The Last of Us Part 2 : Là où jamais un jeu vidéo ne nous avait emmené

L’histoire se répète. Il était le bouquet final de la Playstation 3, il est le dernier de la Playstation 4, The Last Of Us Part 2 s’apprête à faire la transition entre la Ps4 et la Ps5. 7 ans déjà qu’on avait laissé Ellie et Joel dans un avenir incertain. Le mensonge de Joel a-t-il eu de lourdes conséquences? Je faisais parti de ces personnes qui attendaient depuis longtemps cette suite, bien entendu, je ne suis pas déçu et je t’en parle tout de suite en toute franchise.

 

Interdit aux moins de 18 ans

 

Comment j’ai vécu la suite de ce nouveau monde d’après ?

 

Le monde n’est plus ce qu’il était suite à la propagation d’un virus. Non pas le Covid19, celui ci est bien pire! Tu évolues dans un monde dévasté, en ruines, envahit par la végétation et parfois englouti par l’eau, infesté par des cinglés et des infectés qu’on pourrait retrouver parmi l’équipage de Davy Jones. De multitudes de questions sans réponses après le premier opus, The Last Of Us Part 2, malgré toute son horreur est à placé sous les signes de l’humanisme, la tendresse, l’émerveillement, la violence, l’horreur, la compassion et la souffrance.

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Le degré de réalisme des expressions des personnages est juste dingue.

Tu n’es pas prêt. Tu n’es pas prêt à voir d’une autre façon un duo cher à ton cœur, tu n’es pas prêt à voir d’une autre façon l’ennemi. The Last Of Us Part 2 va t’emmener plus loin que tu ne le penses. En début de jeu tu te sentiras trahis par l’équipe artistique responsable du jeu et te l’ayant vendu d’une manière totalement différente du rendu final, mais à mesure où tu avanceras dans l’histoire, tu comprendras que c’était la meilleure chose à faire. Car qu’on se le dise, jamais un jeu, narrativement parlant, n’avait emmené un joueur à se questionner autant.

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Tu vas être pris aux tripes, tu vas te sentir dans les premières minutes comme les héros que tu manieras. Plus tu avanceras, plus les choses vont s’éclaircir au point où non seulement la culpabilité frappera de plein fouet ta poitrine, mais en plus les larmes commenceront à couler. The Last Of Us 1 faisait déjà fort questionnement émotion en particulier. Sa deuxième partie est pire. Tu enchaine entre dialogues poignants, moments contemplatifs, exploration, scènes dignes de grands films catastrophes stressant, horreur à coup de bestiaire tout droit sorti de tes pires cauchemars et sauvageries humaine. Tous ses éléments condensés dans plus de 30heures de jeu.

 

-T’as aucune idée de ce qui t’attends là bas. Tu sais pas combien y aura d’ennemis, si ils seront armés.

-Je m’en fou ok? Tu me feras pas changer d’avis.

 

On garde les meilleurs et on améliore le reste

 

Tu peux toujours améliorer tes flingues si tu trouves des établis et si tu as suffisamment de quincaillerie « oui va falloir fouiller les tiroirs des maisons/commerces mais c’est pour ton bien», améliorer l’endurance, l’aptitude au combat du personnage que tu incarnes. Le système de craft ne a un poil évolué, plus riche que son prédécesseur, et reste simple d’utilisation comme ce dernier, tant mieux.  Vous continuez d’être vulnérable en vous accroupissant au sol pour ouvrir votre sac à dos ou fabriquer des trousses de soin ou explosifs,  ce qui renforce bien entendu la pression.

Si tu es comme moi, du genre curieux, le jeu va te récompenser. Faut fouiller, ramasser tout ce que tu trouves même de vulgaires magazines qui peuvent t’apprendre à confectionner de nouveaux objets ou apprendre de nouvelles aptitudes. Et oui, il y a le retour des cartes à collectionner, celles qu’Ellie collectionne depuis ado. L’environnement, certains grands espaces donnent la sensation d’être calibré open world tant il y a de possibilités de chemin à prendre.

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Du bateau dans des décors engloutis et sous une pluie torrentielle, fan de films catastrophe à la Roland Emmerich, tu vas savourer.

L’exploration dans des lieux variés et familiers (Aquarium, école, hôpital, salle d’arcade, station de métro, ect…),  est un vrai plaisir, plus que Red Dead Redemption 2 expert en la matière. D’ailleurs en parlant brièvement de lui, sache qu’esthétiquement il présente beaucoup de similarités avec Last of us 2. Pareil pour le gameplay et le souci du détail sur les changements météorologiques, les effets de la pluie/de l’eau/boue/griffures/morsures/impact de balle sur vos vêtements, votre peau et les décors. Naviguer dans des endroits que l’on connait bien mais qui ici sont abandonnés augmentera le malaise. On ne sait pas ce qui peut arriver à chaque recoin de pièces et de couloirs.

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Stress, stress et encore stress.  L’action reparlons en une dernière fois, elle n’est pas caricaturale, pas de personnage jouable hurlant des « non non non non non ! » en plein éboulement, pas d’ennemis caricaturaux, tu cavale, t’essaye de survivre et même si tu retrouves les inévitables générateurs à recharger/caisse à pousser pour grimper des murs très hauts, il faut le dire, l’action de Last of us 2 est très très subtile grâce à des situations surprenantes et variées. Pour finir, n’oublies pas : Infiltration et discrétion.  Pas de bourrinage !

 

Il n’y a rien qui aurait pu sauver ses gens ni qui que ce soit d’autre.

 

Un jeu sensoriel

 

La mécanique du jeu ne change donc pas vraiment (comme les briques et bouteilles te permettant de diriger l’ennemi vers une autre direction que la tienne), certaines aptitudes ont été améliorées toujours dans le but de rendre le jeu plus réaliste. Et d’ailleurs en parlant de réalisme, la Playstation 4 tourne à plein régime. The Last Of Us Part 2 fait encore plus flipper/stresser parce que ces personnages sont criant de réalisme, très expressifs. Alors participer à ces confrontations, les voir se trucider les uns les autres, lire la peur, la joie, la peine, la souffrance sur leur visage te fera passer par diverses sentiments et sensations.

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Abby « à droite », un des nouveaux personnages au physique de Ronda Rousey dont l’histoire va te prendre au cœur. Tu vas la détester, puis l’aimer, puis ne JAMAIS avoir envie de la quitter. Le développement de ce personnage est aussi soigné que celui d’Ellie. Laquelle gagnera ton cœur? Laquelle soutiendras-tu la cause?

Un jeu donc sensoriel où les plus émotifs risquent d’être poussés dans leur retranchement. Bien que je me permette de confirmer que OUI, c’est un chef d’œuvre, il n’en demeure qu’il a des défauts. Le forcing pro LGBT en est la première cause. Aucun débat dessus, sur mes convictions ou quoi que ce soit, j’accepte la diversité, cependant, en toute objectivité, ça sent le truc forcé pour suivre la mode et qu’on impose de voir. Il y a des manières de raconter ce genre de choses, et pour cette première fois, The Last Of Us Part 2 a raté le coche. Bien dommage compte tenu de ses quelques scènes remplies de tendresses humaines.

 

-Pourquoi tu es revenue nous aider?

-La culpabilité?

-De quoi? Tu nous devais rien du tout.

-J’avais besoin…de faire quelque chose de bien.

 

Quand Naughty Dog se la jouait petit filou

 

Je confirme que certains changements sont une excellente idée. On n’allait pas garder la même chose et te la resservir, il fallait du renouvellement et en plein milieu de jeu, tu verras ce changement. Je n’en dis pas plus, juste que tu vas te retrouver à détester des persos que tu aimais et aimer des persos que tu détestais. Imagines un peu détester Mario et aimer Bowser ? Détester SanGoku et aimer Freezer ? Ou plus récemment Rick Grimes et Negan ? The Last Of Us Part 2 parle de l’utilisation de la violence quelque soit la cause.

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L’un des moments les plus touchant où le fan de Last Of us 1 que tu as été, se rappellera la raison pour laquelle Joel et Ellie c’est un amour éternel.

Naughty Dog va nous mener en bateau « et tu vas en en faire…du bateau », vous faisant adopter le point de vue de différents personnages « je ne vous dit pas comment ce serait trop facile ! », ce qui fait que tout comme la série Walking Dead, on se pose des questions sur l’utilisation de la violence. Est-ce que la cause de ce personnage est juste ? Est-ce que l’adversaire en face n’en a pas une aussi ? Lui qui a des amis, une famille, des amours, bref la même vie, les mêmes espoirs, les mêmes forces et faiblesses que l’autre camp.

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Autre point intéressant qui pour ma part, me fait chaud au cœur, c’est de mettre des personnages féminins loin des Lara Croft et compagnie. En sommes, des femmes à coller des complexes aux adolescentes mal dans leur peau. Oui, The Last Of Us Part 2 comporte un lot de femmes fortes plus proches du monde réel. Et de ce coté, bien qu’il y est un grand nombre de femmes alliées/ennemis, pas de forcing féministe maladroit et peu crédible à la Terminator : Dark Fate que je prends très souvent en exemple, du vrai féminisme montrant que chaque femme peuplant la Terre est égal à l’homme voir plus pour certaines. J’ai été inspiré par une en particulier. Je te laisse découvrir de qui je veux parler et ce n’est pas celle que tu imagines.

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La guitare joue un rôle important dans depuis le premier opus. Ici, elle est décuplée. Pas mieux qu’un Guitare Hero mais de bons moments à passer pour les amis créatifs ou sensibles à la musique.

Bon c’est pas tout toutes ses bonnes nouvelles, mais et Joel Miller dans toute cette histoire? On ne souillera pas ce personnage, il est beaucoup trop important à nos yeux et l’équipe en charge de ce second opus le sait. Disons que tu le verras autrement, que même si tu ne joueras pas avec lui pendant toute la durée de l’histoire, plein de flashbacks te replongeront au cœur du duo Joel/Ellie « dans le but de chialer encore plus ? ». Plein plein plein de flashbacks, de longs flashbacks voguant entre moments de contemplation « oui tu auras ta scène poétique et mignonne rappelant celle de la « girafe », des autres orientées exploration/discussions père/fille de substitution et d’autres plus action.

Et quand il est question d’action, tu sais que tu prendras ton pied, tu sais que tu vas pouvoir te défouler pour faire justice toi même, tu sais que tu ne peux pas foncer dans le tas malgré ton arsenal. Il faut la jouer fine, furtif, l’intelligence artificielle a été revue à la hausse, tout ennemi, que ce soit claqueur, coureur, faction adverse accompagnée parfois de chiens reniflant ta piste ou nouveaux venus, te fera passer un sale quart d’heure.

 

Avoir la foi ne rend pas immortel. La vie est une succession d’épreuves.

 

Immersion totale mais était-ce une surprise ?

 

Les décors sont somptueux, grandioses, si tu es du genre ami de la nature, tu passeras souvent ton temps à scruter tous ses petits détails et ce même si tout est dévasté et bouffé par la végétation. Des courses poursuites, des confrontations, le tout sous une mise en scène à la Naughty Dog toujours aussi fort. Tout ça fonctionne. C’est viscéral, presque éprouvant parce qu’on a l’impression d’y être.  Tu participes véritablement à l’action nerveuse et fluide, tu y prends part à coup de gun fight, combat au corps à corps, tu te sers des éléments du décor pour tenter de vaincre l’assaut de tes ennemis nombreux ou imposants, très vicieux, et tu essayes de ne pas trop laisser l’émotion te submerger auquel cas, c’est la maladresse et donc la mort ! Comme dans la vraie vie !

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De tous les infectés, ce nouveau colosse surpasse tout ce que tu as pu croiser. Gardes tes distances, utilises des explosifs et peut être que tu auras la chance de continuer à avancer dans l’histoire.

C’est donc très physique, très très violent avec des coups, des tirs dans les membres qui font très très mal, te font voir l’adversaire souffrir avant de trépasser, des explosions, des destructions d’éléments de décors (sans disparition de ses derniers), des blessures, bref, Naughty Dog pousse son jeu au réalisme. Un vrai film où tu es le héros, rencontrant au passage des personnages attachants en devenir.

 

-Qu’est ce qui nous est arrivé?

-On a peut être arrêté de chercher la lumière?

 

Au final, l’attente a été longue pour moi, grand fan du premier Last Of Us. Les premiers retours m’avaient refroidi, puis le jeu en main, à mesure où j’ai avancé, mes aprioris ont évolué, j’ai saisi la portée émotionnelle, j’ai saisi la leçon donnée par les scénaristes. Je ne regrette pas mon achat. Ses musiques, son gameplay, ses personnages, ses dialogues, ce jeu est monstrueux dans tous les sens du terme. Il te fait de ses retournements de situation à te faire toi même changer ta façon de voir le genre humain. Plus qu’un jeu, plus qu’une nouvelle expérience jeu vidéoludique qui a largement dépassée les portes du monde du cinéma.

 

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