Un justicier dans la ville : Et c’est ainsi que Paul Kersey perdit sa première femme

Avant que l’ère des Action Hero ne débute, avant qu’Eli Roth ne s’associe à Bruce Willis pour réaliser un remake se déroulant à notre époque, Death Wish était une série de films mettant en vedette Charles Bronson. Un avant gout des films d’action pure que nous connaissons, l’un des premiers vigilante movie dépassant son genre. En effet, Un justicier dans la ville n’est pas véritablement du film de justicier. Explication et avis sur cette œuvre.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Michael Winner

Genre: Thriller, Drame, Policier

Film Américain

Durée du film : 1h33 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

Un homme ordinaire basculant dans la violence

 

Continuons notre exploration du vieux cinéma Hollywoodien, celui dont nos grands parents et parents cinéphiles raffolaient et profitons-en au passage pour faire la connaissance d’un grand acteur dont les talents et le charisme étaient déjà découvertes dans cette pépite de « La grande évasion.  Je commence et découvre la saga Death Wish. 5 films au total. Commençons par le premier.

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Le calme, la paix, la joie, l’amour avec un grand A avant la tragédie avec un grand T.

Fut un temps où New York était loin de la ville rêvée pour y vivre ou y faire du tourisme. Il y eu de nombreux meurtres durant les années 70. Les chiffres font peur. La police, débordée traitait les affaires comme elle pouvait. Faisant directement écho à cette période, « Le justicier dans la ville » va bien nous le montrer. Tout commence par de jolies petites vacances très ricaines, et un poil niaises passées à Hawaï. Paul Kersey, ancien objecteur de conscience durant la guerre de Corée, a une belle vie. Père, mari aimant,  il gagne bien sa vie, travaillant dans un cabinet d’architectes. Le destin va tout lui prendre, sa vie va basculer dans l’horreur en une fraction de secondes. Alors qu’il reprend le travail, sa femme et sa fille sont violemment agressées chez elles par une bande de voyous comptant parmi eux Jeff Goldblum. Vous le portez toujours dans votre cœur votre Ian Malcolm?

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Un justicier dans la ville ne vous fait pas de cadeaux : Choc, réalisme. La séquence violente de viol accompagné de meurtre est montrée intégralement et même si l’acte en lui même sera quelque peut suggérer, elle en montre suffisamment pour mettre mal à l’aise, souffrir le martyr et soutenir plus que tout au monde Paul Kersey dans sa futur croisade contre la délinquance. Mais avant qu’il y est de la pétarade, il va falloir vous montrer les conséquences psychologiques d’une tragédie pareille.  Passé l’enterrement, Paul semble gérer la mort de sa femme et l’agression/viol de sa fille, se remet rapidement au boulot pour ne pas trop cogiter. Par contre la première concernée, elle, elle ramasse dur, carbure aux sédatifs la rendant amorphe sous les yeux de son mari désemparé. Finalement, Paul, il n’est pas tant au top, la police patauge pour retrouver les coupables ce qui le plonge dans l’alcool et développe une vraie paranoïa rien qu’en se promenant la nuit dans la rue.  Tout ça se comprend.

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La mise en valeur de Paul Kersey et de ce sentiment d’insécurité, nous offre de multiples plans iconiques comme celui-ci.

Un petit voyage en Arizona pour le travail lui fera le plus grand bien. Là bas, Paul et nous même découvrons une différence flagrante entre la mentalité des New Yorkais et les Arizonien. Vous le savez, tout comme les Texans, les Arizonien sont attachés à la culture Far West et ne se séparent jamais de leurs armes. En guise de remerciement, voila que le riche promoteur immobilier pour qui notre héros travaille et c’est lié d’amitié offre à ce dernier un petit présent : un revolver. De retour chez lui, c’est en replongeant dans les clichés de sa femme pris à Hawaï que Paul va avoir un déclic et l’envie de faire bouger les choses quand les choses ne semblent pas se bouger.

 

Quelqu’un a dit un jour : Dans la vie il ne faut jamais regarde derrière soi de peur de voir quelque chose vous rattraper. Qu’est ce qui est en train de vous rattraper ?

 

Western moderne et Polar Noir

 

L’homme au départ ordinaire, pacifiste allergique à la violence et aux armes à feu va changer. Les criminels, ce n’est pas ça qui manque à New York. Kersey a l’embarra du choix. Architecte le jour, justicier la nuit. Certains font du sport, Kersey, lui il se ballade en ville chaque soir et si il tombe sur des victimes en pleine détresse, il les aide. Puisque la police est inutile, on va essayer la « méthode Kersey ». Celle là, certes maladroite et pas encore au point semble marcher. La criminalité à New York baisse (pas en vrai, dans le film !).

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Regardez la beauté de l’éclairage, du jeu d’ombres. Sur ce point, ce premier Death Wish fait des merveilles au point de ne pas regretter le visionnage. Et en HD, c’est encore meilleur alors que le film date de plus de 46 ans!

Et ça tend des pièges aux voyous, et ça les traque comme un loup chasse ses proies. Toutes ses actions ne tardent pas à êtres relayées par les médias. Sur cet autre point : parfait. Le battage médiatique et politique englobant ce justicier frappe juste, trouve les mots justes. Kersey, justicier que personne n’a jamais vu, devient populaire. Un justicier à la Batman « sans costumes ni gadgets » dont les activités plaisent à certains New Yorkais mais ne plaisent pas aux policiers. Encore moins à cet inspecteur chargé de le prendre en chasse et le coller derrière les barreaux. Ca ne vous rappelle pas le commissaire Gordon ?

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Du génie esthétique.

Vous allez un peu rager : les agresseurs ne seront ni retrouvés, ni traqués, ni arrêtés. Ca craint pour le héros et pour nous, spectateurs ayant depuis le début du film cette soif que justice soit faite. Pas de panique, justice sera faite ailleurs. A tous les fans d’Action Movie, ne vous attendez pas à voir Charles Bronson sauter partout, cogner et flinguer du bad guy à tout va. A part une moustache bien taillée et un trench long bien porté, Bronson n’est pas Schwarzy, et n’a pas le corps pour exhiber sa musculature en utilisant de gros flingues bien lourds. Son personnage un peu pleurnichard, lâche et avec un niveau de bad ass au plus bas, n’a pas encore retrouvé tous ses réflexes de soldats mais ça ne saurait tarder. Le bad ass moustachu, vous l’aurez ! Durant ses premières confrontations, nous sentons plus l’homme pathétique commettant des actes désespérés pour retrouver la force de vivre, aller de l’avant et réussir à rendre justice à sa famille que justicier. Un sentiment éphémère.

 

-A mon avis ce justicier est un raciste. Vous savez qu’il tue plus de noirs que de blancs ?

-Oh ne dites pas de sottises Gary, il y a plus de braqueurs noirs que de braqueurs blancs. Qu’est ce que vous voulez faire ? Augmenter la proportion de braqueurs blancs afin d’avoir l’égalité raciale parmi les braqueurs ?

 

Petit point pouvant rebuter certains : la dynamique du film. Tout du moins, la dynamique de ce premier film. Ca papote beaucoup et parfois pour rien, le rythme est lent, pas de masse de scènes d’action bien qu’au bout de 50minutes, ça commence à bouger, la mise en scène a de jolies allures de western moderne. L’ambiance, digne d’un polar noir avec des musiques maitrisées et variées, puis, pour le plaisir des yeux, de jolis plans mettent en valeur son héros et les rues sombres et angoissantes de New York vu de nuit. Ce premier opus d’Un justicier dans la ville opte pour un ton psychologique très sérieux (souvenez-vous de la scène d’agression en début de film). Cette œuvre réfléchie sait parler d’insécurité, de la manière dont un homme gère son deuil, et celle de faire justice quand les forces de l’ordre semblent larguées avec toutes ses histoires de lois et paperasses.  Puis cette histoire de racisme logique collant à la perfection encore à notre époque. Non vraiment, ils trouvent les mots adéquats comme l’atteste cette réplique ci-dessous.

 

Au final, il est vrai qu’avec la mollesse de son histoire, plus Charles Bronson semblant peu concerné avant de nous montrer un peu plus de peps…en fin de film, on se pose plein de questions. Est-ce que l’interprétation ambigüe de Bronson est faite exprès pour montrer à quel point son personnage à perdu toute notion de la réalité ? Kersey est-il devenu fou ? Jeff Goldblum va-t-il payer un jour les conséquences de ses actes ? Un justicier dans la ville mérite-t-il d’être vu ? Oui il mérite d’être vu pour sa combinaison western moderne/drame/polar noir, et parce que ce qui vous attend par la suite, vous allez aimer, vous allez VRAIMENT aimer. On se retrouve très vite pour Un justicier dans la ville 2.

 

 

 

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