Mac et Moi : Un E.T Low Cost qui avait du charme

Steven Spielberg et son E.T ont un concurrent de taille : Mac et Moi. Qualifié de nanar par de nombreux cinéphiles, je n’oublie pas que ce film tient une place de choix dans mes souvenirs d’enfant, et je vais vous expliquer pourquoi je l’aime malgré ses défauts flagrants. Le réalisateur Stewart Raffill tente une nouvelle approche pour justifier l’amitié improbable entre un petit garçon et un être étrange venu d’ailleurs.

 

L’histoire

 

Une sonde de la NASA posée sur une planète pour y récupérer des morceaux de roches aspire par mégarde une famille d’extraterrestres. Arrivés sur Terre grâce à la sonde, nos petits bonhommes gris s’échappent de la base de la NASA. Malheureusement, le petit dernier se trouve séparé des siens, et durant son évasion atterrit dans le van d’une gentille petite famille. Le plus jeune, Eric, dix ans, paraplégique, découvre quelques jours plus tard que le petit Alien vadrouille dans sa maison.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Stewart Raffill

Genre: Science fiction, Comédie Familiale

Film Américain

Durée: 1h39 environ

A conseiller à partir de 10 ans

 

Prêt pour une nouvelle rencontre du troisième toute mignonne ?

 

Il était temps que je vous parle d’un film ayant marqué mon enfance. Marqué dans le bon sens ET dans le mauvais sens. Enfant, pas besoin de se prendre la tête pour m’occuper. Mes figurines Mask, Batman, DBZ et Tortues Ninja pouvaient amplement suffire. Autre choix, m’installer sur un canapé et me lancer une vhs et vous étiez sûr d’être tranquille pendant deux bonnes heures. Willow, Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, Le marin des mers de Chines, Charlie mon héros, Qui veut la peau de Roger Rabbit et Le contrat, je peux vous dire que je les ai appris par cœur à force de les regarder.

Mac-et-moi-affiche

Un film en particulier sortait du lot : Mac et Moi. Pur E.T au rabais se servant du succès de ce dernier pour essayer d’avoir aussi le sien. Ne me demandez ni  pourquoi  ni comment on a pu commettre l’affront de me cacher durant des années l’existence de ce bijou qu’est E.T et préférer me montrer Mac et Moi.

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Quoiqu’il en soit, ce film distribué s’il vous plait par Orion Pictures (Robocop, La famille Addams), je le chérissais par la puissance émotionnelle qu’il dégageait dans ses séquences remplies de tendresses et ses musiques. Car oui, réussite totale d’un point de vue musical. La musique d’Alan Silvestri livrait son petit lot de mélodies tantôt féériques, tantôt émouvantes, tantôt héroïques.

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Mais ce n’est pas tout, Mac et Moi avait beau s’inspiré d’E.T, il voulait s’en émanciper et même si certains points communs entre les deux sautent aux yeux, il ne lâchait pas sa mission. Quoi de mieux pour commencer que de proposer de séparer sur Terre une famille d’Aliens, puis de suivre le petit dernier se cachant dans la maison d’Eric Cruise (rien à voir avec Tom), personnage principal en fauteuil roulant ?

 

-J’étais en train de penser que cette chose n’était peut-être pas méchante. Tout ce qu’elle a fait c’est de prendre une douche et boire un soda.

-C’est peut être juste un enfant d’un de nos voisins. Tu sais, il y a toujours une explication à tout.

 

Il y a d’étranges animaux chez les Cruise

 

Mac_et_moi-une-mère-et-ses-deux-filssont-dans-une-voiture

Flanqué d’une mère veuve dynamique, d’un grand frère affectueux, sympa et un peu chamailleur (tiens, encore un Michael ! Le monde est petit), notre petit Eric, optimiste et débrouillard, et dont le visage semble familier puisqu’il ressemble à s’y méprendre au gosse des emballages Kinder Chocolat (voila que je fais du placement de produit moi aussi), va donc faire une rencontre du troisième type après s’être lié d’amitié avec la petite voisine intrépide, qui a une sœur fraichement prête pour roucouler avec Michael.

Bras extensible, corps caoutchouteux capable de résister à n‘importe quel dommages, doigt magique lui permettant d’allumer tous les appareils électroménager en un touché (pratique et écologique), sensibilité, l’être étrange venu d’ailleurs possède toutes les caractéristiques des créatures mignonnes.  Adopté.

Ce bébé alien innocent, tout mignon avec sa mini bedaine, perdu sur une planète dont il ignore le fonctionnement et souffrant de la séparation de ses parents va être aidé par Eric (t’étais pas non plus obligé de défoncer maladroitement la baraque d’un gosse t’accueillant à bras ouverts…bâtard…). Bien entendu, dès lors que lui et sa famille ont foulé involontairement le pied sur le sol Terrien (je rappelle qu’ils ont été aspirés sur leur planète par une sonde Terrienne), les méchants de la CIA voudront s’en approprier pour pouvoir à tous les coups : les disséquer. Quelques codes du genre sont logiquement de retour ici. Sauf que Mac et Moi, propose un cheminement entièrement différent.

 

Je ne laisserai personne te faire du mal.

 

Si E.T a eu sa séquence culte, pourquoi pas Mac et Moi ? Là, les scénaristes ont reprit au moins UNE scène d’E.T, l’ont ré imaginé pour l’adapter à leur film. Une course poursuite en fauteuil roulant sur l’autoroute ça vous botte ? Hormis les faux raccords qu’on a cessé de compter histoire de ne plus se faire de mal, cette séquence, je l’aime.

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Du danger, du suspense, la mise en scène est maitrisée, on arrive à la rendre épique grâce à une musique de toute beauté et parce que l’alchimie Mac/Eric prend au cœur. En 5 minutes, on a peur pour nos deux héros tout en s’éclatant autant qu’en regardant Eliott et ses amis échappés aux forces de l’ordre en VTT. Certes, Mac et Moi est plus soft, mais quelle séquence à vous coller la chair de poule!

Mac-et-moi-un-jeune-garçon-donne-àboire-à-des-aliens-malades-dans-une-grotte
Une seule scène, celle-ci en particulier vous montre la puissance humaniste de ce film. Les hommes ne sont pas tous irrécupérables, les hommes ne sont pas tous mauvais et égotistes.

C’est ça que j’aime dans Mac et Moi, cette volonté de faire avec les moyens du bord et offrir aux amateurs de science fiction une œuvre voulant donner sa version de l’amitié improbable entre un alien et un petit garçon sans tout un déluge d’effets spéciaux.  Attention, je ne dis pas que je préfère ce film à E.T. ! Ils sont différents.

 

Bienveillance, bienveillance et bienveillance envers autrui : telle est la philosophie de Mac et Moi

 

Mac et Moi, à l’origine, il est, je le rappelle, créé au format familial. Voila pourquoi il passe mieux en adoptant une vision enfantine. Il n’est pas plus invraisemblable qu’E.T utilisant ses pouvoirs télékinésiques pour faire voler un vélo, pas plus wtf que toutes les œuvres passant sur la chaine Gulli qui pour certaines, ont elles aussi du charme. Je pense en particulier à Yoko, où l’improbable histoire entre une jeune fille et un Yéti tout mignon.

Amis du sarcasme, bonsoir, j’en viens maintenant justement aux faits. Mac et moi, je suis le premier à le reconnaitre, c’est une accumulation de fautes de mauvais gouts. Fautes de mauvais qui au final, lui donnent du charme :

 

 

  • La mère d’Eric qui n’a rien trouvé de mieux pour le quotidien de son fils en fauteuil roulant, que d’emménager dans une maison, sur une colline avec un charmant jardin donnant sur….le précipice d’un gouffre ! Et ça, ça va se finir…AU TRIBUNAL !

 

  • Les bêtises de Mac en début de film. Enfant, j’ai ris aux éclats, ne me rendant pas compte des graves conséquences si tout ça arrivait dans la vie réelle. En vrai, ces petites séquences sont à deux doigts de ruiner psychologiquement un pauvre gosse en fauteuil roulant souffrant de la mort de son père. Bien le coup de perceuse à coté de la tête du gosse, bien la transformation du salon en jardin botanique, bien le coup de scie circulaire sur la porte d’entrée! Clou du spectacle, notre gamin déjà bien affecté et accusé à tord par une mère qui n’a définitivement pas compris la définition « d’handicapé moteur », voila qu’en poursuivant l’Alien, Eric dévale la pente du jardin et nous fait une chute de plus de 10 mètres dans la flotte. Heureusement Mac n’est pas un sans cœur, il sauve le gosse de la noyade avant de retourner se planquer. Pas de passage aux urgences pour Eric, juste un petit examen clinique, un sédatif et hop, à demain pour voir comment tu vas. Wokayyyyy les mecs.

 

  • Mac et moi, et son placement de produits. Les comédies familiales d’époque, elles trouvaient toujours les scènes et mots justes pour appâter les enfants et ruiner les parents. Parfois de façon subtile, parfois maladroite. Mac et moi, est un expert en placement de produits maladroit. Coca Cola, McDo, les Skittles (Tu sais, ces petits bonbons dont raffolais E.T ?), Mac et Moi te fais du placement de produits juste magique. Ces placements de produits, en y réfléchissant, ils ont du sens. Rappelons-nous que les Américains sont de grands consommateurs de Soda et de fast food. Voir tout ça à l’écran fait écho à la réalité.

 

  • Coca cola: source de vitalité pour Aliens déshydratés, agressifs quand vous avez le malheur de balader une canette de 7up sous leur museau. (N’est ce pas papa de Mac, toi qui définitivement n’en manque pas une, dupe tout le monde sauf MOI, prouvant que dans ma tendre jeunesse, j’ai eu raison de te coller l’étiquette de cauchemar ambulant !). Fallait pas les habituer, idiots d’humains !

 

  • McDonald: McDo, ça parle toujours aux petits nenfants. Il fallait être né dans les années 80 pour comprendre le pourquoi de cette euphorie. Dans Mac et Moi, les scénaristes ont carrément invité le VRAI Ronald McDonald dont enfant, j’étais grand fan. Eric, accompagné par Mac caché dans une peluche, est convié par sa voisine à l’anniversaire d’une amie. A l’époque, les enfants accros à McDo pouvaient (et peuvent encore de nos jours)  y fêter leur anniversaire. Ici, il y a absolument tout pour les envier. Ronald McDonald, des ballons, des gâteaux, des jeux, de la bonne musique des eighties et carrément un flash mob auquel tous les clients peuvent s’y incruster.  Après quelques pas de danses, voila qu’on enchaine direct avec la célèbre scène de course poursuite cultissime. L’émotion ne s’arrête pas de faire des ravages.

 

  • Les Aliens aspirant avec une « paille » l’eau de leur planète. Il n’y a que dans Mac et Moi que vous verrez ce genre de scène. Les Aliens dans ce film ont la même particularité que nous à savoir, le besoin de s’hydrater fréquemment. Va falloir changer de régime. En débarquant sur notre Terre, qui plus est, aux States, ils vont devoir s’habituer au fait qu’à cet endroit, « si tu veux de l’eau, tu te plonges la tête dans l’abreuvoir des chevaux. Ici les verres on les remplis de Coca » dont Eric et sa famille veulent rendre complètement accro les ignorants.  Bravo les humains, vous ne valez pas mieux que les Aliens !

 

  • La famille de Mac ne communiquant qu’en sifflant. Vu la forme de la bouche, c’était logique (les pauvres sont peut être atteint d’une paralysie faciale après avoir trop soufflé dans des ballons). Ne nous arrêtons pas là, cette aptitude a d’autres caractéristiques. Nos visiteurs venus d’ailleurs, en plus de pouvoir récupérer de l’énergie naturelle de la nature pour soigner/ramener à la vie des êtres vivants, peuvent, grâce à une position rappelant les prières religieuses catholique, utiliser un sifflement de ralliement. Peut importe s’ils sont séparé, un sifflement et hop, on sait que l’être cher perdu n’a pas périt. Sont forts ces aliens !

 

Retrouvons notre sérieux, Mac et Moi, derrière toute sa bonne volonté et sa dose d’émotion prenant au cœur les plus sensibles cache quelque chose de sombre. Ce long métrage « familial » a donné naissance à un véritable cauchemar ambulant au petit garçon que j’ai été. Il aura fallu d’un seul personnage pour semer la zizanie pendant mes nuits et mes premières journées seul à la maison : le père de Mac. Et dire que ce film est supposé être tout public. Allez montrer ça à un gosse de 5 ans. Etonnez-vous que cet Alien a hanté mes nuits de 5 ans à… 25 ANS !

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Oh Mac et Moi c’était mignon tout plein, drôle, fascinant et magique. Mais derrière tout ça, le papa de notre petit alien (sa famille en tient une couche mais elle est plus gentillette à coté), il flanquait une trouille bleue.  Pur vecteur de peur à vous faire passer les Aliens d’X Files pour le Stitch de chez Disney. Le pire c’est que c’était inconscient de sa part. Ses mouvements si violents (quand il pète des vitres, tu rigole pas), ses yeux globuleux, son visage figé ne dévoilant aucunes émotions, ses traits lui donnant l’âge d’un petit pépé, sa tête gigotant de droite à gauche comme s’il écoutait de la musique, son ventre gonflé (ça c’est le soda !), sa bouche en cul de poule, sa grandeur, cette peau caoutchouteuse ne demandant qu’à s’arracher au moindre mouvement, sa taille si fine à ne coller aucun complexe aux personnes maigres, cet Alien était flippant à regarder.

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Vas y bois, t’es aussi desséché qu’un raisin sec.

Alors que d’autres gosses de mon âge avaient peur des croquemitaines du style Freddy Krueger ou Chucky, moi j’avais peur du papounet d’un Alien tout mignon que l’on voulait protéger. Et le pire dans tout ça c’est que le personnage n’était pas hostile envers les humains. Quoique, enfant, on interprète différemment ce que l’on voit.

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Une partie de jacques a dit avec des Aliens. Scène hilarante où tu vois vraiment qu’il n’y avait pas à avoir peur de quoi que ce soit concernant le papounet de Mac. Regardez l’expression presque amusée. Il faut voir la scène pour ressentir ce revirement d’émotion.

J’ai revu le film hier soir. Plus de 15 ans que je ne l’avais pas vu. Avec le recul, je me rends compte que ma réaction disproportionnée a été typiquement humaine, la même qu’auront mes congénères « fictifs » lors d’une scène là aussi déroutante mettant les enfants face à la mort et au quiproquo.

Mac-et-moi-femelle-alien-portant-son-enfant-et-croisant-une-femme-humaine-portant-un-bébé
Une petit critique sur les conséquences de la malbouffe aux Etats Unis. Plan subtil pour un nanar.

Avoir peur de ce qu’on ne connait pas, avoir peur d’un être qui physiquement, ne nous ressemble pas. Et ça va dans les deux sens, Mac et moi trouve les scènes justes pour le prouver. Dans ce film, nous est montré un père proche des pères terriens. Ceux qui aiment leurs enfants, ceux qui sont près à tout pour les protéger. Le papa de Mac, il est bienveillant avec chaque membre de sa famille et reconnaissant quand des êtres humains prennent soin de leur petit dernier. Que d’émotions en se rendant compte de la chose. Respect et mea culpa papa de Mac.

Pour finir (ENFIN), E.T et sa fin traumatisante en avaient bouleversé plus d’un. Mac et Moi ne fera pas cette erreur (tu pleurnicheras juste un peu avant) quitte là encore à faire rire certaines âmes rebelles.  La scène finale, placée dans son contexte a parfaitement du sens et en plus, elle ressemble à celle d’Appelez moi Johnny 5, un autre film familial lui aussi « invraisemblable ».

 

Au final, vous l’aurez donc compris, ce qu’il perd en qualité esthétique, Mac et Moi le gagne en cœur. Ce E.T Low Cost a une histoire agréable, émouvante à suivre et, faisant parti de mes souvenirs d’enfant, est une œuvre que je garde précieusement dans mon cœur. Je le défendrais jusqu’à ma mort. Il est à voir, il est culte, vous savez désormais pourquoi.

 

 

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