American Psycho: Alors, on n’attend pas Patrick ?

Avant de se glisser dans son Bat costume sans Bat tétons, Christian Bale nous l’a jouait Golden Boy de Wall Street dont la vie parfaite cachait une nature peu reluisante. Un nouveau psychopathe déséquilibré assoiffé de sang va naitre et il a besoin de laisser aller ses pulsions meurtrières. Découvrez comment tout a commencé. Bienvenue à New York en pleines années Reagan pour une adaptation cinématographique d’un best-seller.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Mary Harron

Genre: Thriller, Drame, Épouvante, Horreur

Film Américain et Canadien

Durée : 1h42 environ

Interdit aux moins de 16 ans

 

Voyeurisme mortel

 

Si vous faites parti des illustres élus ayant survécu courageusement au visionnage complet de Maniac et son remake, suivre Patrick Bateman sera pour vous une partie de plaisir. La curiosité peut-être malsaine, j’en ai la certitude. American Psycho, adaptation cinématographique du best-seller de Bret Easton Ellis en est une nouvelle preuve. Une situation pas vraiment agréable à gérer après la conclusion de l’histoire si vous avez un minimum de bonté.

 

Nous ni sommes pour rien, le quotidien de notre anti héros fascine. Plongeant dans son univers presque trop parfait, nous prenons un malin plaisir à voir la routine de Patrick virer à la terreur, presque surexcités à l’idée de découvrir comment on est passé d’un jeune mégalo maniaque de la propreté et matérialiste à Dexter Morgan sans codes. Au passage, les connaisseurs de la série verront un clin d’œil inversé de la séquence du petit déj.

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Un psychopathe dormait au fond de cet homme plus seul qu’il n’y parait. On se questionne : les scènes choc et moments de pures folies auxquelles nous allons assister sont-elles des fantasmes ou la pure réalité ? Pour cela il faudra rester jusqu’au bout et ce ne sera pas une partie de plaisir.

 

Patrick fait parti de ses Golden Boy incapable de faire la distinction entre biens matériels et êtres humains. Aucune empathie, aucune culpabilité à l’égard des personnes qu’il rencontrera, l’argent achète tout, jusqu’à votre dignité si vous êtes dans une situation financière difficile.  Toutefois, Patrick amuse. Le genre homme cultivé « en tout cas musicalement », parfait, prenant soin de lui à l’excès tout simplement parce qu’il a une image soigner. Musculation, soins du visage, soins capillaire, ces petites manies hygiéniques sont à se tordre de rire tant elles sont excessives.

 

Il existe une image de Patrick Bateman. Une sorte d’abstraction. Mais je n’existe pas vraiment. Ce n’est qu’une entité, quelque chose d’illusoire. Et bien que je puisse cacher mon regard froid, que vous puissiez me serrer la main et sentir ma chaire s’agripper à la vôtre, vous pourriez vous dire que nos vies sont comparables. Mais je ne suis tout simplement pas là.

 

Egoïsme, individualisme et narcissisme : la société n’a pas tant changée

 

Ennemis de la superficie, de l’individualisme, du narcissisme et de l’égoïsme, de cette race de plus en plus répandue de personnages sans vraie personnalité, obligés de suivre l’effet de mode et le mouvement de foule afin de ne pas se sentir rejeté de la société, bienvenue et…bon courage. En sortant de l’appartement si luxueux de Patrick, en quittant ses murs blancs sans une trace de crasse (avant que le sang gicle un peu partout ?), nous nous baladons entre le bureau et les sorties entre collègues « superficiels » allant jusqu’à comparer leur nouvelle carte de visite.

 

Un vrai concours d’égo digne des primaires à la cour de récré. Je ne parle pas uniquement d’histoire de cartes. Il y a de la jalousie dans l’air, l’envie de surpasser, de posséder mieux que le collègue d’en face. En réalité, Patrick Bateman n’a pas d’amis, que des rivaux.

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En compétition permanente le héros est sans cesse dans l’obligation d’être irréprochable, faire mieux, ne plus avoir cette image de type au visage figé avec quelques km de retard par rapport aux autres. Patrick est définitivement soumis à la dictature du gagnant. Est-ce une de ses raisons le poussant à devenir un apprenti serial killer? Plus nous avançons dans l’histoire, plus nous nous rendons compte que ces lieux si propres et luxueux n’ont rien de chaleureux. Pire, ils semblent inhospitaliers, montrant que derrière ce cache quelque chose de très lugubre qu’il ne vaut mieux pas voir.

 

Puis tout autour de Patrick, nous voyons que tous les personnages masculins se ressemblent: mêmes coiffures, mêmes costumes, mêmes déco d’appartement, mêmes envies. De vrais clones à tel point que lors du premier face à face Christian Bale/ Jared Leto, en est déroutant. Un miroir de la société actuelle? En 40ans, rien ne semble avoir changé. Une époque où tout le monde veut se ressembler en tout point, avoir les mêmes gouts, les mêmes aspirations. Leur existence semble une illusion.

 

Ne prends pas cet air affligé, connasse !

 

Portrait complexe d’un psychopathe

 

American Psycho n’est pas ce que vous pensez. American Psycho ce ne pas l’histoire d’un seul homme devenu psychopathe mais bien l’histoire d’une Amérique toute entière psychopathe sauf qu’elle est dans le déni. Satire sociale sur l’économie, la folie collective de masse et la quête irréalisable de l’acceptation universelle. American Psycho a plusieurs forces: Christian Bale, vraie tête à gifles puissance 10 pour l’occasion, archétype du mec dont la petite amie préfère ne jamais présenter à ses parents. Bale et Bateman ne font qu’un, la prestation de Bale est indiscutable.

 

Mary Harron s’amuse à jouer sur les symboles, entre autre celui du masque puisque Patrick en porte de nombreux pendant le film, que ce soit son masque facial purifiant, son masque anticernes. Christian Bale doit mimer la folie, le non sens, pour cela, il n’hésite pas à jouer par moments le singe exagérant ses émotions. De quoi forcer la colère et la joie à virer à l’extrême et donc, faire rire. American Psycho est aussi truffé de punchlines hilarantes, de situations effrayantes mais misent en scène de sorte à nous faire rire jaune.

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D’ailleurs en parlant humour, un autre force: l’humour noir faisant mouche à chaque fois alors que nous sommes quand même face à une œuvre où les scènes psychologiques, parfois sexuelles « suggérées » font que l’on se sent très très mal pour les victimes innocentes. American Psycho déverse un peu trop de brutalités sur la femme.

 

Entre l’agression sur un pauvre sdf,  la célèbre scène de course poursuite où Patrick, tronçonneuse aux bras, nu comme un ver, chaussures et chaussettes aux petons, nous la joue Leatherface et le passage à tabac heureusement non dévoilé à l’écran d’une pauvre prostituée et d’une jeune femme tombée au mauvais endroit au mauvais moment, Patrick Bateman, c’est une certitude, il doit se faire coincer par le flic le soupçonnant de la disparition d’un de ses collègues. Vous savez le plus drôle ? Tout a été calculé de sorte à ce que même si  les trois quarts des scènes gore sont suggérées, elles choqueront. La photographie de génie met en évidence la psyché de Patrick, fait honneur au charisme du personnage, on en arrive à trouver certains passages beaux.

 

Mes nuits sanglantes ont envahi mes jours. Je me sens au bord de la frénésie meurtrière. J’ai l’impression que ma santé mentale est sur le point de basculer.

 

Au final, 10 ans après l’avoir vu, même si je l’ai moins aimé pour les raisons que vous savez, American Psycho ne vieillit pas. Un sujet toujours d’actualité, un personnage savoureux, des monologues savoureux, une mise en scène et une photographie brillantes, une musique entrainante et angoissante, de la scène choc, ce film a bien le droit de figurer parmi les classiques à découvrir une fois dans sa vie. Libre à vous de payer quelques séances chez le psy afin d’effacer toute trace du visionnage de cette œuvre ou vous rendre au commissariat le plus proche et vous livrer aux forces de l’ordre pour complicité de meurtres…

 

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