpliste. Où sont tous les ingrédients qui faisaient la recette des vrais Men In Black ?

Espèces Aliens peu originales et crée uniquement en image de synthèse, déversement de CGI à chaque scène d’action vue et revue dénaturant encore plus l’univers,  musiques mal utilisées et peu inspirées (au moins ils ont gardé le thème musical des MIB), humour qui ne fera mouche pas UNE SEULE fois (PAS UNE SEULE FOIS !), ambiance paranormale/mystérieuse/un brin horrifique (la base des MIB quoi !) absente, scénario foireux.

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Le début était pourtant intéressant en nous révélant un premier secret, celui entourant notre célèbre Tour Eiffel. On en restera là pour la suite se focalisant une bonne partie sur le personnage de Molly (Tessa Thompson) voulant impérativement intégrer les MIB parce qu’elle ne jure que par eux depuis son enfance où elle a rencontré un petit alien tout mimi et vu ses parents se faire « flashouiller » par deux agents du MIB (non pas les Agents J et K hélas).

On doit mentir au monde mais jamais se mentir entre nous.

Arrivé au milieu du film, après nous avoir un tantinet amusé en nous faisant visiter les coulisses de l’univers des MIB (j’avoue, le métro des MIB m’a plu, revoir brièvement Franck et les asticots accros à la cigarette et au café), plus rien à raconter ou en tout cas les scénaristes semblent en galère. Entre boucler la première intrigue entourant les deux jumeaux aliens et continuer de prendre le chemin qui nous révèlera la taupe au sein du MIB (on sait déjà qui est la taupe même sans avoir un QI normal), ça cabotine au point de nous offrir des scènes venues de nulle part.  Quand notre duo ne porte plus à plusieurs reprises leur costume qui je le rappelle, est le seul vêtement spécifiquement autorisé par les services spéciaux du MIB, alors là, c’est la goutte de nez qui fait déborder le mouchoir, qu’on me flashouille au plus vite (pas d’excuses de « il fait chaud ou je veux être plus décontracté »).

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C’est un fait, j’ai aimé l’originalité des nouvelles armes/gadgets/lieux liés aux MIB, apprécié retrouver brièvement la classe et charismatique Emma Thompson alias l’agent O, responsable de l’agence du MIB à New York,  voir Liam Neeson en costard (même si on le voit une fois de temps en temps histoire de nous dire qu’il est dans le casting mais nous on sait qu’il est là juste pour prendre son chèque), subjugué par les deux tableaux ornant le bureau de l’Agent Grand T, été un peu attendrit par l’alien rencontré par Molly enfant.

 

Le design des Alien inspiré des Pokemon, la figuration de Rebecca Ferguson (belle perruque) et Liam Neeson, l’éternel mauvais recyclage, l’interprétation fade d’Hemsworth/Thompson pourtant « connectés », l’humour inexistant, l’émotion inexistante, oui, tout le reste m’a donné la nausée. Ce n’est pas un film sur les Men In Black que j’ai vu. J’ai vu quelque chose qui prétend l’être mais qui ne l’est pas. Le vilain air de Terminator : Dark Fate en un poil plus soft que ce dernier.

 

Au final, fans de la première heure vous avez le choix: Laisser votre curiosité vous pousser à tenter votre chance et en subir les conséquences, ne rien tenter, tenter l’aventure et demander à être neurolisé à un Agent du MIB. Men In Black International : flop mérité. Plus jamais ça.

 

 

 

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