Final Fantasy VII Remake : Une nouvelle vision d’un jeu culte

2020, l’année des vieux gamers de l’ère Playstation 1. Final Fantasy VII s’apprête enfin à faire son retour sur la Playstation 4. Les fans de la première heure étaient aux aguets, guettant ce futur hit. L’attente en valait-elle la peine ? Ce remake allait-il être aussi réussi que celui de Resident Evil 2 Remake ? Retour à Midgar. Les choses ont changées…BEAUCOUP changées. Dire que j’étais allergique aux Final Fantasy.

 

Condensé d’émotions, fan ou non

 

De base, les RPG, je les fuis comme le coronavirus (je m’actualise, désolé). Trop trucs à gérer, quand vous êtes un gamer bourrin adepte du « je fonce dans le tas », vous partez déjà bien mal pour jouer à ce genre de jeux demandant patience et bon sens. Puis il y a cette histoire d’ennemis apparaissant tous les 2 mètres et ses combats au tour par tour. Pour l’éternel angoissé/stressé que je suis, pensez bien qu’un mode ce genre, qui plus ait, chronométré où si vous êtes du genre indécis, vous allez manger le tour d’un de vos personnages, c’est foutu. Certains RPG ont toutefois réussi à passer entre les mailles de mon filet.

 

Barrett: Pendant qu’on passe notre temps à manger et à dormir tranquillement, cette saloperie de pompe géante aspire es quantités énormes d’énergie mako! Sans aucune pitié et sans s’arrêter! Et toi? T’as déja réfléchi à ce qu’est la mako? C’est le sang qui maintient notre planète en vie! Tout comme celui qui coule dans les veines de notre propre corps! Tu comprends pas?! S’ils continuent à pomper l’énergie mako, y se passera quoi?! Hein? Si t’entends pas le cri d’agonie de la planète, c’est que t’as un problème Cloud!

Cloud: Parce que toi, tu l’entends, c’est ça?

Barrett:Bah ouais!

Cloud: Va te faire soigner.

Barrett: Hein? Tu te fous de moi?!

Cloud: Oublie la planète deux secondes, et pense d’abord à ressortir d’ici vivant. Et c’est pas la peine de crier. Je suis pas sourd.

 

Final Fantasy VIII (pour le chara design, son ost et l’avancée technologique), la saga des Kingdom Hearts (quand t’es un fan hardcore de Disney, obligé que tu t’y mettes), God of War et The Witcher 3 (que j’ai testé et que j’ai au final détesté), et Final Fantasy XV, là encore pour la beauté du jeu. C’était déjà bien mal parti pour Final Fantasy VII. Adolescent, en pleine découverte de la Playstation 1, chaque fois que je me rendais chez mon meilleur ami, vous pouviez être sûr qu’il joie à FFVII. Il était à fond dedans. Il essayait de me le faire aimer son jeu, allant jusqu’à ce sacrifié en me le prêtant. J’ai eu du mal. Trop long, pas très beau et question histoire, rien de fascinant.

final_fantasy_vii_advent_children_affiche

Quelques années plus tard, sort Final Fantasy Advent Children, un film en images de synthèse se déroulant deux ans après les évènements de l’histoire de FFVII. Là, rien à dire, j’ai passé la totalité du film plongé dans l’histoire. La narration, les affrontements dantesques, en pleine ère Matrix, Tetsuya Nomura m’avait vendu du rêve au point de reconsidérer le jeu FFVII. Ca n’arriva hélas jamais.

Puis, à l’occasion de l’E3 2005, Sony présentait un trailer de Final Fantasy VII. Pas de remaster, non, une refonte du jeu. Le but de ces images à vous décoller la rétine étaient purement et simplement de vous montrer la puissance de la PS3. Mon meilleur pote était vert de rage, j’étais vert de rage pour lui.

Final-Fantasy-7-Remake-cinématique-introduction

E3 2015, cette année fut haute en émotion. Entre l’annonce de Kingdom Hearts 3 qu’on espérait ne jamais revenir, Uncharted 4, Batman Arkham City et The Last Guardian, les gamers étaient en transe. Si ils savaient ce qu’ils les attendaient. Le trailer du faux remake de FFVII aura fait couler de l’encre, obligeant les fans à tout faire pour que le jeu voie le jour. Eté 2015, ce jour est devenu réalité. Folie dans toute la salle de conférence, larmichette de mon meilleur pote devant son ordinateur. Je n’étais pas fan, mais bon sang ce que c’était beau.

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En début  Mars 2020, la démo est disponible gratuitement. Curieux, je la teste. Jamais je n’oublierais la réaction que j’ai eue. Des frissons dans tout le corps. Non pas pour mon plaisir personnel, des frissons pour les fans de FFVII dont mon meilleur ami. Imaginez un peu redécouvrir un jeu que vous avez adoré. C’est fou la différence entre la version Ps1 et la version Ps4. Nos personnages ne sont plus tous carrés, sont  expressifs, bougent de façon réaliste, parlent, évoluant dans des décors à pleurer de réalisme. J’ai retrouvé toute la beauté de Final Fantasy Advent Children.

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Question gameplay, ce remake continue de poursuivre ce que Final Fantasy XV avait commencé. Plus de combats tour par tour chronométrés (et plus d’ennemis apparaissant au bout de quatre pas) , le jeu opte pour des allures de beat em all. Dieu sait à quel point je raffole de ce genre (la saga des Devil May Cry…pfiou). Ajouté au charisme hyper cool de Cloud Stryfe, le héros du jeu dont je comprend les raisons pour lesquelles les filles craquent et les garçon envies, ses musiques repensées et réorchestrées, sa réalisation digne d’un blockbuster, ses combats démesurés, son univers fascinant bourré d’émotion, et vous pouvez comprendre pourquoi, plus de 20 ans après, je me mette enfin véritablement à Final Fantasy VII.

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Pas de précommande de version Standard, j’ai tellement aimé la démo que je me suis pris la version collector. En vue de tous les goodies inclus, et la beauté du steelbook, je ne regrette pas cet achat, je ne regrette pas de passer du temps à jouer à ce jeu.

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Rien que le plan du début. Je veux dire, quelle personne normalement constituée peut rester de marbre en découvrant l’immensité de Midgar et la première rencontre avec Aerith, jeune fille vendeuse de fleurs à la personnalité si pure et innocente? Et cette musique montant pour finir en apothéose sur le logo du jeu. Des frissons. Le plaisir est là. Pour un fan de Cyberpunk je suis conquis, pour quelqu’un de si sensible, empathique envers des personnages, je suis conquis, pour quelqu’un adorant les affrontements à l’épée et courses poursuites en moto (avec épées), alors là, c’est l’extase.  La mise en scène, la gestion de la caméra, les musiques suivant l’action (du génie), je joue dans un blockbuster hyper soigné et humaniste. Ce remake, tout en voulant gagner de nouveaux gamers, veut faire plaisir aux fans de l’original en semant dans son histoire plein de clin d’œil visuels, vocaux ou musicaux. Sans être un fan hardcore du FFVII original, j’ai reconnu quelques références à ce dernier.

M’impliquer, m’amuser, prendre plaisir à suivre des personnages que j’apprécie énormément, la dernière fois que j’ai ressenti tout ça dans un rpg, si mes souvenirs sont exacts, ils datent de Kingdom Hearts 2 soit il y a plus de quinze années. Le gameplay est génial, la gestion des magies/matérias/armes/personnages ne demande pas de gros efforts pour la comprendre, alors qu’en général elle est plus complexe. Le gameplay propose un mariage entre action pure et stratégie, forçant à étudier l’ennemi. Oui, il reste des résidus du tour par tour, sauf que là, l’angoisse de ne pas trouver l’attaque adéquate pour mettre à terre un ennemi n’est plus.

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Le pied total en prenant en main Tifa Lockheart lors des combats. L’art martial qu’elle pratique est puissant et rapide. Tout se dont nous avons besoin pour nous défouler. Elle a une endurance de dingue, un uppercut qui fait bobo, et en plus elle est sexy!

C’est tellement beau, tellement fluide et intense, qu’on prend son temps à apprendre à bien gérer sorts et compétences. Ajoutez à cela les switch entre personnages et la diversité des attaques, et vous pouvez retirer le mot « redondant » de votre vocabulaire. Chaque personnage a sa différence de gameplay. Suivant l’ennemi affronté, il faudra choisir le bon héros. Les combats sont excitants, diversifiés et hyper stylisés au point d’y voir logiquement un air de manga déjà visible par le biais du look de ses personnages.

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Et le scénario? Digne d’un film, une réussite totale là encore. Des bidonvilles où l’on erre en pleine misère humaine, des quartiers bourgeois et propres de Midgar jusqu’aux usines de la Shinra, je découvre des lieux vivants et peuplés réussissant à m’émerveiller de la même façon qu’Uncharted 4 l’avait fait. C’est simple. FFVIII Remake éblouit à chaque instant et même quand on se dit qu’on a fait le tour et qu’on n’aura plus ce sentiment, il nous prouve le contraire.

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Mais surtout, là où ce jeu a gagné mon cœur, c’est bien sur le plan de l’émotion. FFVII est touchant. Que vous n’ayez pas joué au jeu original ou inversement, ça ne change rien au fait que nos protagonistes sont criant de réalisme, qu’on s’éprend de chacun, qu’on a peur pour leur destin. Le scénario de FFVII est héroïque autant qu’il est triste. Il y a de l’injustice dans ce jeu, il y a des personnages torturés psychologiquement et un message intelligent sur la cupidité humaine et son non respect de la planète.

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Le doublage français est de qualité, les fans du film Jack et la mécanique du cœur/la série Chuck retrouveront Tanguy Goasdoué qui déjà à l’époque de FFVII Advent Children et Kingdom Hearts 1et2 doublait Cloud. Cloud, ancien soldat, un personnage mystérieux, peu loquasse, asocial, hanté par des flashs étranges dont le seul intérêt au début du jeu est de gagner de l’argent. A mesure de l’histoire, votre amour pour lui décuplera. Il en sera de même pour tout le reste des personnages tournant autour de lui.

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Pipelette un peu trop collante, il n’empêche que Jessie, on l’adore et pas juste parce qu’elle nous refourgue plein de matérias.

Le duo Wedge et Biggs, Jessie la pipelette séduisante, la jolie Tifa et la tendre Aerith. Vous remarquerez qu’il y a dans ce jeu beaucoup de femmes fortes et c’est tant mieux quand elles sont bien écris. Quant à Barrett, personnage pas très aimé des joueurs du jeu original, surprise, il gagne en intérêt. Ce gros balèze black à la mitraillette greffée à l’avant-bras droit, ce type dur au grand cœur aux expressions Japonaise théâtrales, le genre grande gueule que t’entends de Marseille, s’apprête avec son groupe éco-terroriste à affronter la gigantesque Shinra, entreprise contrôlant Midgar et traitant ses habitants et la planète comme du poisson pourri, pompant sans relâche l’énergie de la planète.

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Armes, invocations de monstres à la force et au physique titanesque vous aidant au combat, matérias, Final Fantasy VIII remake vous amène à vous promener, scruter tous les endroits possibles pour débloquer plein de choses. De quoi vous occuper de nombreuses heures. Et si vous êtes du genre à foncer (Rusher si vous préférez) sans vous préoccuper de quoi que ce soit d’autre que finir l’histoire, d’après jeuxvideo.com, il vous en coutera une cinquantaine d’heures étalées sur 18 chapitres. Dans les Final Fantasy, question durée de vie, pas de plaisanterie.

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Seul petit défaut du jeu qui finalement, n’en ait pas un: la liberté. A l’origine, FFVII proposait un open world ne vous forçant pas à suivre l’histoire principale. Vous pouviez vous balader, combattre pour monter le niveau de vos personnages et ainsi devenir plus puissant ou profiter de la beauté des décors (vous pouviez même divertir vos héros en allant dans un parc d’attractions). Dans le remake, c’est plus linéaire, les lieux sont certes vastes, on se sent un peu enfermé, obligé d’avancer pour continuer l’histoire. Cependant, le plaisir de suivre l’histoire est tel que l’absence d’open world ne nous handicape pas. Elle frustre juste un peu.

 

Au final, fans de films de science fiction, d’Alita Battle Angel, Matrix, et autres Ghost in the shell , si action démesurées rime avec robots/motos/gros flingues et combats cool à l’épée, si vous avez besoin d’avoir votre dose d’émotion grâce à des personnages attachants, des répliques inspirantes et des musiques poignantes, alors ne cherchez pas, Final Fantasy VII Remake vous comblera de joie. Même vous les allergiques aux RPG et manga. Enjoy !

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