The Boy : la malédiction de Brahms

On dirait que certains enfants sont attirés par le danger, comme les papillons par les flammes. La poupée Brahms n’a pas finie de faire parler d’elle. Cette fois, elle menace directement un jeune garçon devenu muet et sa mère traumatisée par un accident domestique. William Brent Bell nous ramène au manoir des Heelshire pour The Boy : la malédiction de Brahms.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par William Brent Bell

Film Américain

Genre : Drame, Épouvante, Horreur

Durée : 1h26 environ

Interdit aux moins de 12 ans

 

Annabelle Bis repetita ?

 

  • Liza (interprétée par Katie Holmes), les traits fatigués, le talent intact, Katie joue le rôle d’une mère aimante qui en a sévèrement bavée,
  • Sean (Owain Yeoman, que j’ai beaucoup aimé dans Le Mentalist), un physique imposant, un air jovial, un mari positif et protecteur, un papa laissant les enfants rêveurs,
  • Jude (Christopher Convery, acteur pour une fois bien choisit), son visage si pur et innocent, lui, tu n’as pas envie de lui envoyer un revers de la main au visage, qu’importe si il vire du coté obscur, tu as enfin un gosse simple, respectueux de ses ainés et éloigné de l’ère du tout connecté.

 

Trois protagonistes au quotidien agréable à suivre, The boy : la malédiction de Brahms je l’aime déjà rien que pour cette raison. Si les personnages sont bien interprétés, qu’ils collent avec la réalité, la dramaturgie entourant leur destin n’en sera que plus poignante et agréable à suivre. C’est donc sur ce premier point que je ne peux pas dire que The Boy 2 est mauvais. Puis esthétiquement, cette suite sent le film d’horreur propre. Peut être trop propre ? Je peux comprendre à cet instant précis la salve de reproches. L’horreur, la poursuite de l’histoire entourant notre poupée, je me dois malheureusement de taper du poing sur la table. (Moins que pour Annabelle 1.)

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Elle est réussie cette intrigue de départ tournant autour d’un cambriolage « musclé » ayant eu des conséquences désastreuses sur le mental de notre pauvre Liza et de son fils devenu muet. Seulement, une chose cloche : le titre. Un bon petit hors sujet ? On a faillit nommer autrement ce film tant les premières minutes et ce qu’elles racontent s’éloignent du premier opus et de son concept.

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Aucun signe de la poupée, aucun signe du manoir, pas même une seule allusion sous forme d’introduction. Une envie de s’attarder plus longuement sur ses personnages, chose que peu de film du genre font ? Pourquoi pas. 10 petites minutes plus tard, nous y sommes. Pour aider sa femme et son fils à faire le vide en se ressourçant loin de chez eux, Sean, pensant bien faire, loue une maison de campagne. Le pauvre ne pouvait pas savoir, il a loué une maison située juste à coté du Manoir des Heelchire. Aucune mention d’une demeure où des faits macabres se sont produits ? Logique !

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La poupée de Brahms, objet de tous les malheurs, elle, a été enterrée non loin et sera déterrée plus tard, vous l’aurez deviné, par notre pauvre Jude déjà bien amoché psychologiquement. Profitant de sa fragilité, de son mutisme, « l’esprit de la poupée ? » commence lentement à gagner sa confiance. A partir de ce moment s’enchainent les petites scènes frissonnantes classiques du genre : la poupée bouge toute seule, rend parano la pauvre Liza, tournée en bourrique jusqu’à se persuader que Jude, petit farceur avant son accident, a tout orchestré. Jude, justement, lui, il nous inquiète de plus en plus. Difficile de rire jaune en voyant la destinée d’un si gentil garçon l’emmener vers une destination morbide. Son visage d’ange, son vécu faussent notre jugement. Une première dans l’histoire du cinéma d’horreur, d’un point de vue horrifique, sur ce point, William Brent Bell ne c’est pas raté.

 

On dirait que cette poupée a été cassée, et qu’on a recollé les morceaux.

 

Nouvelles règles, nouveau jeu

 

L’intrigue tournant autour de lui et Liza, elle est assez tristounette et par moments mignonne à croquer. Certains trouveront le temps long, moi, j’ai apprécié ces moments d’échanges mère/fils. Ces deux personnages n’avaient juste pas besoin qu’on leur colle l’histoire de la poupée de Brahms. En parlant de « colle », ça ne colle pas. D’où mon tacle sur le titre hors sujet. Je suis prêt à accepter la coïncidence et que l’on se serve d’une tragédie pour en enchainer une seconde plus noire digne d’Amityville.

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Dans le monde de l’horreur, c’est devenu une routine. Continuons la suite de ce qui vous attend. Toute la mythologie tournant autour de la poupée installée dans le premier opus est élargie. Elle est bien contée, j’ai eu mon petit frisson et ce malgré ce sentiment de déjà vu toujours présent pour me rappeler à l’ordre (après plus d’une dizaine de films toute époque confondue, j’ai compris le délire). Jude, la poupée et son passif, le mystérieux gardien de propriété rodant dans les bois près du manoir, en y réfléchissant bien, tout tombe sous le sens.

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Malheureusement pour le principal, à savoir, l’horreur, William Brent Bell ne devait pas croire en cette suite, il a perdu sa motivation, gros coup de fatigue. Déjà ?! Les plans, phases d’expositions de la poupée, les scènes choc (minimes, soft, comparé à d’autres œuvres plus percutantes), les jump scare et la caméra eux-mêmes semblent fatigués, sans impact amplifiant la volonté de donner plaisir au réalisateur et son équipe à voir sursauter le spectateur ou trembloter sur son fauteuil.

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Tout rappelle The Boy 1 en « version découragée ». Aucunes idées, d’envie de poursuivre le concept alléchant. Pourquoi ce gâchis quand le coté drama, les décors au style alliant modernisme et époque Victorienne, sont d’une grande qualité, que les acteurs/actrices donnent de leur personne pour apporter de la crédibilité à l’histoire touchant leurs personnages ?

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La frustration sera d’autant plus grande à l’arrivée de la dernière partie, dernier sursaut de courage de William Brent Bell remontant le niveau horrifique de son film. Séquence en revanche, vite expédiée. Le choc à l’égard de Jude sera donc plus psy que visuel. Cette suite ô combien dispensable et imparfaite, m’a tout de même fait passer un bon moment.  Un autre plaisir coupable dirons-nous.

 

Il savait que votre fils le trouverait.

 

Au final, si vous n’êtes pas pointilleux sur sa partie horreur, « The Boy : la malédiction de Brahms » fait le job, si votre sensibilité vous attire plus vers ses protagonistes, « The Boy : la malédiction de Brahms », dont la violence choquante se tend plus vers le psychologique que le visuel, peut vous plaire. Si par contre « Annabelle 1 » ne vous a toujours rien n’apprit, si vous persistez à attendre quelque chose qui n’arrivera pas : la poupée qui bouge et parle comme Chucky (sur ce point demeure une surprise sympathique qui pour moi, a fait son petit effet), gardez vos sous et votre temps, allez voir ailleurs.

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