Ip man 4 : Le dernier combat

Le Cinéma d’action asiatique, ce genre de plus en plus rare dans nos salles vous manquait? Ip man 4: Le dernier combat sort au cinéma et oui, c’est une première, un épisode de la saga lancée seulement en 2010 chez nous sort enfin au cinéma après n’avoir eu droit qu’à des sorties DTV. L’histoire d’Yip Man va se conclure. Cette fois-ci, ce dernier va être confronté à de dures épreuves tout en faisant face aux préjugés Américains sur la culture Chinoise.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Wilson Yip

Film Hongkongais

Genre : Arts Martiaux, Drame, Historique, Biopic

Durée : 1h45 environ

 

Yip Man contre la xénophobie

 

Donnie Yen va quitter le costume d’un grand maitre. Je l’ai appréhendé cette conclusion. Elle devait bien arriver un jour. Autant Ip man 3 m’avait un peu déçu, autant Wilson Yip a apprit de ses erreurs, passant à un haut level pour ce quatrième opus. Est-il réussi? Oui, il l’ait rien que pour l’émotion qu’il dégage. Notre héros, mentor de Bruce Lee, désireux de voir son fils intégrer une école Américaine part pour San Francisco au cœur de Chinatown. La dernière bataille de notre Maitre sera rude.

 

Peut-on l’appeler dernière bataille? Je dirais que pour cet ultime opus, il n’y en a pas qu’une, il y en aura plusieurs. L’une d’elles, la plus importante, sera politique. N’oublions qu’à l’époque, les Chinois immigrants aux Etats Unis n’étaient pas bien vus par les Américains majoritairement arrogants, (ignorants qu’ils sont eux-mêmes immigrés), ne supportant pas que des étrangers viennent bousculer leur société.

ip-man-4-finale

Fans de la saga, vous savez que les Ip man, étalés sur plusieurs années, ne sont pas que bastons pures sans réelle histoire. Dans le premier se déroulant en début des années 30, notre héros luttait contre les forces Japonaises envahissant la ville de Foshan, le deuxième, fin des années 40, le voyait affronter l’empire Britannique corrompu et dans le troisième épisode, fin des années 50, le grand maitre se retrouve confronté à un promoteur immobilier américain portant les traits de Mike Tyson.

 

Ip man 3 était l’occasion pour les Kung Fu maniac de retrouver Bruce Lee, fameux élève d’Yip Man, qui, après une apparition furtive dans Ip Man 2, annonçait son arrivée imminente dans Ip man 3. Dès lors,  la petite scène le voyant couper proprement de la cigarette à coup de tatane surexcitait les fans de l’acteur dont le cœur battait à 100 à l’heure. Nous en voulions, plus, nous en aurons plus car ici son rôle sera plus important.

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Ce Ip man 4 donne l’occasion aux nostalgiques des années Bruce Lee de revoir l’acteur, sous les traits de Danny Chan Kwok-kwan. Déçus de la prestation de Mike Moh et de la manière dont a été exposé Bruce Lee dans Once upon a time in Hollywood ? Ip man 4 ne vous décevra pas. S’en est déstabilisant tant Danny Chan Kwok-kwan ressemble au regretté petit dragon.

 

Les mimiques, les mouvements, le look, les traits de visage, Danny est la réincarnation de Bruce Lee. Les petits hommages à l’acteur se succèdent subtilement, les conséquences de son arrivée sur le sol Américain ainsi que sa volonté de partager ce qu’il a apprit avec son pays d’accueil n’ont pas été oubliées.

 

La saga Ip man, c’est, je l’espère sur la durée, le retour du grand cinéma Kung Fu sentant bon les productions de la Golden Harvest. Imaginez le plaisir de revoir ce genre, ce style, qui plus est au cinéma ?

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Ip Man 4 soigne tout : sa mise en scène, ses moments intimistes, son contexte historique, ses moments de bravoures, ses musiques épiques, gracieuses à hauteur de la sagesse de ce véritable héros, jusqu’à son combat final où Scott Adkins, transformé en une sorte de fusion entre le Chuck Norris de la Fureur du dragon et le R. Lee Ermey de Full Metal Jacket, prenant un malin plaisir à jouer une brute épaisse militaire, bavarde et fasciste qu’on aime détester. Les Américains vont en prend plein la figure sur leur propre territoire, ce sont eux les grands méchants et par les temps qui courent, ça fait un bien fou.

 

Je pratique les arts martiaux tu le sais. Je ne peux pas ne rien faire, face à l’injustice. C’est à cela qu’ils doivent servir. C’est quelque chose, qui me tient à cœur.

 

Mais il faudra aussi continuer d’explorer la vie de famille d’Yip Man. Chaque film en parlait, celui là ne dérogera pas à la règle et nous rappellera sur quelques points, la vie intimiste d’un certain Rocky Balboa.

 

 

Pas seulement un film d’affrontements

 

Yip Man arrive donc aux Etats Unis, un peu perdu face à une communauté Chinoise écrasée, dominée par la culture Américaine. Impossible pour lui de rester les bras croisés quand les siens subissent tant de discrimination. Il va falloir montrer sa voix, prouvé que les immigrés Chinois ont droit à leur place. Combattre contre les injustices, c’est la spécialité d’Yip man. Il n’aime pas le racisme, il n’aime pas la méchanceté humaine et pour cela, il se sert, quand la pureté de ses valeurs ne parvient pas à percer le cœur de ses adversaires, de sa maitrise des arts martiaux.

 

Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde devant ce quatrième épisode qui proposera plusieurs sous intrigues toutes reliées à la principale, ce qui donnera l’occasion de ne pas suivre uniquement Yip Man mais d’autres personnages assez attachants dont Yonah, une jeune lycéenne Chinoise brutalisée par une Cheerleader « fifille à son papa ». Vous le voyez venir à des kilomètres, en vue de la relation tendue entre Yip man et son fils, les interactions avec Yonah donneront lieu à des scènes sentant bonnes la relation père/fille de substitution.

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Quelques soit ses quelques scènes sans sa présence, Yip man ne sera jamais bien loin, restant le pilier du film. Ce personnage arrivé par manque de chance en territoire hostile joue le rôle de la solution d’ultime recours lorsqu’aucune autre personne ne peut réparer un problème. Mais attention, le médiateur peut devenir un exécuteur !

 

Donnie Yen continue de surprendre. Pas seulement en tant que combattant, aussi en tant qu’acteur. Je reste subjugué par son sang froid presque inhumain et le contrôle de son souffle quand il affronte ses ennemis. De nouvelles tragédies vont s’abattre sur cet homme, ce Ip man 4 continuera de développer son personnage semblant imperméable à toute forme d’agression physique ou verbale, que ce soit de ses adversaires ou de la vie elle-même. Plus que jamais, il inspire, dégage encore plus de sagesse alors que la vie ne lui a pas fait de cadeaux. Bien entendu, on n’oublie pas les fans de bagarres sans câbles ni effets spéciaux.

 

Vous n’êtes pas venu pour rien. Bien sur, drame, et philosophie Chinoise seront sur notre chemin pendant que nous parcourront une reproduction somptueuse du San Francisco des années 60, suivant Yip Man dans sa découverte de la culture Américaine le mode de fonctionnement de la société tout en faisant diverses rencontres bonnes et mauvaises ; mais nous savons que les altercations avec de vilains pas beaux sans vergogne viendront perturber son voyage.

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Et là, les amateurs d’arts martiaux sous toutes leurs formes vont pouvoir se défouler. Pour ce quatrième épisode tous les arts se mélangent. Le Wing Chun combat le Taïchi, le Karaté, le Kickboxing. Comme pour ces prédécesseurs, quelque soit l’art pratiqué, chaque coup porté donne une impression de puissance, chaque mouvement se veut rechercher, chaque combat justifié, divertissant, défoulant, diversifié, réaliste.

 

Un combat à une seule main ? Tantôt face à une table en verre sur le point d’exploser, tantôt debout dans un dojo face à l’adversaire, c’est possible et vous allez en voir. Du jamais vu. Ip man 4 : le dernier combat continu sur sa lancée, nous montre que sa saga n’a aucune imperfection, ne quittant pas la sagesse qu’elle dégage sous ses décors colorés, élégants, donnant presque l’impression d’assister à une pièce de théâtre jouée sur plusieurs scènes.

 

La saga peut se vanter d’être de qualité, de ne jamais l’avoir perdue. Chaque prise, cadrage, atmosphère et décors, mise en valeur de son personnage bon ou mauvais réserve son lot de surprises tant et si bien que l’aspect redite n’a pas sa place. Il ne l’a jamais été et ne le sera jamais.

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Depuis le premier épisode de ses aventures, nous avons appris aux cotés d’Yip man que l’art martial qu’il pratique, le Wing Chun, en quelque sorte le « Kung-Fu simplifié », a un principe intelligent puisqu’il subtilise la force de son adversaire sans efforts musculaires. Tout en exécutant des mouvements gracieux, les combattants semblent économiser leur énergie tout le long de leur affrontement tout en frappant d’une puissance phénoménale les parties du corps. Je vous laisse imaginer voir le Wing Chun défier toute autre forme d’art martial.

 

Gagner ou perdre, est ce vraiment important? Nous devrions plutôt utilisé les arts martiaux pour changer les préjugés contre nous. Vous ne pensez pas?

 

Mais ce n’est pas que ces points qui me passionnent. Tout comme les autres arts, c’est une philosophie, une façon de vivre. Honnêteté, humilité, entraide, discipline, telles sont les valeurs profondes liées à cet art et il n’est pas le seul. Voila pourquoi les films d’arts martiaux me manquaient au cinéma. Certains ne sont pas parfaits, Ip man 4 si, bien meilleur que les blockbusters actuels. Le film de cet été 2020, et on en avait grand besoin.

 

Au final, Bruce Lee reprenant vie sous les traits de Danny Chan Kwok-kwan soit la réincarnation  du « petit dragon », Donnie Yen mettant une déculottée à des américains à l’égo surdimensionné, Scott Adkins à l’œuvre enfin sur grand écran après un passage éclair dans Expendables 2, des affrontements défoulant, une atmosphère, des moments symboliques, des musiques et une mise en scène travaillés pour un épisode d’une saga sortant pour la première fois en salles en France après un passage frustrant en DTV. Pas d’arguments supplémentaires, si les vrais films d’action asiatiques vous manquaient, courez au cinéma !

 

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